Publié le 06/04/2012 à 00h00 /

Au fil, tournant ou libre : quel mode de pàturage ?

// Plusieurs systèmes de pàturage existent: au fil, tournant ou libre. Avec l'augmentation de la taille des troupeaux et la recherche de la simplification des systèmes de conduite, le pàturage libre s'impose fréquemment. Cependant, ce qui est bon pour le temps de travail ne l'est pas forcément pour la prairie, notamment en terme d'utilisation de l'herbe. Revue des avantages et inconvénients des différents modes de pàturage.

1 Le pàturage libre, ou continu, est le mode d'utilisation des prairies le plus simple et le plus économe en temps de travail: les animaux consomment sans contrainte l'herbe disponible dans des parcs de plusieurs hectares. Le piétinement est ainsi limité. Ces parcs de grandes dimensions présentent cependant souvent une flore hétérogène, avec des parties plus appétentes que d'autres. Le bétail ira naturellement y prélever l'herbe, sur-pacageant ces zones, et délaissant, donc sous-exploitant, celles de moindre qualité. La flore de ces prairies peut ainsi très vite évoluer vers une végétation de moindre intérêt fourrager (espèces précoces et dures dans les zones délaissées, diverses à  rosette ou agrostis stolonifère dans les zones surpàturées). 2 Le pàturage au fil permet de mieux gérer l'herbe, en la faisant consommer, si elle est effectivement offerte à  la bonne hauteur de végétation, quand elle est de bonne qualité. La contrainte en main-d'oeuvre est cependant réelle et très souvent rédhibitoire, d'autant plus si la taille de la parcelle nécessite d'empêcher la pàture des repousses à  l'aide d'un fil arrière. Cette précaution est impérative quand le bétail séjourne plus de 4 jours dans la même parcelle. 3 Le pàturage tournant est un bon compromis entre la conduite au fil et le pàturage libre. Respectueux de la physiologie de la végétation, il permet d'exploiter ses prairies de façon optimale, tout en les laissant exprimer leur potentiel de production. Le principe est de faire circuler assez rapidement les animaux dans des parcs de dimensions restreintes. Leur temps de séjour sur chaque parc est ainsi à  limiter à  5 jours au plus, ce qui permet de ménager un temps de repos pour la végétation, avant retour du bétail, de 20 à  25 jours. Il est possible d'allonger ce délai, notamment en été, sans toutefois aller au-delà  de 25 jours pour des espèces manquant d'appétence comme la fétuque élevée. Ce délai peut de la même manière être raccourci, mais doit alors obligatoirement être accompagné d'une réduction du temps de séjour sur chaque parc. La taille des parcs est à  adapter en fonction des situations pédo-climatiques et de la ration distribuée. En ration «herbe plat unique», il faut idéalement prévoir 20 ares par UGB au printemps, surface à  doubler passé la phase explosive de pousse de l'herbe. Ce dernier type d'organisation permet de contraindre les animaux à  bien valoriser toute la surface du parc, en maîtrisant les hauteurs d'herbe et donc en évitant les sur et sous-pàturages, ainsi que les infestations parasitaires. Repères de hauteur d'herbe Pour optimiser l'utilisation de l'herbe, il est recommandé de viser:
» En pàturage tournant ou au fil, une entrée du bétail dans la parcelle au maximum à  12 – 15cm de hauteur d'herbe (hauteur bas du mollet). Au-delà , le gaspillage par refus et sous pàturage sera important, il vaut mieux réserver la parcelle à  la fauche. La sortie des animaux est à  effectuer lorsqu'il reste 5cm de hauteur de végétation. Cette hauteur résiduelle de végétation, en plus de permettre un démarrage rapide de la pousse suivante, limite le risque d'infestation parasitaire. » En système de pàturage libre, on vise plutôt une hauteur moyenne et constante autour de 8 - 10cm (hauteur cheville).
Quel que soit le système choisi, il faudra de toute façon surveiller les hauteurs de végétation, et ajuster les surfaces offertes (et/ou les rations) en conséquence.
Dans le contexte actuel de sécheresse, c'est toutefois le système tournant qui permettra le plus facilement de préserver les prairies tout en utilisant l'herbe qui peut l'être. Marie Claude Mareaux, chambre d'agriculture 64
Hélian Valdéavéro, chambre d'agriculture 40

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