Publié le 04/02/2013 à 09h05 /

Les attentes de l'élevage allaitant

// À quelques jours de son assemblée générale à  Guéret, la Fédération nationale bovine (FNB) demande au ministre de l'agriculture «d'en faire plus», tant à  l'échelle nationale qu'européenne.

À la veille de l'assemblée générale de la Fédération nationale bovine (FNB) à  Guéret, les 6 et 7 février prochain, Pierre Chevalier ne craint pas de dramatiser les enjeux. Pour le président national, « la production de viande bovine est à  un virage historique ». Ou bien les entreprises, les pouvoirs publics français et communautaires donnent des signes positifs à  l'élevage, ou bien les producteurs vont basculer vers les productions végétales, estime-t-il. En effet, la production de viande bovine française a reculé de 5 % en 2012. Et elle devrait encore se rétracter de 2 % supplémentaires en 2013. Une conséquence de la décapitalisation du troupeau allaitant avec en parallèle la réduction structurelle du nombre de vaches laitières, observe la FNB. Nécessaire relèvement des prix
Les données du revenu 2012, à  peine 15 000 euros par actif et par an pour les éleveurs bovins, soit 40 % de la moyenne agricole, soulignent le manque de rentabilité et l'écart des résultats avec les productions végétales notamment. Priorité numéro un des éleveurs donc, le relèvement des prix à  la production. Certes, la tendance est à  la hausse, mais l'augmentation a été beaucoup plus rapide pour les coûts de production. Ce qui a neutralisé la marge.
La FNB compte beaucoup sur l'export pour donner un coup de pouce aux prix et dénonce l'attitude des entreprises qui font pression à  la baisse. « Le comportement de certaines entreprises est suicidaire. Elles se mettent tout doucement la corde autour du cou avant de disparaître ». En refusant d'augmenter les prix à  l'élevage, elles précipitent la baisse de production, et à  terme la fermeture d'abattoirs, d'ateliers de découpe et la suppression des emplois et la désertification des campagnes, estime Pierre Chevalier. Pourtant le contexte mondial est porteur et la demande de viande bovine devrait progresser de 15 à  25 % dans les années qui viennent, selon la FAO et l'OCDE. Il faut également interpeller les autorités communautaires. La FNB considère que la PAC post-2013 doit se positionner clairement en faveur des soutiens à  l'élevage. D'abord par le maintien du couplage de la prime à  la vache allaitante au niveau actuel de 200 euros. Cette option est largement partagée par la profession agricole et les pouvoirs publics. En revanche, la demande de surprimer les cinquante premiers hectares fourragers ne fait pas l'unanimité. Ni le Parlement européen, ni la Commission ne l'ont acté dans leurs propositions et l'initiative de Stéphane Le Foll de surdoter les premiers hectares porte sur les 50 premiers hectares de SAU et non sur la surface fourragère. Autre demande prégnante, l'assouplissement des contraintes réglementaires sur la conservation des prairies permanentes de façon à  favoriser l'autonomie fourragère des exploitations. Ainsi que le maintien du zonage des régions bénéficiaires des ICHN que la Commission envisage de réviser. « Le deuxième pilier doit favoriser dans sa déclinaison nationale l'orientation des mesures en faveur de l'élevage des ruminants » insiste la FNB qui trouve également le ministre un peu frileux en matière d'élevage et un défaut de stratégie claire en matière de réorientation des soutiens. N'a-t-il pas remis en cause l'aide à  l'engraissement qui était censé donner un coup de pouce à  la contractualisation et au développement de la production de jeunes bovins ? Alors qu'il prône par ailleurs un redéploiement des soutiens vers l'élevage Japon : fin d'embargo
Après plus de dix ans d'embargo survenu à  la suite de la crise de l'ESB, le Conseil de la sécurité sanitaire des aliments et des affaires pharmaceutiques du ministère de la santé japonais a annoncé, le 21 janvier, la reprise des importations de viande bovine française à  partir du 1er février 2013.
Cette ouverture concerne pour l'instant les bovins d'origine française (nés, élevés et abattus en France) et de moins de 30 mois.
L'interprofession bétail et viande (Interbev) se félicite de cette décision.
Depuis plusieurs années, l'interprofession intervenait auprès des autorités japonaises et des principaux acteurs de la filière viande pour faire aboutir ces négociations.

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