Publié le 04/12/2012 à 15h34 /

Dans les Landes, bio rime aussi avec performance

// Si l'agriculture biologique ne représente que 2,5% de la surface agricole utile landaise, la production a considérablement augmenté durant les cinq dernières années. «Au cours de la mandature, le nombre de producteurs a doublé et les surfaces ont été multipliées par cinq», indique Bernard Berque, président de la commission bio de la chambre d'agriculture.

D'une largeur de vingt mètres, la bineuse à  dents de la marque Carré permet de travailler avec précision seize rangs en un seul passage. © Le Sillon/C. A.
La cinquième édition de la journée bio organisée par la compagnie consulaire, le mardi 20 novembre au lycée agricole de Sabres, a, encore une fois, attiré de nombreux participants. Plus d'une centaine d'agriculteurs et de techniciens, à  laquelle il faut ajouter presque autant d'étudiants, ont assisté aux interventions et aux démonstrations de matériels. La manifestation doit également son succès à  l'image professionnelle de l'agriculture bio qu'elle véhicule. Point de place pour des babas cool armés de binettes! Avec neuf fabricants de matériels présents, le bio est ici hautement technique voire technologique. «C'est exactement le bio que nous voulons développer dans le département, poursuit Bernard Berque. Le concept des AMAP (Association pour le maintien d'une agriculture paysanne) n'est pas suffisant pour répondre à  la demande du marché et des consommateurs, et on ne peut pas se contenter d'avoir 70% de produits bio importés. Gràce aux coopératives et aux débouchés qu'elles proposent, nous pouvons développer le bio dans des proportions importantes». Objectif: 10.000 ha en 2017 Concernant les grandes cultures, l'accent a été mis cette année sur le désherbage. «Il y a énormément de machines performantes, insiste Pierre Jouglain, conseiller spécialisé à  la chambre d'agriculture. Elles permettent de désherber de plus en plus précisément, même sur de grandes surfaces et peuvent tout aussi bien intéresser des agriculteurs bio, que conventionnels, pour palier la diminution du nombre de molécules disponibles». Ont été notamment présentés une bineuse à  dents de seize rangs (vingt mètres de large!) et des tracteurs équipés de RTK. «Il s'agit d'un guidage par satellite, parfois couplé à  un guidage par caméra infrarouge, pour passer au plus près de la culture». Ces engins ont une précision de deux centimètres de part et d'autre de la ligne! «Cela permet de tenir une culture propre en s'affranchissant de la chimie et en obtenant les mêmes rendements qu'en agriculture conventionnelle, à  fumure égale». Dans ce domaine, la filière se doit de fournir un amendement bio en adéquation avec la culture locale. «Dans les Landes, il y a un gisement de fientes et de plumes de volailles et de palmipèdes à  exploiter localement pour être mis à  disposition des surfaces bio». La pratique de la rotation, alternance entre des plantes gourmandes en azote et des légumineuses qui se contentent de très peu, permet également d'économiser des intrants. Des opportunités dans le soja bio «Une des légumineuses phares, c'est le soja, poursuit Pierre Jouglain. Cela tombe bien, car en la matière, il y a des opportunités à  saisir». La coopérative Terre du Sud va ouvrir une usine de trituration de graines à  Sainte-Livrade-sur-Lot (Lot-et-Garonne) et recherche 3000 hectares de soja bio sur la proche région, et notamment dans les Landes, dans le but de produire des tourteaux et de développer les filières animales en particulier le poulet bio. De quoi aider la chambre d'agriculture à  atteindre l'objectif de surfaces en bio qu'elle s'est fixé pour la prochaine mandature: 10.000 hectares en 2017. Cécile Agusti

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