Publié le 01/02/2013 à 12h07 /

Le Sud-Ouest a bon porc

// Au terme d'une décennie de démarches, le Consortium du jambon de Bayonne a obtenu, ce mercredi 23 janvier à  Bruxelles, l'identification géographique protégée (IGP) pour valoriser, outre le jambon, l'ensemble de la carcasse des porcs élevés dans la région.

Pour Bernard Dupont, la remise de cette IGP, en plein coeur de Bruxelles par le député européen d'Anglet Alain Lamassoure, en présence du Béarnais Georges Labazée, président du conseil général, est riche de symboles ! © Le Sillon
Le 7 octobre 1998, la filière porcine régionale décrochait l'identification géographique protégée (IGP) pour le jambon de Bayonne. Cette protection aura permis de défendre le produit et de valoriser la production régionale. «38 millions d'euros ont pu être redistribués aux éleveurs en une quinzaine d'années», constate Bernard Dupont, président du Consortium. Restait cependant à  valoriser le reste de la carcasse. C'est pourquoi, dès le début des années 2000, la filière engageait une procédure similaire en vue de l'obtention de l'IGP Porc du Sud-Ouest. Ce mercredi 23 janvier à  Bruxelles, Alain Lamassoure, député européen, a remis le fameux sésame obtenu après une décennie de travail en interne et de démarches auprès des différentes instances concernées, tant nationales (INAO notamment) que communautaires. «C'est un grand moment», assure Bernard Dupont qui saluait le soutien apporté à  l'interprofession par les collectivités territoriales (conseil général et conseil régional) tout au long de la longue et difficile procédure. Le dossier avait même été ajourné par la Commission européenne, il y a 3 ou 4 ans, pour complément d'information. La revanche des territoires En séminaire à  Bruxelles pour une réflexion autour des politiques territoriales, les élus du conseil général des Pyrénées-Atlantiques ont profité de la circonstance pour organiser une soirée conviviale à  l'attention de parlementaires du Sud-Ouest et de fonctionnaires de la Commission européenne. L'occasion pour le président Georges Labazée de saluer «une très belle victoire de notre territoire» et de rendre hommage au Consortium du jambon de Bayonne et à  ses équipes. Dès le 8 juin 2012, le Journal officiel de l'Union européenne avait confirmé que «toutes les conditions pour l'attribution de cette IGP étaient réunies», rappelait Alain Lamassoure. Restait toutefois à  patienter 6 mois en cas d'éventuelles contestations. Aucune contestation n'ayant été formulée au 8 décembre, nul obstacle n'empêche désormais au porc d'Aquitaine, de Midi-Pyrénées et Poitou-Charente — et aux 1.700 producteurs de cette zone d'élevage — à  prétendre à  cette reconnaissance. Vertus nutritives Une reconnaissance qui s'appuie sur un solide argumentaire minutieusement élaboré pour justifier l'ancrage historique de l'élevage porcin (foires ancestrales et marchés aux porcelets d'antan). Justifier aussi la qualité du terroir et son aptitude pédo-climatique à  produire du mais grain denté, élément nutritionnel déterminant pour des animaux au poids-carcasse supérieur à  celui d'autres bassins d'élevage. Justifier également une réelle «notoriété» de la viande porcine régionale qui présente — les études et expérimentations le démontrent — de réelles vertus en matière d'alimentation saine et équilibrée pour les consommateurs. L'IGP ainsi obtenue ne saurait, certes, faire oublier les difficultés que connaissent les éleveurs confrontés à  la flambée des coûts de production, fait observer Bernard Dupont. Mais, au moins peut-on voir dans ce document officiel la confirmation du dynamisme de la filière et l'espoir de retombées pour tous les maillons de la chaîne. Et maintenant, le sel de Salies C'est pourquoi, après les IGP pour le jambon puis la viande, le Consortium ne veut pas s'arrêter en si bon chemin. La prochaine étape concerne les produits de salaison (saucissons). Et pour y parvenir, il importe que le sel des salines de Salies-de-Béarn (dont le Consortium avait fait l'acquisition) bénéficie lui aussi de l'IGP. Une demande en ce sens a été récemment déposée. «Le dossier est actuellement à  l'INAO et une commission d'enquête vient tout juste d'être nommée» nous confiait Jean-François Renaud, groupement Périgord Porc. L'affaire semble donc bien engagée. Par expérience, nul se prononce sur son issue mais chacun espère qu'elle sera favorable et mettra moins de temps à  arriver Bref, l'histoire continue! Guy Mimbielle

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