Publié le 18/01/2013 à 14h34 /

Les producteurs de Danone se structurent pour mieux négocier

// Les associations de producteurs de lait livrant à  l'entreprise Danone ont créé, le 18 décembre dernier, l'organisation des producteurs Sud-Ouest laitier (OP SOL). Alain Lahon, président de cette organisation, revient sur les enjeux de cette initiative.

Pourquoi avoir créé l'OP SOL et où en êtes-vous? Alain Lahon » Nous avons créé l'OP SOL il y a un mois. Elle est composée, à  ce jour, des cinq associations de producteurs de lait livrant à  l'entreprise Danone sur le bassin Sud-Ouest mais les choses ne sont pas figées, les portes sont ouvertes. Notre objectif est d'obtenir l'agrément auprès des pouvoirs publics en tant qu'organisation de producteurs afin de pouvoir bénéficier de la dérogation au droit de la concurrence. En effet, seules les organisations reconnues seront habilitées à  discuter et négocier des prix et des volumes avec les industriels. Cette nouvelle étape est donc indispensable pour nous, pour inscrire dans un cadre juridique les négociations déjà  entamées avec l'entreprise depuis plus d'un an et demi. Mais pour obtenir l'agrément, nous devons maintenant récupérer les mandats de négociation et facturation auprès des producteurs. Le travail est en cours. Nous avons envoyé un courrier aux producteurs pour les informer de la création de l'OP SOL et les inviter à  nous renvoyer dans les plus brefs délais leurs mandats s'ils sont déjà  adhérents à  l'une des associations ou bien, si ce n'est pas encore le cas, à  y adhérer puis nous retourner les mandats. Justement, pourquoi avoir créé une organisation au niveau du bassin alors que des associations locales existaient déjà ? A. L. » La création de l'OP SOL est l'aboutissement d'un travail de structuration des producteurs engagé depuis plus de deux ans, suite à  l'annonce de l'abandon des outils de gestion des marchés par les pouvoirs publics et notamment la fin quotas en 2015. Nous avons toujours affiché, depuis le début, notre volonté de nous structurer au niveau du bassin car non seulement cela correspondait pour nous à  une réalité de fonctionnement mais surtout pour avoir une dimension suffisamment importante et cohérente pour peser dans les négociations commerciales avec le ou les acheteurs de notre lait. Par ailleurs, le décret OP paru au printemps dernier, impose aux organisations pour être reconnues de représenter au moins 200 producteurs de lait de vache ou 60 millions de litres de lait. Or aucune de nos associations ne remplissait ces critères. Aussi, logiquement, nous nous sommes appuyés sur l'existant et au fur et à  mesure des évolutions de la loi, nous avons adapté nos structures afin de les mettre en conformité. Cela n'a pas toujours été facile et malgré des incohérences législatives (parution décret contractualisation avant décret OP) nous avons su avancer, établir un rapport de force et montrer à  l'entreprise qu'il faudrait compter avec nous! Aujourd'hui nous concrétisons tout cela avec l'OP SOL. Quelle est la suite? A. L. » Comme je le disais, notre travail consiste à  récupérer tous les mandats afin de pouvoir déposer notre demande d'agrément lors de la prochaine commission nationale technique. Parallèlement, nous continuons à  discuter avec l'entreprise pour finaliser la rédaction du contrat-cadre. La prise en compte de nos coûts de production dans l'écriture du prix du lait reste un sujet d'actualité. Malheureusement les discussions n'ont pas abouti pour le moment. Il est aussi question de la collecte à  72 heures. Nous ne nous y sommes pas opposés mais avons exigé que l'entreprise mette en place un accompagnement financier pour réaliser les investissements nécessaires. Pour faire avancer tout cela, nous avons besoin d'être unis. C'est pourquoi, nous invitons tous les producteurs à  adhérer pour conforter le poids de l'OP SOL dans les négociations.

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