Publié le 05/04/2013 à 11h53 /

Irrigation : un rapport fortement attendu

// Fin novembre, les ministres de l'agriculture et de l'environnement ont confié à  Philippe Martin, une mission sur la gestion quantitative de l'eau d'irrigation, lui demandant d'établir un état des lieux des ressources. Avant que le député du Gers ne rende sa copie qui devrait également comprendre une analyse des différents freins à  l'irrigation, les représentants de la FRSEA Sud-Ouest l'ont rencontré le vendredi 22 mars à  Auch.

Les représentants des FRSEA Sud-Ouest (Aquitaine et Midi-Pyrénées) ont rencontré Philippe Martin (au centre) chargé, par le gouvernement, de rédiger un rapport sur l'état et la gestion de la ressource en eau. © Le Sillon
Au cours de l'échange de plus d'une heure avec les responsables professionnels agricoles du Sud-Ouest, le député du Gers Philippe Martin, qui connaît bien les problématiques agricoles et qui a compris les enjeux que l'eau représentait pour les filières agroalimentaires du Sud-Ouest, s'est montré très réceptif à  leur argumentaire. Les responsables agricoles ont, bien sûr, mis en avant les spécificités de l'agriculture régionale caractérisée par des exploitations de taille plutôt modeste, pour lesquelles l'irrigation est un gage de pérennité. Le rapporteur semble avoir perçu que le maintien et le développement d'une agriculture diversifiée, de qualité, et sécurisée par rapport aux aléas et évolutions climatiques, tant en productions végétales que productions animales, passe, dans le Sud-Ouest, par une ressource suffisante en eau. La FRSEA a rappelé que la création de nouvelles ressources était une nécessité pour combler le déficit hydrique régional et que le sujet ne devait plus être tabou. Un rapporteur attentif et réceptif La délégation de la FRSEA a également mis en lumière les conséquences qu'entraînera un déficit en eau. À l'heure où tous les acteurs économiques sont mobilisés pour assurer le redressement productif du pays, les agriculteurs du Sud-Ouest sont prêts à  assumer leur part à  la condition qu'on leur en donne les moyens et qu'on ne leur mette pas des bàtons dans les roues. Les responsables professionnels ont rappelé les nombreux efforts et les changements de comportements entrepris de longue date par les agriculteurs pour optimiser l'irrigation et éviter le moindre gaspillage. De même, il ne faut pas perdre de vue que les nouvelles ressources en eau bénéficient à  toute la société en maintenant, par exemple, un niveau d'étiage minimal dans les cours d'eau durant les périodes de sécheresse. En préservant ainsi la faune et la flore aquatiques, les ressources en eau jouent un important rôle environnemental. Or, regrette la FRSEA, celui-ci n'est pas toujours pris en considération, particulièrement par l'administration qui ne facilite pas la création de ressources, pour ne pas dire plus Un usage partagé de la ressource À ce titre, la profession agricole du Sud-Ouest revendique une vraie politique de création de réserves d'eau, apte à  répondre à  tous les usages — agricoles, industriels, de loisirs, urbains, domestiques et environnementaux — dans le cadre d'une gestion rationnelle. Le député du Gers a reconnu que le débat sur le sujet était souvent plus passionnel que rationnel. De même, il s'est dit conscient du déficit actuel et de la nécessité de créer de nouvelles ressources. C'est pourquoi il a engagé les responsables professionnels agricoles à  jouer au maximum la carte du partage des usages de l'eau s'ils veulent desserrer les freins qui entravent actuellement toute démarche. La FRSEA Sud-Ouest sera donc très attentive au contenu du rapport dont elle attend avec impatience la sortie prévue pour le mois de mai.
1-  La délégation était constituée d'Henri Biès-Péré (président des FRSEA Aquitaine et Sud-Ouest), Hervé Péloffi (président de la FRSEA Midi-Pyrénées), Christophe Barrailh (président de la FDSEA des Landes) et Bernard Malabirade (président de la FDSEA du Gers)

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