Publié le 29/07/2013 à 15h10 /

Euralis à  l'épreuve du climat

// Retards ou impossibilité de semis, parcelles inondées, stocks de fourrages largement entamés Dans notre région, chacun, dans son exploitation, est hélas bien placé pour mesurer les conséquences de la douloureuse actualité agroclimatique, au terme du premier semestre 2013. Nous ne sommes qu'en juillet, mais d'ores-et-déjà , 2013 apparaît comme une «année particulièrement mauvaise», témoigne ainsi Christian Pèes. «La pire depuis 2003» et sa sévère sécheresse estivale, estime le président du groupe Euralis, qui a fait un point sur les incidences de cette situation pour son groupe coopératif.

Le président d'Euralis salue le travail de toutes les équipes techniques de la coopérative pour l'accompagnement des agriculteurs de la région, confrontés depuis des mois à  une situation agroclimatique désastreuse. © Le Sillon
Fort logiquement, l'année sera aussi «très mauvaise», pour la coopérative qui est «le prolongement de l'exploitation» ne manque pas de rappeler le président du groupe coopératif Euralis. Cette fois-ci, ce n'est pas le manque d'eau qui est en cause! «Un enchaînement de 5 à  6 mois sans pouvoir travailler: personnellement, j'avais jamais vécu çà » avoue Christian Pèes, lequel fait aussi remarquer que beaucoup d'exploitants ont dû semer deux fois Les cultures implantées dans des conditions déplorables seront plus sensibles aux autres possibles accidents climatiques (dont la sécheresse!). Et, une multitude de parcelles n'a pas été semée du tout: au total 5.000 hectares pour Euralis, essentiellement en Béarn et Bigorre. 5.000 hectares de mais non semés Moins 15%? Moins trente? Moins quarante? Il est évidemment prématuré de chiffrer, précisément, la baisse des rendements. Mais chacun sait que les pertes seront déjà  bien réelles et localement véritablement catastrophiques. La diminution de la collecte de mais et des productions contractuelles (légumes et semences) augure en effet d'une baisse sensible des résultats de l'exercice. D'autant que l'activité de la coopérative a été bouleversée afin de répondre, dans l'urgence et tant que faire se peut, aux attentes des agriculteurs. À situation exceptionnelle, mobilisation exceptionnelle: un accompagnement particulier a été mis en oeuvre auprès des éleveurs qui «ont dû taper dans leurs stocks de fourrages», voire rationner leurs animaux. Immanquablement, les pratiques auront des impacts négatifs à  long terme sur les troupeaux (notamment en termes de fécondité). Pertes sèches à  tous les niveaux Pour les producteurs de mais, l'impossibilité d'implanter les variétés tardives habituelles aura nécessité le changement de 40.000 doses de semences afin de mettre en culture des variétés plus précoces pour quelque 25.000 hectares. Ce type d'opération occasionne des pertes sèches pour la coopérative et laisse en suspens diverses interrogations pour l'avenir Quid des rendements? Quid des semences reprises par la coopérative traitées au Cruiser et donc non utilisables l'année prochaine? Aux producteurs de mais doux, il a été proposé des solutions alternatives (du haricot vert) mais «dans des conditions, loin d'être optimales», reconnaît M. Pèes. (En savoir plus) Les agriculteurs multiplicateurs de semences vivent eux aussi une période calamiteuse. Certes, le plan de production a été réalisé à  quelque 80% ou 90% mais, là  aussi, l'implantation des cultures s'est faite dans les pires conditions avec des surcoûts particulièrement élevés. Les pertes prévisibles conduisent les responsables d'Euralis à  envisager d'ores-et-déjà  de recourir à  une production en contre-saison. En l'occurrence: en Amérique latine, ce qui n'enthousiasme guère Christian Peès qui craint une exposition accrue au risque de trace d'OGM pour les variétés cultivées dans cette région du monde. Ce n'est qu'un début Autre conséquence directe pour la coopérative, la météo a impacté l'activité de sa branche distribution vente en agrofourniture, jardinerie, animalerie. Le chiffre d'affaires du réseau de vente des 76 magasins Point vert devrait enregistrer un recul de 10 à  15% Au terme de cet inventaire — incomplet et provisoire —, le président entend saluer «l'effort considérable et le bon boulot» réalisé en interne par toutes les équipes techniques dans un contexte inédit où il aura fallu «explorer des zones pas connues agronomiquement». Mais le rôle d'accompagnement qu'a mené la coopérative auprès des exploitants n'est pas pour autant achevé. Compte tenu des conséquences prévisibles dans les fermes, il est à  craindre que cet accompagnement ne fasse que commencer Guy Mimbielle

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