Publié le 07/06/2012 à 00h00 /

Fourrages : diversité et systèmes équilibrés

// Une étude sur les services fourragers (valeur alimentaire et production d'herbe) des prairies permanentes a été présentée lors des journées de l'Association française pour la production fourragère, organisées à  Paris.

Les prairies permanentes constituent toujours la première ressource alimentaire des élevages herbivores, même si leurs superficies au cours des dernières décennies ont diminué. Elles représentent ainsi, les deux tiers de la surface fourragère totale, produisent depuis 10 à  15 ans, près de 50% de la production fourragère totale et au moins 40% de l'énergie et de l'azote issus des fourrages utilisés par les ruminants. Cependant, ces surfaces ont souvent été labourées, au profit de productions plus attractives en termes de rendement, notamment en raison d'un déficit de connaissances sur la valeur fourragère. «L'étude d'un réseau de 190 parcelles a permis d'obtenir des références actualisées sur la production et la valeur alimentaire d'un large panel de prairies permanentes, exploitées dans les principaux systèmes d'élevages bovins et ovins», explique ainsi René Baumont, chercheur à  l'INRA. Variabilité des valeurs Dans l'échantillon, la production annuelle d'herbe est en moyenne de 4,2 tonnes de matières sèches (MS) par hectare, avec une variation forte, puisque 25% des parcelles produisent moins de 4,2 tonnes et 25% plus de 8,1 tonnes. «La production printanière correspond en moyenne à  75% de la production annuelle. Les repousses d'été et d'automne sont quant à  elles très variables. La digestibilité de la matière organique (dMO) présente une valeur moyenne de 77% en début de printemps et de 66% en fin. Comme pour les données sur la production, la variabilité de la digestibilité sont importantes. Par exemple, au début du printemps, 20% des parcelles ont une dMO supérieure à  80% et 25% des parcelles une dMO inférieure à  75%», note René Baumont. La variabilité des teneurs en matière azotée totales (MAT) entre parcelles est conséquente comme pour la dMO et ce notamment en fin de printemps. La teneur en MAT, au début de printemps, est proche de 170g/kg MS. Des liens existent entre production et valeur alimentaire qui différencient les aptitudes fourragères des prairies permanentes. «Les prairies les plus productives sont celles dont la digestibilité diminue le plus au printemps. Cette étude montre donc la grande variabilité de la dynamique saisonnière de la production et de la valeur alimentaire des prairies permanentes», souligne le chercheur de l'INRA. Cette variabilité s'explique en partie par la composition fonctionnelle des prairies. Ainsi, les parcelles les plus riches en graminées et par conséquent les plus pauvres en légumineuses et en plantes diverses, possèdent un potentiel élevé de production. Diversité des plantes À l'inverse, plus elles sont riches en légumineuses, plus la teneur en MAT et la digestibilité sont importantes. La stabilité de la valeur nutritive au printemps dépend quant à  elle, de la richesse en plantes diverses et graminées de type fonctionnel C. Ainsi pour expliquer la variabilité de la production et de la qualité des prairies, il est essentiel de prendre en compte à  la fois les proportions de légumineuses et de plantes diverses et celles des différents types de graminées. Dans la typologie nationale des prairies permanentes, dix-neuf types de prairies ont été définis. Leur possible valorisation fourragère a ensuite été décrite. «Par exemple, les prairies les plus riches en légumineuses et en plantes diverses sont mieux adaptées à  une exploitation par le pàturage, tout au long de la saison, commente René Baumont. Les parcelles les plus riches en graminées de type A, B et b sont plutôt adaptées à  la constitution de stocks printaniers.» Ces références montrent que leur potentiel fourrager est resté stable en moyenne, depuis les années 1960-1970 et que pour certaines, il peut être équivalent à  celui des prairies semées. Cyrielle Delisle Service fourrager La notion de service fourrager renvoie au rôle de la prairie dans le système fourrager. La description d'un service fourrager prend en considération la temporalité au coursde la saison, le niveau d'exigence en termes de quantité et qualité du fourrage et la catégorie d'animaux concernée.Dix services ou fonctions fourragères principales attendues ont été identifiés qui dépendent de la priorité donnée à  la réalisation de stocks ou à  l'exploitation par le pàturage, à  la quantité ou à  la qualité du fourrage et à  la contribution envisagée au système d'alimentation.

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