Publié le 05/04/2012 à 00h00 /

La FDSEA des Pyrénées-Atlantiques regarde par-delà  2014

// Henri Bies-Péré avait annoncé son souhait de passer la main à  la présidence de la FDSEA. L'assemblée générale, le vendredi 23 mars à  Aicirits, lui a donné l'occasion d'expliquer ce choix aux 250 représentants des syndicats locaux du Béarn et du Pays basque et représentants des organisations professionnelles venus participer à  cette rencontre, marquée par la présence du président national Xavier Beulin.

Henri Biès-Péré ne briguera pas un nouveau mandat à  la tête de la FDSEA en raison des nouvelles responsabilités qui lui ont été confiées aux échelons régional (FRSEA Sud-Ouest) et national : Xavier Beulin lui a notamment demandé d'animer la commissi
Conséquence de la RGPP (révision générale des politiques publiques) et du renforcement du poids des régions, «le niveau régional prend une importance accrue» constate M. Bies-Péré qui «souhaite prendre du recul pour être encore plus présent à  Bordeaux». Telle est donc l'une des motivations profondes du responsable béarnais qui reste, certes, membre de l'équipe départementale mais qui assume par ailleurs la présidence de la FRSEA Sud-Ouest (Aquitaine et Midi-Pyrénées) et qui s'est vu confier au plan national la responsabilité de la toute nouvelle commission gestion des territoires de la FNSEA. «Mon engagement restera total mais à  un autre niveau», assurait-il avant de remercier chaleureusement l'ensemble du réseau syndical et ses collaborateurs «à  tous les échelons». En guise de mot de départ, le président en exercice évoquait la perspective de l'après 2013 pour lesquelles il importe de bien repérer les leviers et les enjeux. Certains de ceux-ci relèvent de décisions nationales, européennes ou mondiales. «D'autres ne dépendent que de notre capacité à  nous structurer», estime-t-il. Ceci n'occulte pas pour autant les combats sur lesquels le syndicalisme reste mobilisé. Pomme de discorde écologique Sur l'environnement, «la coupe est pleine», martèle M. Bies-Péré, égrenant la liste des contraintes réglementaires diverses (zones non traitées). Ainsi, la FDSEA dit «non à  une écologie punitive mais oui à  une écologie intelligente compatible avec une croissance durable». Vis-à -vis de ces questions environnementales et réglementaires, le syndicalisme majoritaire ne cache pas sa rancoeur face à  une «administration déshumanisée qui se cache derrière des ordinateurs et des logiciels». Une administration «qui pénalise sans comprendre». Xavier Beulin évoquait lui aussi à  maintes reprises ce dossier environnemental: en réponse aux diverses interventions de la salle, il affirmait «ne vouloir rien làcher sur la politique nationale de stockage de l'eau». L'accès à  l'eau est, en effet, une condition pour «sécuriser les systèmes agricoles et répondre à  la problématique environnementale». Idem pour le foncier où l'artificialisation des terres agricoles s'accroît en France alors qu'elle est bien maîtrisée dans d'autres pays de l'UE (en Allemagne notamment). L'oubliée de la campagne Mais au-delà  de ces problématiques structurelles et environnementales, le président de la FNSEA demande «de tenir compte de la contingence économique». À cet égard, la campagne électorale ne le «satisfait pas». De même qu'il n'est pas satisfait de voir que la France a perdu sa place de leader agricole en Europe. L'agriculture et l'agroalimentaire «c'est pourtant près de deux fois et demie le chiffre d'affaires de l‘industrie automobile» rappelle le président de la FNSEA. Cette donnée économique doit aussi être prise en compte dans le cadre de la réforme de la PAC car, qu'on le veuille ou non, «il faudra produire plus et mieux du fait de l'accroissement de la population mondiale». D'où l'appel à  la vigilance tant sur le budget de la future PAC (d'autant que les Anglais souhaitent réduire leur contribution) que sur son contenu. Sur le «verdissement», Xavier Beulin confirme ainsi son opposition à  une jachère écologique de 7%. Sur la question de l'assolement et de la monoculture, «le commissaire semble ouvert au dialogue» avance prudemment le président de la FNSEA. Et sur les mesures du deuxième pilier, «on veut pouvoir apporter des correctifs en matière de compensation de handicap». Rendez-vous électoral de janvier 2013 Autre point qui fait débat, le découplage et la possibilité de recouplage de 10%: «possibilité que le futur ministre de l'agriculture quel qu'il soit utilisera vraisemblablement pour certaines productions», estime M. Beulin selon lequel «il faudra faire des arbitrages». Quant à  la convergence, elle suscite aussi de vives inquiétudes dans de nombreuses régions. L'Union européenne souhaite réduire en 5 ans les écarts d'aides entre États membres et entre agriculteurs d'un même État membre, d'où la totale remise à  plat du système actuel des DPU. La FNSEA s'oppose à  la volonté d'un changement brutal (40% dès la première année!) tel que l'envisage la commission: en revanche, elle est prête à  discuter autour d'un pourcentage «raisonnable et supportable». Cette attitude responsable démontre que «la force du réseau FNSEA est de ne pas fuir ses responsabilités», assène le président de la FNSEA qui apportait par ailleurs son soutien aux agriculteurs confrontés aux problèmes des prédateurs. Ici l'ours ou le vautour. Ailleurs le loup, mais aussi le blaireau ou le sanglier: «il ne s'agit nullement d'aller dans l'excès mais bien de mener une politique de régulation des populations», explique le président national qui ponctuait ce tour d'horizon en insistant sur l'importance accrue de l'échelon régional. Il saluait ainsi les nouvelles responsabilité d'Henri Bies-Péré à  la présidence de la FRSEA Sud-Ouest et à  la commission gestion des territoires de la FNSEA. Pour autant, «le réseau local reste essentiel» insiste Xavier Beulin qui donne rendez-vous aux agriculteurs basques et béarnais en janvier 2013 à  l'occasion des prochaines élections à  la chambre d'agriculture. Guy Mimbielle

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