Publié le 01/03/2013 à 00h00 /

La FRPL défend l'indicateur de charges

// Réunie en séminaire dans les Landes, la Fédération régionale des producteurs (FRPL) réaffirme ses positions pour lutter contre l'écroulement des marges des éleveurs. Le syndicat continue à  se battre pour un prix tenant compte de l'évolution de coûts de production.

En présence de Thierry Roquefeuil, président de la FNPL, les membres de la fédération régionale ont renouvelé leurs revendications pour un indicateur de prix. © Le Sillon
Lundi 18 et mardi 19 février, les membres du bureau de la Fédération régionale des producteurs de lait (FRPL) du Sud-Ouest étaient rassemblés dans les Landes, à  Haut-Mauco. Au travers de ce séminaire annuel, les responsables de cette vaste région, qui regroupe l'Aquitaine et Midi-Pyrénées, mais aussi les départements de l'Aude et des Pyrénées-Orientales, devaient prendre le temps d'approfondir des sujets de fonds. Bien entendu, l'actualité s'est invitée dans les débats. Depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois, les différents échelons du syndicat se mobilisent face aux difficultés rencontrées par les producteurs. Les syndicalistes ont remis leur bleu de chauffe. «La hausse des charges n'a jamais atteint de tels sommets, observe Guy Doléac, président de la FRPL Sud-Ouest. L'augmentation du coût de l'alimentation pèse fortement sur le revenu des producteurs de lait et creuse dangereusement les trésoreries». Quelques coups de pouce Ce constat peut être aisément étayé par des chiffres. Plusieurs indicateurs illustrent la situation extrêmement difficile que vivent les éleveurs. Par exemple, le ratio charges aliments achetés/prix du lait a quasiment doublé en l'espace d'un an, passant de 24% en janvier 2012 à  près de 40% en fin d'année. Depuis le début de l'année, la FRPL et ses délégations départementales ont tàché de rencontrer l'ensemble des entreprises de collecte. Le syndicat réclamait notamment un coup de pouce sur le prix du lait qui puisse couvrir la hausse vertigineuse des charges, soit environ 30 euros pour mille litres. Pour l'instant, quelques laiteries ont proposé de faire un geste, sous forme d'avances de trésorerie. Des mesures insuffisantes pour les syndicalistes, «même si cela veut dire que les entreprises reconnaissent les difficultés des producteurs», observe Guy Doléac. La pression de la distribution La plupart des industriels se réfugient derrière l'attitude de la grande distribution. Elle est accusée de rester imperméable à  toute idée de répercussion des coûts de production. «Cela dénote clairement qu'il existe un vrai problème dans les relations entre la grande distribution et ses fournisseurs de l'agriculture. Le rapport de force n'est pas la bonne méthode», déplore le président de la FRPL. Face à  cette situation, les syndicalistes entendent ne pas relàcher la pression. Ils veulent remettre tout le monde autour de la table. Au niveau national, une demande a été faite aux préfets de régions, afin d'organiser des rencontres entre les représentants de chaque maillon de la filière: producteurs, transformateurs (coopératives et entreprises privées) et distribution. Concrétiser les bonnes intentions Face aux dysfonctionnements de la chaîne, les pouvoirs publics ont la responsabilité d'agir. La Fédération nationale rappelle que le 21 novembre dernier, trois ministres ont réuni une table ronde entre distributeurs et transformateurs. Parmi les problèmes identifiés, figurait la problématique liée à  la répercussion des variations des matières premières tout au long des filières. «Cette initiative ne doit pas s'arrêter à  de bonnes intentions», commente le syndicat. L'objectif est de faire aboutir la demande concernant la mise en place d'un indicateur de charges dans le mécanisme de calcul du prix du lait. C'est la priorité absolue des syndicalistes et, à  leurs yeux, la seule issue aux soubresauts encaissés au niveau des charges. Cet indicateur doit traduire, au niveau du prix du lait, une prise en compte des hausses de charges, par les entreprises, pour qu'elles soient, ensuite, répercutées sur les produits finaux, distribués pour la plupart en grandes et moyennes surfaces. «Pour être efficace, la répercussion doit se faire du début jusqu'à  la fin de la filière. Nous nous battrons pour la création de ce système vertueux», conclut le président. Fabien Brèthes

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