Publié le 04/06/2012 à 14h40 /

Crise alimentaire : un Malien témoigne devant l'AFDI

// Producteur de riz au Mali, Faliry Boly était l'invité de l'AFDI Aquitaine lors du colloque organisé dans le cadre du salon de l'agriculture. Son pays est en proie à  une crise alimentaire majeure.

La situation au Mali est inquiétante. « Avec le ministère de l'agriculture malien, nous avons défini un plan d'urgence pour faire démarrer la campagne agricole le plus vite possible », indique Faliry Boly, invité par l'AFDI Aquitaine.
Menant des actions de coopération notamment avec l'Afrique de l'Ouest, l'AFDI d'Aquitaine (Agriculteurs français et développement international) organisait un colloque dans le cadre du dernier salon de l'agriculture de Bordeaux, sur le thème « Agriculture périurbaine dans les pays en développement ». À cette occasion, les responsables de l'association avaient convié Faliry Boly, producteur de riz au Mali et secrétaire général du Syndicat des exploitations agricoles de l'Office du Niger.
Son pays est actuellement en proie à  un grave conflit militaire (lire en zoom ci-contre). Représentant plus de 70 % de la population, les agriculteurs familiaux du Mali sont les premiers touchés par la situation politique. Une crise alimentaire majeure est en train de se dessiner. Elle pourrait toucher l'ensemble du Sahel. Faliry Boly souhaite attirer l'attention sur les conséquences alarmantes de la crise politique pour la population paysanne malienne. En quoi la situation politique impacte-t-elle la vie des paysans maliens
Faliry Boly» Les populations sont en insécurité totale dans les zones occupées par les rebelles. Des gens sont partis, d'autres ont envoyé leur famille très loin pour les protéger. Les rebelles font pression pour que la population quitte la zone. Ils détruisent les magasins, les banques, les infrastructures Tout cela va avoir des effets sur la campagne agricole cette année : des paysans ont fui, il faut nourrir les populations déplacées, nous avons des inquiétudes sur la fourniture en intrants. Quelles sont les solutions mises en place pour tenter d'atténuer les effets de cette crise ? F. B. » Avec le ministère de l'agriculture malien, nous avons défini un plan d'urgence pour faire démarrer la campagne agricole le plus vite possible. Parallèlement, dans les zones irriguées comme dans l'Office du Niger (région du Mali), nous essayons d'intensifier la production et de mettre en place des doubles cultures, afin de pallier au mieux le déficit que nous risquons d'avoir, et cela en dehors même des conditions climatiques car on ne sait pas encore comment sera l'hivernage. La saison des pluies, dite hivernage, a lieu normalement entre juillet et septembre. Celle de l'année 2011 a été marquée par une très faible pluviométrie, entraînant une sécheresse dramatique pour les cultures, à  l'image des céréales mais aussi du coton. Le manque de pluie s'est notamment fait sentir pendant la période des semis. Néanmoins, l'accès à  l'alimentation sera difficile et il faudra également compter sur la solidarité au sein de la population. Doit-on aussi compter sur la solidarité internationale ? F. B. » Cette crise est un problème malien, et je considère que la solution se trouve au Mali. Cependant, c'est une situation qui peut très vite dégénérer, s'étendre dans la région, et avoir des répercussions dans le monde entier.
Parfois, des multinationales s'introduisent et s'intéressent aux richesses du sous-sol, à  l'image du pétrole par exemple. Il est crucial que les populations locales fassent très attention et s'attachent à  dénoncer ces choses-là . Imaginez cinq cent mille kilomètres carrés de désert, ce que ça peut donner C'est particulièrement difficile à  contrôler. Une crise alimentaire
Au mois de mars, un coup d'État mené par des soldats de l'armée a renversé le président malien Amadou Toumani Touré, coupant le pays en deux et instaurant au Nord une zone d'instabilité commandée par les rebelles. Dans cette région, l'insécurité rend actuellement les conditions de travail très dangereuses pour les associations et les organisations non gouvernementales. La disponibilité des stocks nationaux de riz est au plus bas. Les agriculteurs, qui représentent plus de 70 % de la population du pays, sont les premiers touchés par la situation politique. Aujourd'hui, les conditions climatiques défavorables entraînent le Sahel vers une crise alimentaire majeure.

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