Publié le 05/10/2012 à 15h27 /

Interdiction du foie gras : le gouvernement craint l'effet tàche d'huile

// Guillaume Garot, ministre délégué à  l'agroalimentaire, a annoncé le 20 septembre qu'il se rendrait début 2013 en Californie pour «présenter le foie gras français». Depuis le 1er juillet dernier, la vente et la consommation de foie gras sont interdites en Californie.

Les réactions se multiplient pour lutter contre la prohibition du foie gras décrétée par la Californie. Outre-atlantique, le 19 septembre, un tribunal fédéral à  Los Angeles a rejeté les arguments portés par un syndicat de producteurs de foie gras canadiens, un groupe de restauration et un producteur de la région de New-York. La loi n'est pas anticonstitutionnelle et ne peut pas être invalidée. L'avocat des plaignants a affirmé qu'il porterait le dossier devant la cour d'appel de l'Ouest des États-Unis, à  San Francisco. Si l'intérêt est économique pour ces plaignants, l'enjeu est avant tout symbolique pour la France. Et pour cause, «nous n'exportons pas de foie gras vers la Californie», dit-on au ministère de l'agroalimentaire. Mais «l'effet tàche d'huile» est préoccupant car la France est le premier producteur mondial de foie gras et le ministère de l'agroalimentaire souhaite développer les débouchés à  l'export vers les pays émergents. Guillaume Garot a reçu le 20 septembre une délégation de sénateurs californiens et de professionnels de l'agroalimentaire américain. Faire de la pédagogie «Si la solution juridique n'est pas la bonne, il faut employer d'autres moyens: c'est cette bataille de convictions que j'ai engagée», a-t-il déclaré après avoir reçu la délégation. Le camp des opposants à  l'interdiction du foie gras en Californie s'agrandit. Les pouvoirs publics français, qui souhaitent faire de «la pédagogie» en Californie, sont appuyés notamment par Noreen Evans, sénatrice démocrate en Californie, qui avait voté contre la loi. Lors du déplacement du ministre français prévu début 2013, il sera question de «présenter le foie gras français» et de convaincre. «Les producteurs français ont fait d'énormes efforts pour améliorer le confort animal», explique Guillaume
Garot. Si l'enjeu est «symbolique», il rappelle également que la production de foie gras représente «35.000 emplois en France».

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