Publié le 22/02/2013 à 14h19 /

Le Bénin dans le sillon des CUMA

// Les CUMA des Pyrénées-Atlantiques poursuivent leur opération de sensibilisation à  la problématique de la mécanisation sur les exploitations béninoises.

Depuis plusieurs années, le réseau CUMA aquitain est devenu un partenaire incontournable du développement de la mécanisation agricole coopérative des exploitations béninoises. Une équipe des Pyrénées-Atlantiques, composée d'Isabelle et Jean-Luc Broca, Arnaud Charon, Cécile et David Estrabou, Claude Lacadée, Pierre Rouyer et Gilbert Sarraillé a décidé de porter son effort dans la région de Mono Couffo dans le sud du pays. L'expérience a déjà  fait ses preuves gràce aux agriculteurs membres des CUMA de Dordogne. Afin d'en témoigner, un réalisateur indépendant, Frédéric Chignac a réalisé un film : « Un long sillon, de la Dordogne au Bénin ». Il était dernièrement à  Garlin pour répondre aux interrogations des agriculteurs du canton. Cette opération de sensibilisation est indispensable au soutien de l'opération. Cette dernière comporte deux volets : un accompagnement sur place et la mobilisation, dans le département, afin d'envoyer, par container des matériels d'occasion. Problématique multiple
La problématique béninoise est constituée de multiples facettes d'ordres structurel, sociologique ou simplement technique. Conduite inadaptée des tracteurs, mauvaise utilisation des charrues, manque de mécaniciens et de pièces, tentatives de certains pays de s'approprier certaines terres arables, taux de crédits prohibitifs. « Je crains une nouvelle colonisation », déclarait Frédéric Chignac à  l'issue de la projection de son film. « Les CUMA sont un excellent moyen de résistance, une réelle alternative. Thierry Guérin, l'intervenant principal de ce documentaire est à  l'origine d'un véritable échange. Il n'y a aucun paternalisme dans tout cela ». Gilbert Saraillé va encore plus loin. « Ce qui nous anime, c'est la volonté d'amener les Béninois à  l'autosuffisance alimentaire. Pour cela nous devons, plus que jamais, insister sur la formation ». Les divers plans de mécanisation (NDLR : le PPMA est le dernier en date) mis en place par les autorités locales ont tous échoué. Les tracteurs envoyés gracieusement par la Chine, non sans arrière-pensée économique, sont loin d'être fiables et les pièces de rechanges font défaut. Des moissonneuses neuves s'entassent dans la réserve de l'État et ne sont pas adaptées à  la demande, laquelle tourne autour d'un triptyque « tracteur-charrue-remorque ».
« Il faut, poursuit Gilbert Sarraillé parvenir à  contourner ce PPMA très éloigné des besoins ». D'où l'idée de porter les efforts sur l'envoi de matériels qui, même s'ils sont d'occasion, ont fait la preuve de leur qualité et dont on peut facilement trouver des pièces pour les réparations. Mécanisation rime avec scolarisation
Cependant, sur place, les CUMA doivent se prendre en charge pour leurs investissements.
L'enjeu est capital car la mécanisation, outre des surfaces cultivées qui sont passées de 3 à  80 ha dans le meilleur des cas, permet aux enfants d'aller à  l'école au lieu de labourer les champs à  la houe. Financées dans leur action par l'État et les collectivités territoriales, les CUMA aquitaines ne sont pas là  pour mettre directement de l'argent sur la table, sauf dans des cas exceptionnels. « Nous avons fourni de petites machines pour presser et transformer les noix de palme car, autrement, cela se faisait avec les pieds ». Mais cela reste très ponctuel.
Accompagnement sur le terrain, formation au Bénin ou en France, fourniture moyennant finances restent les axes principaux pour un développement dont les Béninois doivent être le moteur. Philippe Delvallée

 Connexion à l'espace Abonné

Nom d'utilisateur: et mot de passe requis
Mot de passe oublié ? ×