Publié le 27/04/2012 à 00h00 /

Toilettage de printemps pour l'IGP foie gras du Sud-Ouest

// La démarche était dans les tuyaux depuis quelque temps déjà . Après celui du label rouge en 2010, le nouveau cahier des charges de l'indication géographique protégée (IGP) «canard à  foie gras du Sud-Ouest» a été homologué par arrêté du 27 mars, au Journal officiel du 7 avril2012. Ce nouveau cahier intègre plusieurs changements sur les conditions d'élevage et de production. Certes, il ne s'agit pas d'une révolution, plutôt d'un dépoussiérage. Pour autant, cette opération n'est pas anodine, car elle intéresse un grand nombre de producteurs dans l'ensemble du grand bassin que constitue le Sud-Ouest.

À l'image de la gestion des parcours, quelques retouches ont été apportées au niveau des règles de production de l'IGP. « Ces évolutions étaient devenues indispensables », commente le président du Palso, Marcel Saint-Cricq.
Portée par le Palso (Association pour la promotion et la défense des produits du palmipède à  foie gras du Sud-Ouest), l'IGP concerne l'ensemble des zones traditionnelles d'élevage, de gavage et de transformation du foie gras: Chalosse, Gascogne, Gers, Landes, Périgord, Quercy Ainsi, elle représente près de 50% de la production nationale de foie gras, soit plus de 19 millions de canards, près de 2300 producteurs et une centaine d'entreprises d'aval. Pour le président du Palso, le Landais Marcel Saint-Cricq, un tel toilettage était devenu indispensable. «Ce cahier des charges a été le premier à  réellement s'appliquer au sein de la filière, explique-t-il. Il n'a pas été modifié depuis 1995 Au regard des pratiques actuelles et des évolutions réglementaires, on s'est progressivement aperçu que quelques éléments n'étaient plus adaptés». Par exemple, les règles de production de l'IGP avaient été imaginées, à  l'origine, par des opérateurs, maillons d'une filière organisée. Les premières retouches depuis 1995 «Le cahier ne prenait pas assez en compte les pratiques des petits producteurs, notamment des conserveurs à  la ferme», commente le président. Dans le même registre, les exigences s'avéraient trop rigides vis-à -vis des nouveaux modes d'organisation des exploitations agricoles et de l'avènement des structures sociétaires notamment. La notion d'«exploitant, porteur de production» a donc été revue. Au niveau de la conduite proprement dite, une des principales évolutions concerne les parcours d'élevage. Sans pour autant changer les critères de base, leur gestion est désormais facilitée. «Jusqu'à  présent, même si une bande ne faisait que transiter quelques jours sur un parcours, il fallait respecter un vide sanitaire de trois mois en suivant, illustre Marcel Saint-Cricq. Cette conduite va être simplifiée, mais la durée du vide sanitaire annuel reste identique». Coller aux réalités techniques L'autre adaptation de taille concerne la durée minimum de gavage. Celle-ci est désormais de 10 jours et 20 repas. La durée d'élevage reste, quant à  elle, la même. Pour le président, cette évolution se justifie par des réalités techniques. «C'est avant tout une adaptation par rapport aux progrès qui ont été réalisés au niveau des itinéraires techniques et des souches de canards. Ce n'est pas une question de productivité», explique-t-il. Au cours des dernières décennies, les performances techniques en gavage ont, en effet, réalisé un bond en avant considérable. «Pour continuer à  coller à  la demande du marché, il est nécessaire d'adapter la qualité technologique des produits. Par exemple, pour maîtriser la fonte des foies, il devenait nécessaire de mieux contrôler l'état d'engraissement des animaux», poursuit-il. En pratique, le nouveau cahier est applicable dès à  présent. «C'est le fruit d'une longue réflexion, observe Marcel Saint-Cricq. Avec la réforme de l'INAO, la démarche a pris du temps, ce qui nous permit de bien affiner la rédaction de ce nouveau cahier des charges». Fabien Brèthes En chiffresLe canard à  foie gras du Sud-Ouest est la première IGP française en termes de valeurs produites. En 2010, les volumes de produits identifiés par l'IGP ont atteint plus de 24000 tonnes, dont plus de sept tonnes de foie gras. Dans le même temps, le nombre de canards produits sous IGP a poursuivi sa marche en avant, avec une progression de 5%, pour atteindre près de vingt millions de canards éviscérés. Aujourd'hui, la filière IGP regroupe environ 2350 producteurs et plus d'une centaine d'entreprises d'aval. La proportion de produits sous IGP continue de grignoter la production totale de la filière palmipède. Fort de cette dynamique positive, le Palso poursuit son vaste travail de communication.

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