Publié le 21/08/2012 à 00h00 /

La récolte française de céréales sera bonne

// Les dernières prévisions de récolte de céréales publiées par le ministère de l'Agriculture, confirment les larges disponibilités céréalières en France pour la campagne 2012/2013.

Selon Céline Sicard, analyste de marchés pour l'union InVivo, «il n'y a pas d'inquiétude à  avoir sur le blé tendre au niveau de la qualité». Cependant, des craintes existent sur les taux de protéines en blé tendre. Benoît Labouille, directeur général d'Offre et demande agricoles, indique qu'il pourrait manquer 0,5 point de protéines aux blés tendres français en 2012. «On s'attend à  un pic des productions de blé tendre dont les taux de protéines se situeraient entre 11 et 11,5%» précise-t-il. Ces taux baisseraient par rapport à  2011 en raison de précipitations abondantes ayant dilué les concentrations de protéines dans les grains avant les récoltes. Traitements optimisés Pour Céline Sicard, «peu de cas de fusariose ont été remarqués sur le blé tendre cette année, ce qui devrait limiter le risque de mycotoxines sur les grains stockés». La spécialiste précise qu'un climat humide a fait craindre aux producteurs une forte pression maladie au printemps, les incitant à  optimiser leurs traitements fongicides. «Cependant, les grains étaient aussi trop secs pour que le champignon s'y développe», indique-t-elle. De plus, «les agriculteurs n'ont pas hésité à  traiter en raison de perspectives de prix soutenus pour les grandes cultures en 2012». Le constat est le même pour les orges d'hiver ou les colzas. En revanche, Céline Sicard explique que les blés durs ont, eux, souffert de la pluie et de la verse à  la récolte, notamment dans le Centre. Cette région, principale productrice de blé dur en France, devrait connaître un fort taux de grains mitadinés cette année. «On trouve des lots de blé dur mitadinés à  plus de 40%», indique Benoît Labouille. Ces tàches blanches et farineuses dans les grains de blé dur récoltés diminuent les rendements semouliers de ces productions. Dans ce cas, des réfactions de prix d'achat sont prévues par les contrats liant collecteurs de blé dur et fabricants de pàtes ou de semoules. Pluviométrie tardive favorable La pluviométrie tardive mais régulière a plutôt profité aux rendements des grandes cultures cette année en France, souligne Céline Sicard. «Les pluies augmentent les poids de mille grains (PMG)», précise la spécialiste. Aussi, les pluies ont tendance à  affaiblir les taux de protéines des orges de printemps, permettant aux productions de répondre aux cahiers des charges de la brasserie. Selon Céline Sicard, «les rendements seront meilleurs que prévu en début de saison». La note Agreste du ministère de l'agriculture, publiée le 31 juillet, confirme cet optimisme. En effet, le ministère a revu en hausse ses prévisions de début juillet pour le blé tendre, il estime la production de blé tendre à  36,6 Mt pour 2012, gràce à  un relèvement du rendement moyen national porté à  75,2q/ha. Toutes les grandes régions productrices, notamment le Centre et la Picardie bénéficieraient d'excellents rendements. Si ces chiffres sont confirmés par la moisson, la production française de blé tendre serait donc supérieure de 2,7 Mt à  la précédente et de 6% à  la dernière moyenne quinquennale. Par ailleurs, la production de blé dur est annoncée à  2,39 Mt, soit 18% de mieux que l'an dernier, et la récolte d'orge à  11,3 Mt, soit 2,5 Mt de plus qu'en 2011. Cette forte progression est surtout le fait des importants re-semis en orge de printemps, effectués après le gel important. En revanche, la production de mais grains serait en léger recul (- 2%) et celle de mais fourrage en baisse plus marquée (-7,3%). Du simple au doubleLes récoltes en grandes cultures seront globalement satisfaisantes mais dans le nord de la France, les importants épisodes de gel cet hiver sur le nord-est devraient entraîner de grandes variabilités, comme en témoigne Jean-Olivier Lhuissier, chargé du dossier collecte chez Vivescia, groupe coopératif de Champagne-Ardenne.
Selon lui, les situations sont «hétérogènes». 11% de la sole en grandes cultures de la coopérative ont été retournés en février après le gel. Ce chiffre monte à  15% pour les blés en Champagne crayeuse, sur le territoire de la Scara, coopérative de l'Aube. Dans cette zone, les cultures ont été remplacées par de l'orge de printemps, du tournesol et du mais.

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