Publié le 30/03/2012 à 00h00 /

Un nouveau projet de méthanisation à  Montaner

// La société Eneria a présenté à  la population son projet de méthanisation sur la commune de Montaner (Pyrénées-Atlantiques). Un traitement des effluents qui permettra de fabriquer de l'électricité et des engrais.

Jean-Louis Curret, président de la communauté des communes de Montaner, présente le projet Bio'Ener du Val d'Adour comme une véritable chance pour l'économie locale. Pour l'élu, il ne s'agit nullement d'une décision prise à  la hàte. «J'ai rencontré les responsables d'Eneria il y a 9 mois avant de me rendre compte, sur place, de l'intérêt de la méthanisation, à  Saint-Gilles-sur-Meuné». Le premier site de méthanisation de France, porté par les agriculteurs bretons et l'Agence de l'environnement et de la maîtrise des énergies (Ademe), soutenu par les politiques de tous bords a fini de le convaincre. «Eneria est un groupe portant un projet industriel et territorial. Nous sommes dans du gagnant/gagnant». Une société, Beva, a été créée à  cet effet et Bio'Ener a été déposé en permis de construire. Il faut donc attendre un an pour connaître la décision de l'administration. Le premier coup de pioche devrait être donné dans le courant du deuxième trimestre 2013 et la durée des travaux est estimée à  9 mois. Le financement (24millions d'euros) est assuré par Eneria, ses partenaires, l'Ademe et la Caisse des dépôts et de consignation. Un procédé bien maîtrisé Eneria est le département énergie du groupe Bergerat Monnoyeur/Caterpillar, spécialisé dans la construction de centrales d'énergie et de cogénération en gaz naturel. Elle a aussi fait ses preuves dans l'éolien (plus grand parc européen en Roumanie) et dans la fabrication de moteurs industriels. Pour mener à  bien ses objectifs, Eneria est associée à  Covabio laquelle se consacre à  la recherche de gisements de matières entrantes (effluents d'élevage, abattoirs), Amenlis étant la société gérant le transport. La méthanisation n'est pas un procédé nouveau. «Il est bien établi, maîtrisé, naturel et fait appel, comme pour une panse de vache, aux bactéries pour digérer les matières organiques en l'absence d'oxygène». Techniquement, effluents d'élevage et déchets d'abattoirs alimentent un réacteur fermé baptisé digesteur, une cuve étanche aux parois isolées dans laquelle on fait entrer la biomasse par un système de pompe et de canalisations. Le tout est brassé par un agitateur à  pàles pour homogénéiser et faciliter la montée du gaz. On obtient ainsi du biogaz constitué de 60% de méthane. «Ce dernier, précise Pierre Dispan de Floran, ingénieur développement chez Eneria, est brûlé pour produire de l'électricité, destinée au réseau EDF, et la chaleur générée par le moteur est récupérée pour un process de fabrication d'engrais sur la base du digestat (résidus de la méthanisation). C'est ce que l'on appelle la cogénération». 13 emplois à  la clé Les effluents restent dans le digesteur 26 jours avant d'être transférés dans un post-digesteur pour une vingtaine de jours à  une température constante de 48 à  52°C. Le digestat est pressé. Il en résulte une partie solide, laquelle servira à  la fabrication d'engrais de type organo-minéral, désodorisés et sans germes pathogènes. «La fraction liquide sera traitée et restituée dans le milieu naturel sans charge polluante», complète Roland Kirch, responsable de Covabio. À Montaner, Bio'Ener a prévu la création de treize emplois pour une unité de production bàtie sur un terrain (3,6 ha) de la zone d'activité du Louët. Cette unité de 5.770 m2 sera divisée en trois cellules: le bàtiment principal consacré à  la réception des matières entrantes, à  leur traitement en vue de la méthanisation et à  la cogénération, le bàtiment dédié au séchage et à  la transformation du digestat et le silo couloir de stockage des engrais biologiques. Un projet qui a suscité de vives critiques de la part de certains habitants du canton. Philippe Delvallée Le projet de Montaner en chiffresL'installation prévue traitera annuellement un maximum de 206000 tonnes de matières organiques dont 170000 tonnes d'effluents d'élevages (95% des gisements se situant dans un rayon de 20km). Ces derniers représentent plus de 80% des intrants dans l'unité de méthanisation. La digestion biologique de ces matières permettra la production de 1650m3 de biogaz par heure soit une production électrique annuelle, sur 8400heures de fonctionnement, vendue sur le réseau public, d'environ 33000 MWh, soit la consommation électrique de plus de 13000 foyers (on compte en moyenne 2,3 personnes par foyer). Quant à  la puissance thermique disponible de 4 MWhth, sa valorisation annuelle est de 27000 MWhth fournie à  la société Covabio, pour son process de séchage du digestat solide. L'énergie thermique restante est utilisée pour la méthanisation. Le chiffre qui fàche relève du transport. Pour alimenter l'unité, 30 camions par jour seront nécessaires, soit 60 passages.

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