Publié le 24/09/2012 à 11h50 /

Apprécier la valeur alimentaire

// Après une période de semis chahutée, les mais ont connu durant le mois d'août une sécheresse sévère, altérant le développement de la plante. Conseils pour déterminer au mieux les qualités nutritives du fourrage

Cet été, la chaleur a amplifié le stress hydrique sur les cultures, provoquant des accidents de végétation. Rendement et valeur nutritive des mais ensilage s'en trouvent affectés, en fonction du niveau de stress et du stade auquel la plante a été touchée. 1 Pas de problème au stade laiteux » En principe, le manque d'eau au stade laiteux ne pose pas de problème. Un dessèchement précoce à  ce moment-là  entraîne une diminution du taux d'amidon, avec en contrepartie une quantité importante de sucres solubles et d'eau résiduelle dans la tige. Ces mais, malgré le dessèchement des feuilles, auront une valeur énergétique correcte, à  condition de les avoir récoltés au stade optimum (30 à  35 % en matière sèche). Compte tenu des feuilles sèches, le tassement des silos doit être rigoureux, mais les sucres et l'eau sont des facteurs favorables au démarrage de la fermentation lactique et d'une bonne conservation. 2 Au stade pàteux, attention à  la conservation » Une dessiccation de la plante à  partir du stade pàteux risque d'avoir occasionné la perte d'une partie plus ou moins importante des sucres solubles résiduels nécessaires à  une bonne acidification. Par ailleurs, la tige devient plus difficile à  hacher et à  tasser au silo. Les risques de moisissures et de perte au silo, surtout si le taux de matière sèche dépasse 35-40 % sont alors importants. Pour ces types de mais, il est conseillé d'épandre sur une surface du silo, soit du sel fourrager (2 à  3 kg/m²) ou alors de l'acide propionique (1 litre/m²). L'acide propionique sera aussi le recours à  l'utilisation du silo en cas de chauffe, pulvérisé sur le front d'attaque, il a un rôle de stabilisateur.
Ces deux mais, riches en sucres et faibles en matières sèches, seront sensibles à  une reprise des fermentations au dessilage. Un front d'attaque net, avec un avancement supérieur à  20 cm par jour sont à  prévoir. 3 Complémenter en fonction de la qualité du mais » Si les mais riches en grains sont acidogènes du fait d'un fort pourcentage d'amidon, les mais pauvres en grains, mais riches en sucres solubles, sont aussi particulièrement propices aux acidoses. On prendra donc soin d'adapter la complémentation, de privilégier l'apport de fibre efficace (piquante et sèche) et d'éviter la consommation d'aliments acidogènes (betterave, carotte, pomme de terre). En pratique en fonction des situations, on corrigera un mais sécheresse par l'apport de 1 à  2 kg de concentré énergétique supplémentaire par jour et par vache. Les conditions climatiques et les caractéristiques de la plante permettent d'avoir une appréciation de la valeur énergétique de ces mais ayant souffert durant l'été. Le tableau ci-dessus indique des ordres de grandeurs de ces valeurs. Elles sont à  interpréter avec le recul nécessaire. L'analyse des mais ayant subi un accident climatique et récoltés moins de 50 jours après la floraison femelle est inutile, car les équations de prédiction ne sont pas adaptées à  ces conditions. En élevage viande, une certaine souplesse est possible en terme de respect des besoins alimentaires sur une période limitée. En vaches laitières, par contre, la limitation du déficit énergétique est à  éviter sous peine de compromettre la production à  venir et les résultats de fécondité. 4 Des concentrés peu acidogènes » Si le mais n'est pas de qualité, la sur-complémentation est inévitable, celle-ci peut se faire à  base de concentré en choisissant les moins acidogènes (mais de préférence au blé, de préférence à  la pulpe).
L'autre alternative possible est de réaliser une ration de base en diluant le mais avec d'autres fourrages de l'exploitation (ensilage d'herbe, de mais doux) ou de l'herbe à  pàturer.
La mise en place de cultures de ray-grass italien (diploide alternatif) pàturables dès 60 jours est à  envisager dès maintenant. Dans un contexte de flambée du prix des matières premières, l'herbe pàturée reste le meilleur recours à  la fois sur le plan zootechnique et économique.

Contact Hélian Valdeavero,
conseiller à  la chambre d'agriculture des Landes, au 05 58 85 45 22

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