Publié le 07/12/2012 à 10h50 /

Deux modèles de cage collective au banc d'essai

// A l'invitation de la chambre d'agriculture des Landes, les gaveurs qui ne se sont pas encore mis aux normes ont pu découvrir deux types de cages collectives chez des producteurs récemment équipés.

Développée par Lur Berri, l'Armonia reprend le concept du parc au sol à  hauteur d'homme. Le producteur gave sans bloquer les canards, loge ouverte, avec un simple système de séparation des canards gavés et non gavés. © Le Sillon
À compter du 31 décembre 2015, tous les ateliers de gavage devront être conduits en logements collectifs. Plusieurs modèles sont à  la disposition des producteurs. Pour les aider à  faire leur choix, la chambre d'agriculture des Landes organise, depuis deux ans, des journées portes ouvertes chez des gaveurs déjà  équipés. Mardi 27 novembre, elle invitait ainsi les producteurs intéressés à  venir découvrir, dans le Tursan, deux modèles de logements mis en marché en 2012: l'Armonia de Lur Berri et la Palmistar d'Élevage Service. À la demande de son groupement Lur Berri, Hervé Dupouy, éleveur gaveur à  Castelnau-Tursan depuis 1994, a participé, avec plusieurs de ses collègues, à  la conception du parc Armonia, qui reprend le système du parc au sol, mais à  hauteur d'homme. «Le gavage traditionnel dans des parcs au sol est celui qui respecte le mieux le bien-être du canard, explique Martine Chaléon, responsable technique de Lur Berri. Mais comme le confort du gaveur est tout aussi important, nous avons adapté le concept en hauteur». Résultats techniques équivalents La particularité du logement réside dans le fait qu'il n'y a pas de système de contention. Le producteur gave sans bloquer les canards, loge ouverte, avec un simple système de séparation des canards gavés et non gavés (une loge peut en contenir jusqu'à  dix). Hervé Dupouy qui est équipé depuis près d'un an ne tarit pas d'éloges. «On a exactement la même position de gavage qu'en épinettes et on peut palper tous les jabots. Le canard est totalement libre de ses mouvements, ce qui correspond au cahier des charges de Labeyrie [débouché de Lur Berri, N.D.L.R.]. Et on gagne 15 à  20% de place par rapport aux épinettes». Le producteur reconnaît une perte de productivité, par rapport aux cages individuelles. «C'est aléatoire selon les gaveurs, mais en moyenne, pour les deux premiers repas, on perd trente minutes, puis un quart d'heure pour les suivants. Mais c'est compensé par la suite». Les performances techniques sont équivalentes, et on constate une baisse de la mortalité. Quant au nettoyage «très facile», notamment gràce à  l'abreuvoir central, il est «30 à  40% plus rapide qu'en épinettes». Des producteurs satisfaits Entièrement sans système de contention, l'Armonia offre également «une autre image du métier au consommateur pour lequel le gavage devient plus acceptable». Commercialisé par la société Axel, filiale de Lur Berri, le logement a un prix de base de 42 euros la place, automatisme et livraison comprise. Des prix préférentiels étant accordés aux adhérents de Lur Berri et Palmitou. Installé depuis 2008 à  Sorbets, David Dulau a préféré la Palmistar dont il est équipé depuis le mois d'août. Tout en inox certifié 304 (garanti anti-rouille), les loges peuvent accueillir jusqu'à  cinq canards. Le modèle se caractérise par son abreuvoir central et son système de contention électrique ou manuel, au choix. David Dulau a pris l'option électrique, et pilote même le dispositif à  l'aide d'une télécommande. «J'ai choisi ce modèle pour le service technique, le suivi et la mise en place assurés par Élevage Service, explique-t-il. De plus, j'avais pu rencontrer des gaveurs déjà  équipés. La plupart étaient satisfaits en tout cas je n'ai pas entendu de gros déçus!» David Dulau s'ajoute à  la liste des producteurs satisfaits. L'aide a été décisive «J'ai été très agréablement surpris. Au départ, j'avais beaucoup de craintes relatives à  la perte de temps et à  la dégradation des résultats techniques. Mais aujourd'hui, mes inquiétudes sont levées». S'il reconnaît que le gavage lui prend plus de temps qu'avec le système des épinettes, il a obtenu jusqu'à  maintenant des résultats équivalents à  ceux d'avant (mortalité, poids de foie). Le poids des magrets est même supérieur. Et si le bien-être animal est mieux respecté avec ses nouvelles cages, le sien s'est amélioré aussi. «La position de gavage n'est pas mauvaise, et l'ambiance dans le bàtiment est bien meilleure». D'un point de vue financier, le coût de la Palmistar dépend du nombre de places. «Il faut compter entre 46 et 50 € la place», indique Rémy Dupouy, technico-commercial chez Élevage Service. Pour sa salle de gavage de 1200 places, David Dulau a investi 80.000€ (cages, gaveuses et sols) sur lesquels il a touché une aide à  la mise aux normes de 28.000€ de la part de FranceAgrimer. «Mes cages précédentes étaient en fin de vie. Elles auraient pu faire encore un peu, mais l'aide a été décisive». Cécile Agusti Aides FranceAgriMerDepuis la mi-juillet, les 900.000€ de l'enveloppe 2012 de FranceAgriMer ont été entièrement consommés alors que les dossiers de demande de subventions étaient recevables jusqu'au 30 septembre. «Actuellement, le Cifog est en train de négocier avec les pouvoirs publics pour obtenir une enveloppe en 2013 qui servirait au rattrapage des dossiers déposés entre juillet et fin septembre2012, mais également à  de nouvelles demandes pour 2013», indique Nathalie Castetbon, conseillère palmipèdes à  la chambre d'agriculture des Landes. S'il arrive à  la décrocher, il faudra donc attendre début 2013 pour déposer de nouveaux dossiers.

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