Publié le 09/03/2012 à 12h00 /

Les producteurs de lait à  la recherche de rentabilité

// La journée laitière, organisée à  Saint-Boès (Pyénées-Atlantiques) le 22 février, avait pour vocation de se pencher sur les problématiques techniques qui affectent la filière, dans un contexte d'accroissement de la taille des ateliers.

Pour la campagne 2011, plus de 100 millions de litres de quotas laitiers ont été redistribués au sein du bassin du Sud-Ouest. Localement, cela représente une croissance moyenne de 50.000 litres pour chaque demandeur, soit près d'un producteur sur deux dans les Landes et près d'un sur trois dans les Pyrénées-Atlantiques. Avec la nécessité de produire plus, cette frange d'éleveurs se trouve confrontée à  de nouveaux défis techniques. «Or, on doit avant tout faire du lait rentable», martèle Jean-Louis Lafitau, président de la commission lait à  la chambre d'agriculture des Pyrénées-Atlantiques. Mercredi 22 février dernier, à  Saint-Boès, les chambres d'agriculture des Landes et des Pyrénées-Atlantiques proposaient une journée autour de cette problématique. Même si elles ont fait l'objet de quelques discussions, les questions liées à  l'organisation de la filière et au prix du lait n'étaient pas à  l'ordre du jour. Cette rencontre se voulait avant tout technique. Rechercher l'efficacité économique Il faut dire que les besoins sont importants. Chez de nombreux éleveurs, l'augmentation du quota laitier oblige de repenser en profondeur le système de production. Dans la plupart des cas, l'accroissement du nombre de vaches est inéluctable, avec les contraintes que cela implique. Parfois, il est nécessaire de réaménager les bàtiments, les installations de traite ou encore le système fourrager. A fortiori, beaucoup de producteurs ont besoin d'améliorer l'efficacité économique de leurs ateliers, face à  une augmentation globale des charges. Les résultats économiques actuels le démontrent. L'analyse des références du réseau «Geslait 2010-2011» met à  jour des écarts de performances considérables entre les 116 élevages suivis sur les deux départements. Chez la plupart, des marges de progrès existent sur de nombreux postes de conduite du troupeau: qualité du lait, charges alimentaires, frais de santé Dégradation des performances Un autre constat s'impose: les performances des exploitations ont tendance à  se détériorer avec l'augmentation de la taille des troupeaux. Dans le contexte actuel, cette situation interpelle. Pour Jean-Yves Haurat, président de la commission lait à  la chambre d'agriculture des Landes, «la croissance du litrage est désormais un fait incontestable, en raison des nombreuses demandes des producteurs. La question est maintenant de savoir comment faire du revenu avec ces volumes supplémentaires». Tout au long de la journée, les ingénieurs des chambres d'agriculture et des organismes de contrôle laitier se sont attachés à  dévoiler des pistes de réflexion. Il en ressort quelques messages essentiels. Ainsi, la gestion d'un troupeau laitier doit s'accompagner du suivi de quelques indicateurs qui traduisent les performances techniques de l'atelier. «Il s'agit avant tout de rechercher de l'efficacité économique», ressasse Hélian Valdéavéro, de la chambre d'agriculture des Landes. Un rapport entre la marge brute et le produit brut supérieur à  50% doit être l'objectif de tous les éleveurs. Rigueur et spécialisation «Seule une bonne marge brute permet de dégager du résultat», confirme son homologue, Laure-Gaëtane Faure. Pour atteindre de tels résultats, rigueur et spécialisation sont deux mots d'ordre récurrents. Ceci est d'autant plus vrai avec l'augmentation du nombre de vaches. Afin d'assurer un bon suivi du cheptel, la présence d'une personne spécialisée s'avère nécessaire. «Pour maîtriser les performances, le troupeau doit passer avant tout», affirment les ingénieurs. La mise en place d'un système de production adapté au contexte de l'exploitation est également nécessaire. Malheureusement, il n'existe pas de recette transposable partout. Les références économiques montrent que le système «tout mais» ou l'intensification de la conduite ne sont pas toujours des gages de réussite. «L'éleveur doit être au centre de son projet, conclut Jean-Louis Lafitau. Chacun doit faire ses propres choix, en cohérence avec ses contraintes et ses attentes». Fabien Brèthes

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