Publié le 03/04/2012 à 00h00 /

Insémination artificielle : la coopérative Sorélis est née

// La coopérative Béarn insémination génétique (BIG) n'est plus. Vive la coopérative Sorélis! Sur fonds de crise des activités d'insémination animale, la coopérative béarnaise vient de fusionner avec ses homologues Genetic'A (implantée dans les départements de Dordogne, Lot-et-Garonne et Gironde) et Genepy (Hautes-Pyrénées). La décision a été actée lors de la dernière assemblée générale, qui s'est déroulée à  Denguin, ce mardi 27 mars. Elle est le fruit d'une évolution légitime, amorcée depuis près de dix ans.

Dans le domaine de la génétique bovine, les rapprochements de structures se multiplient, avec en toile de fond les mutations technologiques et la restructuration des cheptels. « Cette stratégie est devenue inéluctable », commente J.-L. Bazaillacq.
En 2004, BIG et Genetic'A avaient scellé une première association, dans le cadre d'une union de coopératives, déjà  baptisée Sorélis. Genepy les a rejoints, il y a deux ans. En fusionnant les différentes structures, les conseils d'administration ont décidé d'aller vers une organisation plus efficiente et plus rationnelle. Avec près de sept mille adhérents, la nouvelle coopérative devient un leader sur le plan régional. Elle présente une dimension suffisante pour contrecarrer les difficultés actuelles et relever les défis à  venir. Selon Jean-Luc Bazaillacq, président de BIG et désormais administrateur de Sorélis, ce choix était devenu inéluctable. «C'est une page qui se tourne», avoue-t-il, un brin nostalgique, avant de regarder aussitôt vers l'avenir. Il voit dans cette démarche une solution porteuse d'avenir, «une nouvelle histoire va devoir s'écrire Sorélis sera plus forte de par son envergure, ses compétences et ses ambitions». Profondes évolutions Il faut dire que les enjeux sont de taille. Les structures qui accompagnent l'élevage bovin évoluent dans un contexte totalement modifié. La réduction du nombre de producteurs et de leur densité, l'agrandissement des troupeaux, ou encore la baisse de la main-d'oeuvre au sein des exploitations sont des réalités évidentes. Les profondes évolutions technologiques dans le domaine de la génétique bovine justifient également cette fusion. En unissant leurs forces, les coopératives doivent être en mesure de répondre à  l'avènement des nouveaux outils de sélection et de diffusion de la génétique, comme la génomique ou le sexage de la semence Ces instruments font éclore de nouveaux besoins, qui, pour les coopératives, peuvent être synonymes d'investissements conséquents. Baisse d'activité structurelle À plus court terme, la fusion doit surtout répondre à  un manque de compétitivité. Depuis de nombreuses campagnes, l'ensemble des coopératives d'insémination animales du Sud-Ouest enregistre des baisses d'activités plus ou moins sévères. De son côté, BIG a vu son nombre d'adhérents chuter de 13%, au cours des trois dernières années, même si le recul du nombre d'inséminations a été contenu. Le cas du nord-Aquitaine est également symptomatique. En 1970, plus de cent milles inséminations artificielles étaient réalisées en Gironde et dans la zone limitrophe du Lot-et-Garonne. Au fil des ans, ce nombre s'est réduit comme peau de chagrin. En Gironde, la coopérative d'insémination compte désormais moins de cent cinquante adhérents, tandis qu'en Lot-et-Garonne, les troupeaux connaissent une érosion galopante. Dans le même temps, les charges des coopératives ont évolué en sens contraire. Ainsi, elles se trouvent prises dans un étau, extrêmement difficile à  desserrer. «Les derniers exercices comptables montrent quelques lacunes», confirme Jean-Luc Bazaillacq. La recherche d'une meilleure compétitivité devenait donc nécessaire, pour continuer à  garantir aux adhérents un service de qualité, une proximité d'action et une génétique au meilleur coût. Une belle dot Au travers de cette fusion, la coopérative BIG apporte un héritage particulièrement choyé. Durant les dernières décennies, la structure a oeuvré pour la diffusion de la génétique dans une majorité d'exploitations. Cela se traduit par des pourcentages de pénétration en troupeaux allaitants et laitiers parmi les plus élevés de France, et par un total de plus de deux mille adhérents sur sa zone d'action (Béarn principalement). En outre, les éleveurs de ce territoire se démarquent par leur intérêt pour la sélection. Forte d'un potentiel de 115.000 IAP (inséminations artificielles premières), Sorélis va permettre d'atteindre la taille suffisante pour peser à  l'échelon national. Dans sa nouvelle configuration, la coopérative devient aussi un maillon essentiel dans l'entreprise de sélection Midatest, qui conduit actuellement une douzaine de programmes d'amélioration génétique en races bovines. Une efficacité à  trouver Néanmoins, les responsables de la structure veulent conserver une prise étroite avec l'ensemble du territoire. Pour réussir ce défi de la proximité, des comités territoriaux vont être chargés d'animer l'échelon local. Pour l'heure, le conseil d'administration de la nouvelle structure est composé de vingt-trois membres, issus des trois coopératives historiques. La première assemblée générale s'est réunie le jeudi 29 mars pour élire un nouveau président. Reste désormais à  entrer dans la phase de l'organisation opérationnelle. L'objectif est d'améliorer rapidement le fonctionnement des différentes activités pour accroître leur efficience. Fabien Brèthes

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