Publié le 22/03/2013 à 14h24 /

Le nouveau contrat de confiance des éleveurs bovins

// En réponse au scandale de la viande de cheval, la section bovine de la FDSEA des Pyrénées-Atlantiques propose la signature d'une convention avec Lur Berri, la Celpa et l'Adelga.

Le scandale de la viande de cheval a ébranlé les éleveurs bovins. La filière, déjà  touchée par une crise profonde, n'avait certainement pas besoin de ce nouveau coup sur la tête. Pour autant, la profession ne veut pas baisser les bras et laisser s'installer le catastrophisme et la résignation. Afin de «redonner confiance aux éleveurs», la section bovine de la FDSEA des Pyrénées-Atlantiques et les JA ont décidé de rédiger une convention (lire ci-dessous) qu'ils ont soumise à  la signature de trois opérateurs régionaux: Lur Berri, Celpa et Adelga. «C'est un contrat moral, explique Maryvonne Lagaronne, membre de la section, lors de la rencontre avec les responsables de Lur Berri, ce 19 mars. Maintenant, ce qui est important, c'est de savoir ce qu'on en fait». Lors de cette réunion, éleveurs et dirigeants de la coopérative ont longuement débattu sur les six points de cette convention. «Notre but n'est pas de mettre au pilori les structures, poursuit Mme Lagaronne. L'objectif est de lancer un vrai projet pour renforcer la filière». Pour la responsable syndicale, «L'avenir de nos structures est en jeu. Il ne faut pas louper le wagon, car des trains, il n'y en aura plus beaucoup d'autre». Relancer la filière Au fil de la discussion, Lur Berri a expliqué ses orientations pour soutenir les producteurs. Par exemple, développer la filière label. «On cherche à  amener de la valorisation en mettant en avant l'image de la race Blonde», commente le président Sauveur Urrutiaguer. De plus, la coopérative, avec ses homologues, mène actuellement une grande réflexion régionale sur l'avenir des abattoirs. «Il faut trouver des débouchés pour les éleveurs, souligne Michel Idiart, président de l'organisation de producteurs bovine de la coopérative. La priorité, c'est la mise en marché, mais ce n'est pas facile. Notre premier travail, c'est de maintenir des filières pour que tout le monde vive». Sur le fond, à  l'heure de signer la convention, éleveurs et coopération ont le même objectif, analyse le président de la FDSEA, Jean-Jacques Lateulère: «Conforter le revenu des éleveurs et la filière sur notre territoire». Cet objectif est vital, selon lui. «Le monde de l'élevage est en grand danger. Aujourd'hui, il faut trouver des solutions et impulser une dynamique». «Vous le saviez, oui ou non?» Cette vision est partagée par Sauveur Urrutiaguer: «Je vous le dis du fond du coeur, on fait tout pour que la filière aille bien. Ce n'est pas facile et on a des marges de progrès. Aujourd'hui dans notre société de consommation, malheureusement la nourriture et les vêtements sont devenus la variable d'ajustement des ménages». Des propos relayés par Michel Idiart: «Quand ça ne va pas, le consommateur a un beau discours citoyen disant qu'il faut acheter de la qualité. Mais quand il passe la porte d'une grande surface, il remet son discours dans la poche et regarde son porte-monnaie». Reste que durant les débats, les éleveurs n'ont pas toujours été tendres avec les dirigeants de Lur Berri. En effet, le scandale de la viande de cheval est venu animer les discussions. «Alors, vous le saviez, oui ou non?» lance un producteur à  Barthélémy Aguerre. Le vice-président de Lur Berri et président de Spanghero ne fuit pas la question: «Nous avons été trompés par notre fournisseur, la société Draap. Mais aussi et sûrement, il n'y a pas eu assez de sérieux chez nous. Nous avons certainement manqué de vigilance». Yannick Allongue

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