Publié le 09/03/2012 à 12h00 /

Vespa velutina : le kamikaze des ruchers du Sud-Ouest

// Denis Thiery, chercheur à  l'INRA, a présenté la méthode de l'institut pour tenter d'enrayer la progression du frelon asiatique, devenu le bourreau des abeilles du Sud-Ouest.

Selon Denis Thiery, «tout le Grand Ouest est touché par l'expansion du frelon asiatique, et même jusqu'à  la région de Dijon. Hors de nos frontières, on décompte une cinquantaine de nids en Pays basque espagnol et même au Portugal» © DR
Le Vespa Velutina, plus communément appelé frelon asiatique ou frelon à  pattes jaunes, est arrivé en France en 2004 en provenance du Sud de la Chine. Arrivé par transport de containers via le port de Bordeaux, il a connu «l'air libre» à  quelques kilomètres de là . En fait, il semblerait que l'un des containers contenait des poteries chinoises. À l'intérieur, était caché ce prédateur. C'est à  Tonneins, dans le Lot-et-Garonne, qu'une poterie fût déballée, laissant échapper une reine frelon qui s'en est allée féconder. «Une seule colonie donc et une ou deux génitrices tout au plus», a noté Denis Thiery, chercheur à  l'INRA, venu faire une conférence sur le sujet lors de la récente assemblée générale du syndicat apicole l'Abeille des Gaves et de la Nive qui s'est tenue à  Tardets. Depuis, l'expansion est énorme: «Tout le Grand Ouest est touché et même jusqu'à  la région de Dijon. Hors de nos frontières, on décompte une cinquantaine de nids en Pays basque espagnol et des nids ont été observés au Portugal cet été». Un cheval de Troies La méthode de l'INRA est de procéder par étape: maintenir des nids en captivité et observer de façon directe les comportements, afin de trouver la bonne parade qui éliminera ce prédateur, sans pour autant nuire au reste de la faune. L'organisme aquitain se concentre donc sur le piégeage en amont au niveau des ruchers. Les appàts varient en fonction des besoins au cours de l'année du Vespa Velutina: «Tantôt du sucré avec du sirop ou du jus de pomme, tantôt du protéique avec de la purée de poisson frais», précise le spécialiste de l'INRA. L'étude génétique de la population a permis de relever une note importante: le frelon asiatique a besoin de beaucoup d'eau: «On trouve beaucoup de nids auprès des lacs dans les Landes ou vers le Bassin d'Arcachon. Des fondatrices sont présentes dès qu'il y a une température de 12 à  13°C. Le froid ne les effraie pas, cachées dans des trous, elles peuvent résister jusqu'à  - 20°C». La défense s'organise Du côté des abeilles, la résistance s'est également mise en marche. En Asie, elles ont trouvé une stratégie de défense. Une masse compacte d'ouvrières entoure l'agresseur en vibrant des ailes. Elles augmentent la température au sein de la boule jusqu'à  ce que leur adversaire meure d'hyperthermie! Au bout de 5 minutes, la température ayant atteint 45°C, le frelon succombe mais pas les abeilles qui sont capables de supporter plus de 50°C. Cette méthode est très efficace mais, lorsqu'elle est trop souvent répétée, elle entraîne un affaiblissement de la ruche car les ouvrières consacrent alors moins de temps à  l'approvisionnement. L'homme doit donc venir au secours des abeilles. Pour cela, des organismes comme l'INRA poursuivent leurs piégeages mais, attention, pas à  n'importe quelle date: «Il doit être fait en février-mars, car c'est la période d'émergence des fondatrices», explique Denis Thiery. Reste maintenant à  savoir où? Tout semble indiquer que la réponse soit près des cours d'eau. Fabrice Borowczyk

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