Publié le 15/02/2013 à 15h00 /

3A délivre une avance de trésorerie

// Sollicités par les adhérents des FDSEA du bassin, les administrateurs de 3A ont annoncé l'octroi d'une avance de trésorerie. Cette mesure reste largement insuffisante aux yeux des syndicalistes.

Voilà  désormais plusieurs mois que les éleveurs laitiers sont confrontés à  une nouvelle hausse des matières premières, tandis que le prix du lait ne suit pas. Leurs marges sont fortement affectées ainsi que leurs trésoreries, qui atteignent parfois des niveaux critiques. C'est dans ce contexte pour le moins difficile qu'une délégation composée d'adhérents des FDSEA des Landes, des Pyrénées-Atlantiques et des Hautes-Pyrénées, livrant leur lait à  la coopérative 3A, a sollicité un rendez-vous avec les responsables du groupe. La rencontre a eu lieu sur le site industriel de Lons, lundi 4 février. Elle intervenait dans le cadre d'un appel plus large de la fédération régionale des producteurs de lait (FRPL) du Sud-Ouest, visant à  entamer des négociations avec les différents établissements de collecte. Des efforts à  partager Dans une ambiance studieuse, les débats avec les administrateurs de la coopérative ont été nourris et constructifs. Les membres de la délégation, composée d'une trentaine de coopérateurs, accompagnés de Guy Doléac, président de la FRPL du Sud-Ouest, ont émis des revendications très claires. «Nous souhaitons notamment la mise en place d'un indicateur de charges au niveau du prix du lait», indiquait Laurent Baillet, président de la section lait de la FDSEA des Landes et membre de la FRPL. En outre, les syndicalistes considèrent que les efforts de compétitivité, demandés aux producteurs, doivent s'appliquer à  l'ensemble de la filière. Peu de marge de manoeuvre Disant comprendre ces arguments, les administrateurs de la coopérative mettent en avant leur marge de manoeuvre très réduite. En aval de la filière, la plupart des industriels est confrontée elle aussi à  de réelles difficultés. Ceux qui sont les plus dépendants du marché du lait de consommation souffrent, mais pas seulement. Thierry Lanuque, président de la coopérative estime les revendications «fondées et légitimes». Mais bien qu'attrayant, le modèle d'indexation du prix sur les coûts de production, à  l'image de ce qui se fait dans d'autres filières, reste difficilement applicable en ce qui concerne la production laitière. «Nous sommes sur un marché beaucoup plus dispersé», expliquent les administrateurs. Ils pointent du doigt le fonctionnement de la grande distribution, accusée de faire la sourde oreille lorsqu'il s'agit de répercuter une hausse, mais à  l'inverse, d'oublier de faire baisser les prix en rayons lorsque ceux à  la production reculent. Disposition modeste Afin d'apporter une bouffée d'oxygène aux producteurs, la coopérative a toutefois consenti l'octroi d'une avance de trésorerie. D'un montant de 15 euros pour mille litres, elle sera accordée au mois de février, selon les volumes livrés en janvier. «Nous sommes conscients que cette disposition reste modeste mais elle peut contribuer à  un soutien rapide aux trésoreries des exploitations», explique Joël Bats, administrateur. Cette avance sera recouvrée sur les paiements des mois de juin, juillet et août. Face à  ces propositions, les syndicalistes estiment «être loin du compte». Ils reconnaissent, toutefois, le manque de latitude de la coopérative. Mais les représentants de la FRPL n'en démordent pas. Ils veulent que la mise en place d'outils d'indexation fasse l'objet de discussions au sein de la filière, dès à  présent. «Sinon, j'ai peur que des choix irréversibles soient faits par certains producteurs dans les mois qui viennent», déplore Guy Doléac. Laurent Baillet revient également sur le contenu des débats et réaffirme les attentes du syndicat (lire ci-dessous). Fabien Brèthes

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