Publié le 30/03/2012 à 00h00 /

Engraisser les broutards pour gagner plus

// Traditionnellement dans le sud de l'Aquitaine, les veaux Blonds sont principalement commercialisés sous forme de broutards, à  destination de l'export, l'Italie notamment. Or, le marché a évolué et l'engraissement est devenu plus rentable. Afin d'informer les producteurs sur ces opportunités et sur la conduite technique d'un tel élevage, la chambre d'agriculture des Landes organisait des portes ouvertes chez Laurent Duffourcq à  Biarotte, dans le cadre du rallye régional bovin viande.

Les choses bougent. Les producteurs de Blonds doivent prendre en compte de nouvelles données» indique Éric Heurtaux, directeur de Bovin croissance Landes. «Le marché italien du broutard se durcit, avec des acheteurs qui veulent des veaux toujours plus lourds. Et cela sans hausse du prix d'achat, voire une baisse». Par ailleurs, une pénurie en viande de jeune bovin se fait jour en Europe et sur le pourtour méditerranéen. La consommation y progresse régulièrement gràce à  une population plus nombreuse et plus aisée. En même temps, ces pays s'approvisionnent moins en Amérique du Sud qui réduit sa production de viande bovine. Les prix du jeune bovin progressent donc régulièrement depuis un an. «On a gagné au moins 0,50€, signale Didier Lahitte, ingénieur bovin viande à  la chambre d'agriculture des Landes. On atteignait 4,30€ prix net éleveur, en moyenne en 2011 et même à  4,40€ en ce début d'année. Des prix jamais atteints. La tendance devrait se poursuivre». Aller au bout Plus que jamais, la finition du produit se pose. «C'est l'occasion d'aller au bout de la production sans dépendre de ce qui se passe en Italie. Il y a de la valeur ajoutée à  gagner». Côté production, «engraisser un broutard sur 8 mois, c'est facile, affirme Laurent Duffourcq, l'un des rares naisseurs engraisseurs landais. L'activité naisseur est bien plus compliquée et risquée. Quand on a le broutard, le plus dur est fait. L'engraissement, c'est de la plus value». Mise en lot et suivi sanitaire constituent les clés de la réussite de l'élevage de jeunes bovins. Ils doivent être séparés des femelles reproductrices pour rester au calme. Le logement peut être basique, de 5m2 par veau environ, hangar monopente exposé vers l'Est. Dans le cadre du programme AREA PMBE, des aides de 35 à  50% du montant de l'investissement sont possibles. Limiter le stress L'alimentation fournie à  volonté est à  base de mais grain (1,6 tonne pour 8,5 mois d'engraissement), de paille (400kg), de tourteau de soja (400kg) et d'un complément alimentaire azoté (30kg). «Pour réduire le coût de l'alimentation, il peut être intéressant d'utiliser le mais sous forme humide (pas de frais de séchage)» signale Didier Lahitte. Son stockage peut être financé à  hauteur de 40% avec l'AREA-PMBE. Il est à  noter que le stress des veaux est limité quand l'engraissement est effectué dans le cadre d'un atelier naisseur-engraisseur. «C'est un atout important qui permet, pour des raisons sanitaires, de gagner quasiment un mois sur la période d'engraissement». Manque de producteurs Au final, une marge brute de 226€ par jeune bovin peut être dégagée, pour une vente de 1.806€ (420kg de carcasse à  4,30€), 490€ d'alimentation, 140€ de frais généraux et un prix du broutard évalué à  950€. «Au vu du niveau de génétique atteint en Blond, on peut même atteindre les 450kg de carcasse! Le jeune bovin assure une bonne transformation du mais» Les débouchés sont quant à  eux assurés avec les contrats de production proposés par la coopérative Celpa. Le prix est indexé sur les cotations françaises du jeune bovin. En manque de produit, l'entreprise recherche des producteurs. Dominique MaurelPour plus de renseignements, Didier Lahitte au 05.58.85.45.25, ou la Celpa au 05.59.67.73.22

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