Publié le 07/09/2012 à 08h00 /

Sécheresse : les éleveurs aux abois

// Déjà  confrontés à  la flambée des prix des matières premières, les cheptels bovins et ovins souffrent du déficit hydrique qui a affecté leurs productions fourragères. Toute la région est touchée.

La sécheresse soumet les éleveurs à  la double peine. À la perte de volumes s'ajoute une moins bonne qualité de la récolte fourragère, d'où l'obligation de corriger les rations alimentaires avec l'achat de concentrés. © Réussir
Elle aurait presque pu passer entre les gouttes. Masquée derrière un début d'été plutôt grisàtre et des températures assez clémentes, la sécheresse a pourtant bel et bien frappé les campagnes du Sud-Ouest. Le manque d'eau s'est réellement accentué ces dernières semaines avec, par endroits, des déficits hydriques particulièrement sévères. Il est malheureusement à  craindre que les quelques millimètres de pluie qui ont arrosé le bassin de l'Adour dernièrement n'aient fait que toiletter les sols, mais n'ont résolu en rien les difficultés. Bien entendu, on pense aussitôt aux conséquences vis-à -vis des cultures et des céréales notamment. Le bilan en la matière est contrasté. En effet, en l'absence de restriction, les cultures irriguées semblent présenter un potentiel intéressant, bien qu'inférieur à  celui de l'année passée. En revanche, la sécheresse a fortement affecté les surfaces non-irriguées. Les premières constations sur les récoltes de mais ensilage sont implacables. Elles montrent des rendements en chute par rapport à  la campagne 2011. Au cas par cas, reste à  savoir si les producteurs peuvent s'appuyer sur des dispositifs d'assurance contre les risques climatiques. La double peine des éleveurs De manière plus générale, c'est sans doute pour les éleveurs de ruminants que la situation est la plus critique. Ils subissent, en effet, une conjonction de plusieurs facteurs. Tout d'abord, la sécheresse a provoqué une baisse sévère de la production fourragère. C'est le cas pour l'herbe, mais aussi pour l'ensilage de mais, qui est généralement implanté sur des parcelles non irriguées. Pour combler le déficit, certains producteurs n'auront d'autre choix que de recourir à  l'achat de fourrages ou de concentrés. Or, ces matières premières ont connu une véritable flambée. En retour, les charges des exploitations explosent. C'est donc une double peine que subissent les éleveurs. Dans les Pyrénées-Atlantiques, les systèmes de montagne et du piémont sont particulièrement sensibles à  cette situation. Caractérisées par des surfaces fourragères réduites, les exploitations locales sont traditionnellement très dépendantes des achats extérieurs. Éleveur à  Uhart-Cize, Pascal Queheillalt est le président cantonal de la FDSEA pour le secteur de Saint-Jean-Pied-de-Port. Il dénonce «une situation dramatique». D'une part, l'absence de repousse au niveau de l'herbe a sérieusement limité la récolte des regains et «la plupart des éleveurs vont déjà  devoir puiser dans les stocks prévus pour l'hiver prochain», constate-t-il. D'un autre côté, l'envolée des cours des matières premières annonce des factures particulièrement salées. Les exploitations sont prises en étau et leurs situations financières en grand danger. «Le contexte sur les matières premières pèse déjà  énormément sur les élevages. Les charges sont de plus en plus lourdes à  supporter», poursuit-il. La sécheresse ne fait qu'amplifier le phénomène. Selon Pascal Queheillalt, l'heure est grave. «On atteint des limites», souffle-t-il. Très inquiet, le jeune éleveur appelle les pouvoirs publics «à  se saisir du problème au plus vite». Un problème transversal La problématique ne se cantonne pas à  ce secteur géographique. L'ensemble de la région et la totalité des productions de ruminants sont affectés. Dans le sud des Landes, la sécheresse a fortement frappé les coteaux de Chalosse, du Tursan et le Bas-Adour, zones où sont implantés la plupart des cheptels bovins du département. Très dépendants de la consommation de foin et de la pàture, les troupeaux allaitants souffrent de la non-repousse de l'herbe et les ensilages de mais ne vont pas permettre de rééquilibrer la balance. Quant aux éleveurs laitiers, ils risquent de devoir résoudre un épineux problème, lié à  la faible valeur alimentaire des ensilages récoltés. En effet, pour corriger ces rations de base déficitaires, la distribution de concentrés devra être accrue. Autrement dit, c'est un cercle vicieux auquel sont confrontés les éleveurs et la sortie n'est pas en vue. Fabien Brèthes

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