Publié le 07/12/2012 à 10h48 /

Le difficile renouvellement des générations

// Seulement 19% des exploitants agricoles en France ont moins de 40 ans. Pour la grande majorité d'entre eux, ce sont des hommes qui travaillent le plus souvent en commun dans de «grandes» exploitations.

Selon le recensement agricole de 2010, la France comptait 117 000 jeunes agriculteurs de moins de 40 ans, ce qui représentait 19 % des exploitants en France métropolitaine, selon les dernières statistiques du ministère de l'Agriculture. © Réussir
Dans un autre contexte, jamais jeune n'aurait autant aimé s'entendre qualifier ainsi: rare et différent. Mais voilà , en agriculture, on se passerait bien de ces deux distinctions. D'abord, les jeunes agriculteurs sont en effet rares — seulement un agriculteur sur cinq a moins de quarante ans. Ils sont précisément 117.000. Ce qui n'est pas sans rappeler que le renouvellement des générations n'est pas assuré au sein de la profession, puisque si elle compte 12.600 nouveaux installés, 18.800 ont cessé leur activité en 2011. Ensuite, les jeunes sont différents en effet du reste des exploitants, puisque 81% d'entre eux sont des hommes contre 74% pour l'ensemble, tout àge confondu. Ce qui n'est pas, pour le coup, sans traduire que les jeunes ont pris du retard sur le chemin de l'égalité par rapport à  leurs aînés, avec seulement un jeune agriculteur sur 5 du genre féminin. Bref, ce qui distingue le jeune en agriculture n'est pour l'heure pas rassurant. Fortes disparités C'est que rappelle l'étude sur le recensement de la population agricole de moins de 40 ans, publiée le 16 novembre par Agreste, le service statistique du ministère de l'agriculture. L'analyse pointe par ailleurs les disparités: en matière de secteurs, les jeunes se font moins nombreux à  la tête des exploitations fruitières (ils représentent 13% des exploitants du secteur) et semblent en revanche plus séduits par les exploitations spécialisées en bovins/lait. En matière de régions, la Franche-Comté, le Nord-Pas-de-Calais, les Pays de la Loire et la Bourgogne s'affichent comme les plus dynamiques en termes de renouvellement des générations: un quart des exploitations, voire plus, ont au moins un jeune agriculteur à  la manoeuvre, note Agreste. La forme sociétaire privilégiée Point positif: les jeunes agriculteurs semblent plus enclins à  travailler ensemble que leurs aînés. Alors que pour tout àge confondu, 82% des exploitations ne comptent qu'un seul exploitant, seules 58% des exploitations avec un jeune agriculteur sont dirigées par un seul exploitant. Les jeunes vont en effet préférer les formes sociétaires, c'est le cas pour 60% d'entre eux (dont 23% en GAEC et 21% en EARL). Cela se traduit par le fait que près de la moitié d'entre eux travaille sur de grandes exploitations. Fait de modernité par ailleurs: pour quatre jeunes exploitants sur cinq, leur épouse ne travaille pas sur l'exploitation, tandis qu'ils sont 62% dans ce cas chez les plus de 40 ans. Cependant, lorsqu'ils sont en coexploitation, neuf jeunes agriculteurs sur dix ont un lien de parenté avec au moins un des autres exploitants. Enfin, près de 60% des moins de 40 ans ont bénéficié d'un soutien public à  l'installation par le biais d'une dotation jeune agriculteur, cette part dépasse 80% en bovins lait. À l'autre extrémité, la viticulture et le maraîchage-horticulture ont vu moins de 35% de leurs jeunes bénéficier de la DJA. Et pour fermer la marche, les femmes: seules 40% des jeunes agricultrices ont été aidées pour s'installer.

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