Publié le 22/02/2013 à 00h00 /

Danone prône le dialogue avec les éleveurs

// À l'image des autres entreprises de collecte, les discussions entre le groupe Danone et ses producteurs ont enregistré de nombreuses péripéties. Dès le mois de septembre, les éleveurs se sont positionnés vis-à -vis d'une demande d'aide conjoncturelle auprès de l'entreprise. La démarche n'a pas abouti. En décembre, cette requête a été reformulée, en vue de la mise en place d'un dispositif pour le premier trimestre 2013. Les producteurs ont étayé cette demande par des données objectives, à  savoir le prix moyen observé en 2012, au regard des coûts de production. Nouvelle impasse.

Les producteurs ne làchent pas le morceau. Depuis plusieurs semaines, ils remontent au créneau. Face aux problèmes de trésorerie, une série de demandes a été émise au niveau national. En dernier recours, Danone leur a proposé une aide à  la trésorerie. Octroyée sur les mois de janvier et février, elle aurait été à  rembourser durant le deuxième semestre. Le dispositif a été accueilli fraîchement. «Nous aurions souhaité lier cette avance de trésorerie à  la construction d'un indicateur de charges dans le prix du lait, explique Alain Lahon, président de l'association de producteurs Béarn/Bigorre. Le remboursement aurait été conditionné au niveau de prix observé au second semestre. Si le prix n'avait pas été satisfaisant, le remboursement aurait été annulé». «Pas seulement un emplàtre» L'entreprise restant rigide à  cette revendication, les responsables de la région Sud-Ouest ont fait le choix de décliner cette offre. «En l'état, les conditions de remboursement ne sont pas acceptables. Contraints de rembourser cette somme dans quelques mois, les éleveurs pourraient se trouver à  nouveau fragilisés». Mardi dernier, 12 février, un groupe de travail, où se côtoyaient les représentants des différentes associations de producteurs réparties sur le territoire et les responsables du groupe, parmi lesquels Dominique Nouvellon, responsable des achats lait pour Danone, s'est réuni à  Paris. Cette rencontre avait pour objectif d'engager des discussions et remettre à  plat les revendications de chacun. «Tout le monde a mis sur la table ses pistes de réflexion pour répondre aux problèmes actuels, à  savoir le manque de visibilité, la volatilité, la hausse des coûts de production, mais aussi les exigences environnementales et le fonctionnement du marché», explique Alain Lahon. Difficultés de de voir aller vite Les producteurs restent très clairement sur leur faim. Mais, ils demeurent lucides sur les difficultés pour bàtir un système cohérent dans un laps de temps limité. «On souhaite construire un système pérenne. Pas seulement poser un emplàtre. Mais cela va prendre du temps et nécessite que tout le monde y mette du sien». À l'issue de ce rendez-vous, un planning de discussion a été établi. Une rencontre mensuelle est d'ores et déjà  planifiée durant le premier semestre. Pour la prochaine, les producteurs ont sollicité la présence d'un intervenant du Cniel. Celui-ci aura la charge de présenter des données objectives, validées par le plus grand nombre. «On souhaite qu'il y ait une certaine impartialité dans les chiffres et les simulations sur lesquelles on s'appuie». Face à  l'obligation de trouver un consensus dans les plus brefs délais, les responsables professionnels et l'entreprise admettent ne pas être les seuls à  détenir la solution aux problèmes. «L'aboutissement ne pourra se faire que s'il y a une répercussion sur le prix des produits au niveau des consommateurs». Affaire à  suivre Fabien Brèthes

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