Publié le 24/05/2013 à 17h23 /

Un porc français à  revaloriser

// Les éleveurs de porcs de la FDSEA-JA des Landes et des Pyrénées-Atlantiques se sont mobilisés à  Mont-de-Marsan pour obtenir une hausse des prix et la mise en avant dans les étals de la viande de porc française.

Comme un peu partout en France, les éleveurs porcins se sont mobilisés à  Mont-de-Marsan (notre photo) à  l'appel du syndicalisme majoritaire. Ils réclament une revalorisation du prix et la mise en avant, dans les rayons, de la viande de porc françai
Depuis plusieurs mois, la FNSEA et ses associations spécialisées dénoncent les situations économique et financière catastrophiques de l'ensemble des filières d'élevage. Les coûts de productions, notamment l'alimentation, toujours à  la hausse, ne sont pas compensés par des revalorisations de prix payés aux producteurs. Résultat, les exploitations agricoles sont aujourd'hui confrontées à  de graves problèmes de trésorerie qui pourraient conduire de nombreux éleveurs à  la cessation d'activité. Après les producteurs de lait, c'est donc au tour des éleveurs de porc de manifester leur mécontentement. Depuis 2007, ils perdent de l'argent. «Le porc est certainement la production la plus en difficulté en France» estime Jean-Michel Serres, président de la Fédération nationale porcine (FNP). Conséquence, le cheptel porcin français s'effondre. À la fin de l'année, il atteindra 23 millions de têtes, contre 25 millions en 2010. Pour quelques centimes Aujourd'hui, 1kg de porc coûte 1,7 5euro à  produire et est acheté à  l'éleveur 1,50 euro, alors que ce dernier respecte des normes élevées de production que le consommateur ignore. «Il manque 25 centimes du kilo carcasse pour que nos activités soient rémunératrices. Ce n'est pas un problème de compétence des éleveurs, mais d'explosion des cours des céréales». Une hausse de 25 centimes d'euro le kilo se traduirait par à  peine 3 à  4 centimes d'augmentation sur le prix à  la consommation d'une tranche de jambon cuit et de 7 centimes sur une côte de porc, selon la FNP. Les producteurs déplorent aussi que les efforts réalisés pour mettre en avant l'origine française dans les linéaires et financés par les producteurs dans le cadre de l'interprofession Inaporc ne soient pas toujours suivis d'effet par les transformateurs et les distributeurs. 40% seulement des références dans les linéaires sont identifiés viande porcine française (VPF). Opérations syndicales La Fédération nationale porcine a donc appelé les producteurs de porcs à  se mobiliser massivement, dès le 14 mai dernier, afin de partager le constat et d'obtenir des réponses auprès des distributeurs, mais aussi des pouvoirs publics. Dans une trentaine de départements, des vérifications des origines des viandes avec inspection des cargaisons des camions et des étals des supermarchés ont été menées. Des actions «coup-de-poing» ont été engagées dans les entreprises d'abattage et de transformation. Ce mercredi à  Mont-de-Marsan, une dizaine d'éleveurs de porc FDSEA-JA des Landes et des Pyrénées-Atlantiques a investi les rayons boucherie charcuterie de l'hypermarché Leclerc pour une action de stickage VPF et de sensibilisation des consommateurs. Des clients très réceptifs au message des agriculteurs en colère, les encourageant à  poursuivre leur action notamment quant à  l'information sur l'origine des produits. «Exigez le logo VPF!» Le groupe a aussi rencontré le directeur du magasin et des responsables du rayon boucherie pour leur expliquer ses revendications. «Les salaisonniers savent s'appuyer sur la notoriété du made in France pour la promotion de leurs produits, mais ils n'ont aucun scrupule à  importer du porc de pays qui ne respectent pas les normes françaises très exigeantes, explique Gilles Pécastaing, le président de la section porc de la FDSEA des Landes. Une viande qui n'est pas moins chère, mais qui maintient nos prix à  des niveaux trop bas pour que nos exploitations puissent être rentables. Si on continue ainsi, il n'y aura plus de production en France alors que les consommateurs veulent du local! Alors, exigez de vos fournisseurs une viande estampillée VPF». Pierre Moureu, éleveur à  Mazerolles et administrateur à  la FNP, enchaîne sur la nécessaire revalorisation du prix: «Ne nous dites pas que le pouvoir d'achat des Français est en jeu car il ne s'agit que de quelques centimes de hausse pour le consommateur! L'enseigne Super U a accepté une revalorisation de 30 centimes de la base cadran. Faites en de même». Lente agonie Aux clients, il précise: «Il ne faut pas croire que la concurrence est dure entre les enseignes car il n'y a que six acheteurs pour 65 millions de consommateurs. Ils sont tout puissants! On est aux limites du système. Un fleuron de l'économie française, l'agroalimentaire, risque de quitter nos territoires, avec ses emplois, et son excédent commercial». À la réflexion d'un responsable de rayon — «Ils n'ont qu'à  changer de métier s'ils ne gagnent pas leur vie» —, la réponse de Gauthier Moureu, des JA64, est vive: «Connaissez-vous les investissements nécessaires à  un élevage de porcs? Vous êtes vous déjà  trouvés face à  moins 90.000 euros de trésorerie? Pensez-vous que les distributeurs aient les mêmes difficultés? Je suis pieds et poings liés à  mes banques!» Cette action s'inscrit dans la poursuite de la pression syndicale pour l'élevage, avec en perspective le rassemblement du 23 juin à  Paris. La mobilisation des producteurs ne faiblit pas Dominique Maurel

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