Publié le 07/09/2012 à 00h00 /

Traitements aériens : une pratique très encadrée

// Le sujet a récemment occupé le devant de l'actualité landaise. Jean-Paul Lataste, président d'AGPM mais doux, revient sur la réalité de la réglementation en vigueur concernant les traitements aériens de produits phytosanitaires.

Limités à  1 % de la sole de mais landaise, les traitements aériens, nécessaires dans des cas très précis, sont fortement encadrés par la réglementation. Ils améliorent l'efficacité du traitement et la qualité de la production. © AGPM
La réglementation en matière de traitements aériens a évolué récemment. Pouvez-vous la rappeler ? Jean-Paul Lataste » La réglementation s'est durcie sur les traitements aériens. Désormais, ils sont interdits sauf dérogations. Celles-ci prennent deux formes. Concernant les dérogations annuelles, pour des couples végétaux/nuisibles spécifiés, l'État a retenu les cultures de mais, la banane, le riz et la vigne. Les nuisibles retenus pour le mais sont la pyrale, la sésamie, l'héliothis et l'hélmnithosporiose. Des dérogations ponctuelles pour les autres cultures peuvent être octroyées en cas de situation d'urgence. Pour chaque culture spécifiée ci-dessus, une demande de dérogation annuelle doit être formulée au niveau du département concerné. Le dossier doit être déposé avant le 31 mars. Son instruction et la délivrance de la dérogation (par arrêté) sont de la compétence du préfet du département. La procédure est transparente puisqu'à  réception du dossier, le préfet a deux mois pour organiser une consultation du public (en préfecture et sous-préfecture) et informer le CODERST (1). Les arrêtés pris sont affichés dans les mairies concernées Quelle a été la démarche de l'AGPM, en particulier dans les Landes ? J.-P. L. » L'administration souhaite que les demandes de dérogation soient déposées par un seul demandeur. Pour faciliter la centralisation des dossiers, l'AGPM a proposé aux organismes économiques identifiés de fédérer les demandes. L'AGPM a déposé cinq dossiers pour la culture du mais doux (Dordogne, Gironde, Landes, Lot-et-Garonne, Tarn et Garonne) et huit dossiers pour la culture du mais grain (Gironde, Landes, Lot-et-Garonne, Gers, Haute-Garonne, Tarn-et-Garonne, Lot, Tarn). Après instruction, le préfet des Landes a accordé une dérogation sur le mais grain et une sur le mais doux, et ce, après consultation de la profession, des apiculteurs, du conseil général et des associations environnementalistes. Comment se déroulent les traitements ? J.-P. L. » Là  aussi, les procédures sont très encadrées, contrairement à  ce que certains laissent entendre. La réglementation prévoit une évaluation spécifique des produits. Pour le mais doux, seul le Coragen bénéficie d'une autorisation d'application par voie aérienne. L'arrêté précise les modalités de déclaration préalable de chantier à  transmettre au SRAL (2) et aux préfectures, la mise en place d'une distance de 50 mètres vis-à -vis des points d'eau, habitations, jardins, bàtiments et parcs d'élevage, parcs nationaux et réserves naturelles. Cet arrêté insiste enfin sur l'information du public et des syndicats apicoles, avant la réalisation des traitements. Dans les Landes, cette information doit se faire 72 heures ouvrées avant le traitement. Pourquoi recourir aux traitements aériens ? J.-P. L. » Ils permettent de lutter contre les ravageurs aériens, de préserver le potentiel des cultures et de répondre aux exigences du consommateur en terme de qualité. Et il ne s'agit pas d'opposer les outils (terrestres, aériens, lutte biologique). Leur complémentarité permet à  la filière d'atteindre ses objectifs de protection des cultures. Les traitements aériens s'avèrent indispensables lorsque les autres moyens ne peuvent être utilisés (hauteur des plantes, topographie des parcelles, verses des plantes suite à  une tempête, portance des sols). Ils apportent également une rapidité d'intervention sur des surfaces importantes (40 ha/h) permettant d'améliorer l'efficacité du traitement (bonne dose au bon moment). Je rappelle que tous les traitements sont pilotés à  partir d'un réseau de piégeage. Enfin, et contrairement aux idées reçues, la dérive n'est pas plus importante que par une pulvérisation terrestre classique, les hélicoptères rasant la végétation à  moins d'un mètre. L'action cumulée du rotor et de matériel d'épandage spécifique plaque la bouillie sur la culture. Différents groupuscules transforment une pratique très limitée et très encadrée en un scénario catastrophe généralisé. Les surfaces traitées dans les Landes ne devraient pas dépasser 1.000 hectares en 2012, soit moins de 1 % de la sole mais landaise. 1 - Conseil départemental de l'environnement des risques sanitaires et technologiques.
2 - Service régional de l'alimentation

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