Publié le 12/10/2012 à 09h57 /

Mais fourrage et complément

// Les caractéristiques nutritionnelles, du mais grain humide et du mais fourrage, imposent une complémentation adaptée. D'où la nécessité de bien connaître leurs différentes composantes.

Le mais fourrage ensilé apparaît comme un bon moyen de lisser les disponibilités en fourrages et de faire des stocks d'une année sur l'autre. En général, Il n'est jamais distribué seul. « Aussi, est-il indispensable de bien définir ses caractéristiques nutritionnelles pour lui associer les compléments les mieux adaptés », observe Gildas Cabon d'Arvalis lors d'un colloque organisé le 25 septembre à  Paris par Arvalis avec le soutien de la FNPSMS (1) et UFS (2). L'apport énergétique
Dans les rations pour vaches laitières ou jeunes bovins, le mais ensilage représente souvent de 50 à  80 % de l'apport énergétique (UFL), de 25 à  40 % des PDIN et de 35 à  60 % des PDIE. Ce fourrage est par contre pauvre en minéraux (P, Ca). « Deux contributions majeures peuvent être imparties aux mais dans les rations des ruminants. Tout d'abord l'apport énergétique, ce qui prend en compte la valeur de chaque kilo de matière sèche (MS), la quantité ingérée et la maîtrise de la digestion. Ensuite, les protéines microbiennes et donc l'énergie disponible pour leur synthèse ». La valeur énergétique peut être décomposée entre ce qu'apportent les grains, c'est-à -dire leur teneur en amidon et ce qu'apportent les tiges-feuilles, autrement dit la DMO du « non-amidon ». « Les fibres indigestibles ont un rôle déterminant sur la digestibilité de la DMO (valeur énergétique UFL, UFV) et sur le temps de mastication (fibrosité). Ainsi, faut-il trouver un équilibre permanent dans la ration, entre le temps pour évacuer les fibres non digérées et le temps pour la salivation (donc la régulation du pH) », poursuit Gildas Cabon. Pour une même valeur UFL, on peut avoir deux mais très différents sur le plan de leur teneur en amidon et de leur digestibilité de la partie tiges – feuilles. Il est bon de connaître au moins deux de ces trois données pour bien complémenter. La teneur en fibres ne peut être interprétée, qu'associée à  la teneur en amidon. Cette teneur en fibres peut servir à  calculer un indice de risque d'acidose sur l'ensemble de la ration. L'amidon du mais qui augmente la densité énergétique des rations est intéressant, mais dans le cas d'une teneur trop élevée, entraînant un transit trop rapide, il y a un risque de sub-acidose. Connaître la teneur en amidon permet de raisonner le choix de la complémentation. Si l'ensilage est déjà  riche en amidon, mieux vaut limiter l'apport de céréales et se tourner vers une autre source d'énergie. « Aux mais riches en grains, il faut associer de l'herbe ou des concentrés fibreux ». La DMOna (na = non-amidon) et l'amidon permettent de déduire la valeur d'encombrement du mais. La DMOna aide à  raisonner la complémentarité entre fourrages.
La teneur en protéines (PDIE et PDIN), ou matières azotées totales, diminue, par effet de dilution, quand le rendement augmente. Les ensilages de mais riches en protéines sont le plus souvent des mais récoltés à  un stade précoce. Lorsque le mais est récolté à  un stade précoce, à  un taux de matière sèche faible, les protéines se dégradent davantage au silo et dans le rumen. À l'inverse, si le mais est récolté à  un stade tardif, une partie de l'amidon est trop vitreuse et ne participe pas à  l'élaboration des protéines microbiennes. Il faudra alors distribuer davantage de correcteur azoté.
Cyrielle Delisle

1 - FNPSMS : Fédération nationale de la production de semences de mais et de sorgho
2 - UFS : Union française des semenciers
Qualité variable
Cette année, la récolte de mais dans l'Hexagone a lieu trois semaines à  un mois plus tard qu'en 2011.
Les semis ont commencé en mars pour se poursuivre jusqu'en juin.
De plus, la qualité des ensilages de mais sera très variable d'une région à  l'autre.
Certains mais ont subi le manque d'eau et la canicule du mois d'août, entraînant une valeur alimentaire du fourrage médiocre.
Pour d'autres, les grains sont présents (nord-ouest de la France), mais il faut encore leur laisser le temps de se remplir d'amidon, informe Bertrand Carpentier d'Arvalis.
Quant à  la surface consacrée en France mais fourrage, elle reste stable.
Selon Arvalis, elle se situe aux alentours de 1,4 million d'hectares.

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