Publié le 02/03/2012 à 16h00 /

Lur Berri a l'oeil rivé sur le consommateur

// Devant l'assemblée générale de la coopérative Lur Berri qui s'est tenue le vendredi 17 février 2012, Frank Lehuédé, du Credoc, a brossé un tableau complet des tendances alimentaires actuelles. Intéressant, voire capital pour les coopérateurs.

Frank Lehuédé (au centre) ingénieur au Credoc (Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie), était l'invité d'Olivier Gémin et de Sauveur Urrutiaguer au cours de l'assemblée générale de Lur Berri. © Le
À Lur Berri, on est particulièrement attentif aux tendances du marché. «À quoi servirait, a dit en préambule, le président Urrutiaguer, de produire des aliments que personne ne mangerait?» C'est l'évidence même, les bons résultats du groupe attestent des choix stratégiques de la maison. Ses récentes et successives extensions, Alfesca-Labeyrie pour leur notoriété européenne, Spanghero et ses plats préparés, Poujol et son steak haché surgelé, sont autant d'étapes dans la maîtrise de l'aval pour mieux ajuster la production d'amont. L'essentiel est de répondre aux nouvelles attentes et habitudes alimentaires. Ainsi, la consommation de viande bovine est en baisse et celle des plats préparés augmente, parfait, adoptons notre production à  ce nouvel équilibre. Voilà  pourquoi, le directeur général, Olivier Gémin, insistait sur ces axes directeurs au cours de la présentation du bilan: «Il faut viser à  la dimension européenne et à  l'adaptation au marché mais sans jamais oublier la marge du producteur au centre de nos préoccupations. Comment? En optimisant son travail, en améliorant sans cesse les conditions de travail et de sécurité». A contre-courant Que constate-t-on au final? Que tous les métiers de Lur Berri sont en phase ascendante, même en ces temps de croissance molle, voire de marasme. Le management est évidemment capital pour la bonne santé économique de l'entreprise. Et Olivier Gémin de conclure: «La prise en compte des attentes des consommateurs européens est une priorité. Elle suppose de passer de l'agriculture sectorielle à  une agriculture qui intègre les défis de la société moderne tout en veillant à  la performance indispensable de nos adhérents». Dont acte. Au terme d'une étude exhaustive auprès d'un corpus de quelque 10.000 ménages interrogés, Frank Lehuédé, chef de projet au Credoc, est à  même de dégager un tableau précis de la situation. «Sous l'effet de l'évolution à  la baisse du pouvoir d'achat, du vieillissement de la population et à  l'heure de la consommation durable, le consommateur revoit ses fondamentaux et ses priorités», reconnaît-il. Le budget des ménages est contraint par des dépenses pré-engagées (logement, énergie, assurances, télécommunications). Les consommateurs privilégient les loisirs au détriment des dépenses arbitrales (alimentation, ameublement, vêtements, équipement) et présentent une forte sensibilité au prix. Sans compter l'effet générationnel. L'alimentation est devenue une dépense arbitrale, surtout chez les jeunes. D'où, quelles conclusions tirer de la situation? Durabilité et proximité En résumant, compte tenu des tendances actuelles, il faut mettre en avant des produits qui ont du goût, évoquant la convivialité, le partage, et les plats préparés, tout en restant compétitifs en termes de prix. À moyen terme, il faudra privilégier l'alimentation durable, issue de la proximité géographique, et améliorer la qualité nutritionnelle. Il faudra aussi développer des produits pour accompagner l'envie de cuisine, adaptés au nouveau mode de vie: des plateaux-repas devant la télé ou des entrées apéritives. Reste l'obsession de «faire du bon produit». L'écoute directe du consommateur constitue le marchepied incontournable de la réussite, à  l'heure d'une consommation de plus en plus rognée dans les foyers. Sans oublier l'influence grandissante d'internet. Michel Bengoechea

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