Publié le 02/05/2012 à 12h10 /

Les coopératives laitières confirment leur ancrage territorial

//  À la veille de leur assemblée générale qui s'est tenue à  Paris, le 19avril, le président de la Fédération nationale des coopératives laitières (FNCL), Dominique Chargé, a présenté les travaux engagés pour préparer la nouvelle donne laitière et le passage d'une économie administrée par les quotas à  une économie contractuelle entre transformateurs et producteurs. Les coopératives veulent être partie prenante de l'expansion des débouchés tout en restant fidèles à  leurs valeurs.

Dans ce nouveau cadre réglementaire, le premier engagement des coopératives laitières «est de collecter tout le lait apporté par leurs associés coopérateurs». «L'objectif des coopératives ne peut être d'aller faire produire du lait ailleurs, mais d'associer les producteurs à  l'expansion des marchés», précise-t-il. Contrairement aux transformateurs privés qui s'approvisionnent en lait en France uniquement dans les quantités et les qualités nécessaires à  la fabrication de leurs productions valorisées. Ce qui ne signifie par pour autant que les producteurs coopérateurs soient dispensés de maîtrise de leur production dans le cadre de la stratégie de l'entreprise et/ou des opportunités de marché.
Heureusement, les perspectives sont aujourd'hui bien meilleures que ce qu'elles étaient il y a quelques années. Selon les analyses communément admises, la consommation de produits laitiers devrait augmenter de 73% d'ici 2050 dans les pays émergents (Inde, Chine) et de 20% dans les pays intermédiaires comme la Russie, alors que la croissance annoncée n'est que de 6% dans les pays industrialisés. Bref, l'accroissement des débouchés pour la filière laitière française se situe désormais hors des frontières de l'Europe. Et il s'agit avant tout d'ingrédients (beurre, poudre) et non de produits de grande consommation généralement mieux valorisés.
Deuxième observation: comme il a été constaté depuis quelques années, les prix à  l'international seront de plus en plus volatils, même s'ils sont inscrits sur une tendance haussière dans le long terme.
En d'autres termes, si les coopératives et leurs producteurs souhaitent s'associer à  l'expansion du marché international, ce ne peut être aux mêmes conditions que celles du marché européen. La FNCL plaide donc pour des prix différenciés. Ce n'est pas nouveau. Près de 28000 associés coopérateurs, soit 62% d'entre eux, sont rémunérés pour leur apport en lait de façon différenciée selon les volumes, observe la FNCL, et cette tendance devrait se développer dans les années qui viennent, surtout dans la perspective de la fin des quotas laitiers en 2015.
Laits flottants
Dans cette nouvelle donne laitière, la FNCL se prononce pour un développement des partenariats entre coopératives, qu'ils soient commerciaux, industriels ou de recherche Mais à  plus court terme, elle s'inquiète du développement des «laits flottants».
Ces laits qui n'ont plus de débouchés commerciaux pérennes parce qu'une entreprise a fait faillite (Fourme de Montbrison), parce que les entreprises se sont restructurées ou parce qu'elles ont tout simplement abandonné la collecte (Letche Pascual dans le Sud-Ouest).
Les coopératives qui revendiquent leur ancrage territorial n'entendent pas être, «le SAMU des producteurs laitiers, ni le réceptacle des laits dont les industriels ne veulent plus» affiche le président qui redoute une perte de valorisation globale et donc des prix aux producteurs, quand des coopératives sont sollicitées pour apporter la solution.
Et d'en appeler au maintien des outils de régulation, à  l'interprofession, l'État et les autorités communautaires à  ne pas se désintéresser de la gestion du marché du lait.

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