Publié le 07/06/2012 à 00h00 /

Mais : esquisse d'une année florissante

// Les semis touchent à  leur fin en France et les restrictions à  l'irrigation s'éloignent: c'est le constat réalisé lors d'une conférence de presse de l'Association générale des producteurs de mais (AGPM) le 23 mai à  Paris.

Au 20 mai, on estime que 85 à  90% des mais grains sont semés sur un total de 1,6 million d'hectares, soit une hausse des surfaces de 4% par rapport à  l'an dernier, notamment en raison des nouveaux semis après le gel de cultures d'hiver», a indiqué Jean-Paul Renoux, spécialiste du mais chez Arvalis, lors d'une conférence de presse le 23 mai. Selon lui, les pluies récentes ont aussi permis de recharger les nappes au printemps, «ce qui augure d'une campagne d'irrigation du mais en 2012 dans un contexte apaisé». Au niveau du marché mondial, Christophe Terrain, président de l'Association générale des producteurs de mais, a indiqué que si les stocks mondiaux étaient serrés pour fin 2011-2012, à  127 millions de tonnes — soit un ratio stock sur utilisation de 14,8% —, les prévisions étaient bien meilleures pour fin 2012-2013. «Les productions sont en hausse partout dans le monde et la campagne 2012-2013 pourrait dépasser les 900millions de tonnes, soit une hausse de 8,7% sur un an», a tenu ainsi à  souligner Christophe Terrain. Des productions en hausse Le président de l'AGPM a ensuite précisé que l'USDA estimait qu'aux États-Unis une sole record de 38,8 millions d'hectares de mais permettait d'anticiper une bonne hausse de production pour 2012-2013. Cependant, il a souligné l'optimisme de ces estimations en indiquant que l'USDA se basait sur un rendement moyen de 104 quintaux par hectare. «Nous n'en sommes qu'aux semis et d'ici la récolte, il peut encore se passer beaucoup de choses», a déclaré le président Terrain. En effet, selon les dernières estimations, on s'attend à  une amélioration du bilan mondial fin 2012-2013 avec un ratio stock sur utilisation qui pourrait atteindre les 16,5%, soit un niveau plus confortable. Si la forte demande en semences de mais, cette année en France et en Europe, a eu tendance à  mettre les stocks français sous pression, les besoins ont été finalement couverts. C'est ce qu'a indiqué Joël Arnaud, président de la Fédération nationale de la production de semences de mais et de sorgho, concédant que certaines génétiques avaient pu manquer. Leader en semences Réalisant également un point sur les débouchés des semences de mais françaises, il a souligné que le pays occupait le premier rang de l'UE en ce qui concerne la production de semences avec, en moyenne sur les cinq dernières années, 55.000 hectares cultivés. La France occupe également la première place mondiale des exportateurs de semences de mais avec 55% de sa production exportée, soit 110.000 tonnes. Le marché à  l'export se développe particulièrement en Europe de l'ouest, constituant 80% des débouchés, mais aussi en Europe centrale pour 12% et en Europe de l'est pour 8%. La demande a tendance à  progresser avec la hausse des cultures de mais dans le monde et particulièrement en Europe. Dans l'Union européenne, la sole de mais atteindrait les 15millions d'hectares en 2012 soit une progression de 5%. Pour répondre à  cette demande en hausse, le programme de multiplication français de semences de mais en 2012 a fait progresser les surfaces de 25% à  67500 hectares. Les facteurs de production Réalisant un point sur les facteurs de production, Ch. Terrain a réitéré son soutien aux autorisations de mise sur le marché de molécules de traitement des cultures permettant d'éviter les impasses techniques. Il a ainsi défendu les traitements de semences en expliquant que ces produits permettaient de diminuer l'usage de phytosanitaires. Il estime d'ailleurs que les conditions de semis imposées par la réglementation pour des semences traitées sont «ubuesques». Concernant la ressource en eau, Daniel Martin, président de l'Association des irrigants de France, a salué la concrétisation, par des textes de loi bientôt publiés, des mesures d'assouplissement des règles de stockage de l'eau. Un premier vise à  supprimer les possibilités de recours six mois après la mise en service des installations de stockage, le projet de décret ayant été validé par le Conseil d'État et devant être publié prochainement. Un second projet de texte prévoit de créer un nouveau régime déclaratif pour les retenues de substitution dont le volume est inférieur à  350.000 m3 et alimentées par des prélèvements allant jusqu'à  110 m3 par heure. Cependant, Daniel Martin a souligné que la traduction réglementaire proposée de ces textes ne semblait pas à  la hauteur des annonces faites par le précédent gouvernement. Enfin, concernant les OGM, les représentants de l'AGPM ont regretté le blocage sur ce dossier en indiquant que «l'Europe, qui s'interdit la culture des OGM, leur ouvre largement ses frontières». Ils ont souligné la nécessité de sortir de cette impasse car aujourd'hui 32% du mais mondial sont OGM.

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