Publié le 11/05/2012 à 00h00 /

La feuille de route de la FNPL

// La mise en place des organisations de producteurs et la réforme du fonctionnement de l'interprofession sont les premiers chantiers sur lesquels va travailler la Fédération nationale des producteurs de lait.

La nouvelle équipe dirigeante va se mobiliser sur l'agrément de ces organisations de producteurs. « Il va falloir agréer les OP et faire en sorte que tous les producteurs puissent rejoindre l'organisation », insiste le président, Thierry Roquefe
Attendu avec impatience, le décret sur les organisations de producteurs (OP) a été publié au Journal officiel du 19 avril. Avec cette publication au JO, «le schéma de 1984 avec les quotas est terminé. Le décret sur les OP formalise les relations entre producteurs et transformateurs notamment dans la perspective de l'après 2015», se félicite Thierry Roquefeuil, le nouveau président de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) qui y voit l'aboutissement du travail engagé par la FNPL depuis 2008 Le chantier sur lequel va se mobiliser la nouvelle équipe dirigeante, le président et la secrétaire générale, Marie-Thérèse Bonneau, notamment porte désormais sur l'agrément de ces organisations de producteurs. «Il va falloir agréer les OP et faire en sorte que tous les producteurs puissent rejoindre l'organisation», insiste le président. Coté critères de reconnaissance, il est exigé qu'une OP regroupe au moins 200 producteurs ou 60millions de litres de lait, ou bien 55% du lait collecté par un même acheteur sur les deux dernières campagnes dans des zones données. Agrément des OP «Seules les OP vont permettre de déroger au droit de la concurrence et de causer prix et volumes avec les entreprises», explique le président. L'objectif est de «massifier l'offre de lait» pour peser et parler d'une seule voix avec les entreprises. D'où l'autre souhait de la FNPL de veiller à  ce que les producteurs ne soient pas concurrents entre eux et de fédérer tous les producteurs dans une seule organisation sans tenir compte de l'appartenance syndicale. «Nous souhaitons que l'OP puisse regrouper l'ensemble des producteurs d'une zone donnée, aussi bien des représentants de la FNPL que des adhérents de la Confédération paysanne et de la Coordination rurale», plaide le président. Ouverture syndicale L'accueil des minoritaires dans l'interprofession, sur laquelle la FNSEA s'est prononcée favorablement il y a quelques semaines, est l'autre chantier sur lequel planche la FNPL. «J'ai demandé à  Henri Brichart, le président du CNIEL, de présenter à  la prochaine assemblée générale, le 10 juillet prochain les modalités concrètes pour l'entrée des minoritaires dans l'interprofession», explique le président qui a aussi quelques idées sur la question. Pour la FNPL, l'arrivée des minoritaires nécessite un toilettage des statuts et notamment une modification de la règle de l'unanimité. «Nous devons rester sur l'unanimité des trois collèges, producteurs, coopératives et transformateurs privés, mais nous devons adopter une position majoritaire à  l'intérieur des collèges. Le fait majoritaire doit être reconnu à  l'intérieur du collège de la production», insiste-t-il. Avant d'indiquer qu'il avait déjà  pris des contacts avec la Coordination rurale et la Confédération paysanne pour connaître leur sentiment sur ce sujet.

Le social et la fiscalitéSur le dossier fiscal, Thierry Roquefeuil demande à  ce que la défiscalisation obtenue sur la moitié des charges induites par le remplacement du chef d'exploitation pour congés ne soit pas remise en cause.
Cette disposition visée par le rapport sur les niches fiscales pourrait être supprimée fin 2012. «Le producteur de lait n'est pas un céréalier. Il a des contraintes particulières en termes de travail, ne serait-ce que la traite des vaches deux fois par jour et les producteurs de lait ont besoin comme les autres de moments de respiration», explique-t-il.
Sur le plan social, il déplore que les producteurs français traînent «des boulets» qui faussent la concurrence à  l'intérieur de l'Europe et demande à  ce que des aménagements soient obtenus en ce sens. «Nous devons être en compétition dans les mêmes termes que nos voisins», résume-t-il. Enfin sur la PAC, si le maintien du budget reste la priorité numéro un, il redoute que les producteurs de lait fassent les frais de la convergence des aides. «On ne peut perdre sur la PAC et être sacrifié sur le plan social et fiscal» conclut le président.

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