Publié le 11/05/2012 à 10h21 /

L'abeille, précieux pollinisateur

// Trente agriculteurs, apiculteurs et techniciens se sont retrouvés à  Lubbon (Landes) pour s'informer et échanger sur la problématique de la pollinisation du colza semence.

Les apiculteurs ont clairement indiqué leur souhait d'évoluer dans un environnement plus "sécurisé" pour leur colonies, tout particulièrement en ce qui concerne les traitements aériens
L'Anamso1 et l'Adaaq2, avec le concours de l'institut de l'abeille organisaient, le 19 avril dernier à  Lubbon, une rencontre des apiculteurs avec les multiplicateurs de semences pour développer la coopération entre ces deux filières, gràce notamment à  une connaissance mutuelle des contraintes de chacun. L'objectif est d'arriver à  une coexistence plus sereine, ainsi qu'à  une structuration des relations autour du service de pollinisation, plus organisé et plus professionnel dans l'intérêt de tous. Qualité et rendement à  la clé
Pour les agriculteurs, la présence des abeilles est un facteur décisif en production d'oléagineux et plus particulièrement en production de semences. Il a été clairement mis en évidence que les insectes pollinisateurs sont indispensables au transfert de pollen des plantes màles vers les plantes femelles pour l'amélioration de la qualité et du rendement.
Pour les apiculteurs, les cultures nectarifères représentent une opportunité pour la production de miel. La miellée de colza est bien souvent la première de la saison. Celle de tournesol est dans certaines zones la plus importante de l'année.
La pollinisation dirigée est une activité à  part entière pour les apiculteurs qui la pratiquent. C'est un véritable service rendu à  l'agriculture, mais son coût est souvent sous-estimé. Il nécessite en effet un travail de préparation des colonies et des freins sont identifiés par les apiculteurs : calendrier des floraisons (concurrence entre productions), cours du miel attractif depuis dix ans (les miellées sont peu importantes en prestation pollinisation) et pratiques agricoles peu favorables à  l'accueil des colonies.
Pour plus d'entente sur la conduite de la pollinisation, des actions concrètes sont déjà  mises en place avec le soutien des différentes instances du monde agricole. Il s'agit par exemple de dépliants « protection des cultures/protection des abeilles », d'une structuration des alertes abeilles dans les bulletins régionaux de santé du végétal, rencontres bout de champ, programme de recherche sur les itinéraires techniques innovants, etc. Un système de mise en relation directe entre les agriculteurs et les apiculteurs sur le service pollinisation sera prochainement testé. Cette plate-forme est un outil interprofessionnel qui répondra d'une part aux demandes en ruches des producteurs, avec une offre de qualité.
D'autre part aux apiculteurs professionnels qui souhaitent connaître précocement les besoins en ruches pour préparer les colonies qui seront installées dans les cultures. Une charte de bonne conduite et un contrat type sont en cours de rédaction et engageront les différents acteurs. Si la pollinisation de certaines productions est indispensable et se fait depuis de nombreuses années, bien des questions restent posées et font l'objet de travaux et d'expérimentations avec l'INRA et l'institut de l'abeille. Dominique Maurel

1. Association nationale des agriculteurs
multiplicateurs de semences oléagineuses.
2. Association de développement de l'apiculture en Aquitaine.


Pour en savoir plus, la plaquette « Les abeilles butinent » et la note nationale BSV « Les abeilles, des alliées pour nos cultures : protégeons-les ! » est téléchargeable sur www.itsap.asso.fr Mieux polliniser
Pour une pollinisation réussie :
- bien couvrir la floraison du colza qui s'échelonne sur 2 à  4 semaines,
- installer un nombre suffisant de colonies d'abeilles de qualité, de 2 à  4 par hectare de production,
- bien positionner les ruches, au soleil et à  l'abri du vent fort,
- prendre les précautions d'usage pour protéger les abeilles lors des traitements pendant la floraison, ou lorsque d'autres plantes sont en fleurs dans les parcelles, utiliser un insecticide ou acaricide portant la mention « abeille », mais toujours en dehors de la présence d'abeilles et intervenir le soir par température inférieure à  13 °C lorsque les ouvrières sont dans la ruche.

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