Publié le 19/04/2013 à 00h00 /

Lait : un rayon d'espoir dans la grisaille

// Malgré une spirale négative, la filière laitière renferme encore des producteurs motivés, amoureux de leur métier. Exemple dans les Landes, avec Caroline Lacour et Pascal Duclap, un jeune couple plein de projets.

À l'aube de leurs carrières, Caroline Lacour et Pascal Duclap sont parfaitement conscients des difficultés qui affectent le secteur de l'élevage laitier. Pour les futurs époux, le salut passe notamment par une maîtrise de leur système de conduit
Caroline Lacour et Pascal Duclap vont se marier dans quelques mois. Elle, est originaire de Cauna, dans les Landes, à  quelques kilomètres au sud de Mont-de-Marsan. Ses parents y possèdent une exploitation laitière, qu'elle a rejoint en 2011. Lui est installé à  Montsoué, à  une quinzaine de kilomètres de là . Depuis 2006, il élève également une soixantaine de Prim'Holstein. Depuis leurs pàturages, ses vaches ont une vue imprenable sur les coteaux de Chalosse. Les deux jeunes gens vont-ils devoir bientôt investir dans une bétaillère? Peut-être, car l'un et l'autre ne vont pas simplement unir leurs vies. En effet, ils conduisent aussi une réflexion pour mener à  bien un projet de développement commun de leurs élevages laitiers. «L'idée est de regrouper les deux structures, expliquent-ils. Les vaches adultes seraient élevées sur un site et les génisses sur l'autre». Mais tout cela ne sera pas improvisé. Une étude est actuellement en cours afin de chiffrer les investissements nécessaires et la rentabilité du nouveau système. D'abord un métier Aujourd'hui, les quotas des deux exploitations s'élèvent à  420.000 litres de lait pour l'un, 394.000 litres pour l'autre. La famille Lacour (EARL Caroline) dispose également d'une activité de vente directe, à  hauteur de 62.000 litres de lait chaque année. En restructurant leurs systèmes, les futurs époux visent une production d'environ 600.000 litres de lait. Leur priorité est de dégager un revenu suffisant, tout en conservant du temps libre. Ainsi, l'activité de vente directe devrait être mise de côté. Dans le contexte actuel, de tels projets se font de plus en plus rares au sein de la filière laitière. Les chiffres font plus souvent état de cessations d'activités que d'intentions de développement. Pourtant, les deux jeunes éleveurs croient dur comme fer en l'avenir de leur profession. Même si le projet de fusion n'aboutit pas comme ils le souhaitent, ils resteront engagés, quoi qu'il arrive, dans cette production. «Ici, on n'atteint peut-être pas les densités observées dans d'autres régions, mais le Sud-Ouest reste un bassin laitier important, observent-ils. Les outils de production sont là  et il faudra toujours des éleveurs». Caroline et Pascal sont parfaitement conscients des contraintes actuelles et des écueils qu'il faudra éviter à  l'avenir. L'élevage laitier est pour eux une passion, mais c'est abord leur métier. Toutes leurs démarches vont donc dans le sens de la rentabilité. Changement de conduite Dans le secteur de l'élevage, les producteurs connaissent aujourd'hui une période de rupture avec les conduites traditionnelles. Avec la flambée des matières premières et la stagnation du prix du lait, la maîtrise des coûts de production est devenue une préoccupation capitale. Sur leurs exploitations respectives, les deux jeunes éleveurs ont déjà  appréhendé ces exigences. Ils conduisent leurs troupeaux de manière à  réduire au maximum les charges alimentaires. Par exemple, Pascal Duclap a pris l'habitude d'implanter des prairies dérobées derrière les récoltes de mais ensilage. Le jeune homme valorise aussi ses surfaces fourragères par l'implantation de prairies temporaires, composées d'un mélange de graminées. Durant la période de pàturage, cela lui permet de diviser par deux les apports de correcteurs azotés. «On sait que nous devons encore optimiser nos coûts de production et la qualité du lait, complète le jeune couple. Ce sont des facteurs essentiels pour renforcer les marges». Ne pas rester isolés Dans ce travail permanent d'amélioration technique, l'un et l'autre s'appuient sur l'accompagnement proposé par le Contrôle laitier. «Pour nous, c'est un soutien très utile. Nous ne sommes pas seuls, isolés sur notre exploitation Cela nous permet de prendre du recul par rapport à  notre système». En outre, ils notent que la structure propose un service toujours plus complet. Ils évoquent notamment l'aide pour le calcul des prévisionnels de production, très utiles vis-à -vis du fonctionnement de leur coopérative. L'évaluation des résultats économiques constitue également, pour eux, un élément précieux en vue du pilotage de leurs structures. Là  encore, leurs principales préoccupations se situent au niveau de la qualité du lait et de la maîtrise des charges. Malgré les réalités actuelles, les futurs époux restent animés par un grand enthousiasme. Pour illustrer leur état d'esprit, ils se plaisent à  utiliser une métaphore sportive. «Nous sommes encore au début de notre carrière. C'est un peu comme lors d'un match. Si nous ne sommes pas confiants maintenant, cela ne sert à  rien d'y aller». À n'en pas douter, il devrait y avoir pour quelque temps encore, sur les hauteurs de Montsoué, des vaches qui admirent les collines chalossaises. Fabien Brèthes

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