Publié le 23/11/2012 à 09h32 /

Mais : des rendements 2012 honorables

// Avec un rendement moyen de 97 q/ha, la récolte de mais 2012 est considérée comme « honorable » par l'Association générale des producteurs de mais, un résultat d'autant plus remarquable, que cette culture a dû affronter des conditions climatiques parfois difficiles, notamment le déficit hydrique. Mais l'irrigation a néanmoins permis de compenser ce déficit dans les régions irriguées de l'Ouest et du Sud-Ouest.

Alors que la récolte de mais se termine, de façon assez tardive, un bilan de campagne a été réalisé par l'AGPM qui parle d'une « bonne » récolte tant en quantité qu'en qualité.
Un plus grand nombre de grains semés à  l'hectare, une génétique performante et la technicité des producteurs français ont permis de préserver, cette année, un potentiel de production de 15,7 Mt de mais (hors semences). Ce bon rendement national s'accompagne cependant d'une grande hétérogénéité entre les régions, voire au sein même des régions. La France est le seul producteur majeur européen à  conserver son potentiel de production en 2012, la récolte communautaire étant estimée en baisse de 20 %, avec 53 Mt. Le marché européen est donc tendu, à  l'instar du marché mondial dont la production estimée à  839 Mt est en baisse pour la première fois depuis sept ans. Cela entraînera une baisse des utilisations, sans, toutefois, éviter un stock de report précaire avec un ratio stock/consommation de moins de 14 %. Grande hétérogénéité Pour l'instant, l'Ukraine et le Brésil sont très présents à  l'exportation, mais on s'interroge sur les disponibilités réelles de l'Ukraine et sa capacité, dans le temps, de fournir la demande de l'Union européenne. Cette concurrence levée, nos partenaires européens devraient recourir à  la bonne récolte française. L'AGPM rappelle que la France est le premier producteur européen de mais et exporte 50% de sa production. Cependant, si la situation générale du mais français se présente encore de façon très favorable, la France n'exploite pas tous ses atouts dans un contexte international déficitaire. Ainsi, malgré le progrès génétique, l'accroissement du rendement moyen se ralentit, 1 q/ha par an, conséquence en partie du réchauffement climatique, mais surtout, des graves restrictions à  l'irrigation dans les régions les plus performantes. Une avalanche de contraintes L'AGPM regrette, en outre, le coup de frein à  l'accès à  l'eau avec le retrait, par le gouvernement des deux décrets qui devaient favoriser la réalisation de retenues d'eau et l'annonce d'un moratoire sur les capacités de stockage de l'eau. Autre frein à  la compétitivité du mais français et facteur de distorsion de concurrence : la protection contre les bioagresseurs et notamment les ravageurs. Les producteurs français sont contraints au seul Cruiser 350 (lire également ci-dessous). De même pour les herbicides dont le retrait progressif se traduit par un développement d'une flore d'adventices nouvelles très difficiles à  maîtriser augmentant le coût de la protection de quelque 25%. Enfin, l'organisation professionnelle déplore la disparition de toute production et de toute expérimentation sur les OGM, alors que les frontières européennes sont grandes ouvertes aux importations de ce type de mais. Aussi, malgré tous ses atouts, la production française ne pourra perdurer, selon l'AGPM, que si ces différents freins sont levés. De fortes disparités selon les régionsEntre les régions, et en leur sein, de fortes disparités de rendements sont observées. D'abord, la climatologie a engendré une large plage de semis en raison de l'humidité, et une implantation lente en raison de déficit de températures. « Ceci a parfois entraîné des défauts de densité à  l'implantation » selon Gilles Espagnol, qui soulignait que les régions du nord et du nord-ouest français étaient les plus touchées.
Ces mêmes régions où des retards de récoltes sont observés.
Ainsi, la semaine dernière, il restait 30 à  40 % des surfaces de mais à  récolter en France, environ 30 % en mais grain selon FranceAgriMer. L'humidité excessive a aussi entraîné des retards de récolte dans le nord de la France. Par ailleurs, on observe des variations extrêmes sur les rendements. Une forte variabilité de l'humidité des grains à  la récolte est aussi rapportée. Au niveau du mais fourrage, les récoltes sont en cours, mais Gilles Espagnol a souligné qu'en Bretagne moins de 25 % des surfaces étaient récoltés.
Le mais semence se porte bienLa France est le premier producteur de mais semence de l'UE avec 70.000 ha sur 160.000, soit 43 %, et reste un acteur incontournable pour l'approvisionnement en semences de l'Europe avec 140.000 t exportées (60 % de sa production). Selon Luc Esprit, directeur de l'AGPM, la filière semence se porte bien gràce aux bons prix du mais sur le marché. Il a aussi souligné que les destructions estivales liées à  la sécheresse atteindraient entre 20 et 50 % des cultures de mais semence en Europe centrale, alors qu'en France, un climat tempéré et des productions de semence entièrement irriguées avaient permis d'atteindre 100 % des plans de production.
Au niveau européen, les stocks de semences en 2013 promettent d'être faibles, dans un contexte de marché favorable au mais et d'une demande de génétique de qualité. Ainsi, la France devrait connaître un programme de multiplication de semences de mais en 2013 proche de celui de 2012, autour des 70 000 ha, a indiqué Luc Esprit.

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