Publié le 27/09/2013 à 10h02 /

« Pas de bla-bla, mais du concret »

// Avec la participation de leur présidente nationale Karen Serres, les agricultrices de la région ont échangé sur le fonctionnement de leurs commissions, leurs objectifs et sur les dossiers portés au niveau national.

Karen Serres (écharpe rouge) aux côtés de l'ancienne présidente régionale Sylvie Lafourcade (à  sa gauche) et de la nouvelle élue, Marie Hélène Cazaubon (à  sa droite) pendant la visite de la ganaderia Alma serena à  Cauna.
Les membres de la commission régionale des agricultrices d'Aquitaine se retrouvaient mardi 17 septembre à  la ganaderia « Alma serena », chez Corinne Bats à  Cauna (Landes). La présidente de la commission nationale, Karen Serres, était conviée pour des échanges à  bàtons rompus, francs et sans tabou, comme le souhaitait la responsable nationale.
La rencontre a démarré avec un tour d'horizon des actions dans les départements. La commission des Landes affiche une belle dynamique. L'implication de l'animatrice de la FDSEA apporte une aide précieuse aux actions menées, tant dans le domaine de la communication que de la formation ou du soutien aux agricultrices Des commissions  à  redynamiser
En Gironde et dans les Pyrénées-Atlantiques, les présidentes avouent avoir des difficultés à  motiver des troupes fort clairsemées. « Je ne sais pas comment redynamiser cette section. Beaucoup d'agricultrices préfèrent prendre des responsabilités au sein d'autres structures mixtes, sans doute plus valorisantes » regrette la représentante des Pyrénées-Atlantiques, Maryse Hounieu. Karen Serres en est convaincue, « il faut oser organiser ne serait-ce qu'une action. Il ne faut pas attendre d'être nombreuses. Sinon, on n'y arrive jamais. On choisit une action à  quatre ou cinq et on fonce. Les autres suivront ». Ensuite, elle donne le conseil de commencer avec des actions très concrètes sur le terrain, non des réunions qui n'attirent pas trop. « Par exemple, tu appelles des agricultrices pour proposer de tenir un stand dans une manifestation. C'est sur, elles viendront et à  partir de là , on peut envisager d'autres choses ». Dans tous les cas, « la pire des choses pour un syndicaliste est de n'avoir rien à  faire. Il faut toujours avoir des objectifs concrets. Nous, les femmes, nous n'aimons pas le bla-bla ».Elle précise par ailleurs que quelles que soient les actions choisies, « elles doivent aboutir à  un retour concret sur l'exploitation, notamment un revenu ». Par exemple, les opérations de communication en direction du grand public vont dans ce sens car « pour que l'agriculture ait de l'avenir, il faut que le citoyen reconnaisse son rôle ». À celles qui auraient l'idée de remettre en cause l'utilité de cette commission agricultrices et qui verraient volontiers plus de mixité, la présidente nationale répond clairement : « La mixité est une ouverture utile et nécessaire mais si elle est permanente, la commission cesse d'être un lieu d'expertise sur des sujets très spécifiques ». Par ailleurs, elle estime que les agricultrices ont une vision du métier différente de celle des agriculteurs, d'autant plus que souvent elles ont suivi des formations initiales variées et ont exercé un autre métier avant leur installation en agriculture. « Elles doivent s'autoriser à  être différentes tout en ayant l'égalité des droits, à  faire des choix différents qui leur correspondent en tant que femmes. Notre combat se situe dans un cadre professionnel ». Au niveau national, la commission se mobilise en priorité sur deux dossiers : les EARL et les congés maternité. La reconnaissance des associés au sein des sociétés agricoles, à  savoir rendre égaux tous les exploitants au regard des aides (transparence), est un combat ancien de la commission nationale. Le dossier est revenu sur le devant de la scène avec la surprime aux 52 premiers hectares. La transparence est possible en GAEC, mais pas en EARL, société qui concerne de nombreuses agricultrices installées avec leur conjoint. Pour les congés maternité, la commission a obtenu, suite à  des années d'actions syndicales, la même durée de temps de prise en charge pour une agricultrice que pour une femme salariée. Aujourd'hui, de nombreuses agricultrices ne profitent pas pleinement du dispositif. Les méthodes de diffusion de l'information ainsi que l'incitation, à  ce que chaque agricultrice qui accouche puisse bénéficier pleinement de la totalité du droit qui lui revient, sont un chantier majeur. Après cette matinée studieuse, l'après-midi fut consacrée à  la visite de la ganaderia, avec présentation de l'élevage si particulier des taureaux de combat, mais aussi explications de la tradition qu'est la corrida pour celles qui ne connaissaient pas. Dominique Maurel Nouvelle présidente
En cette année élective, Sylvie Lafourcade, présidente de la commission régionale, a souhaité passer le flambeau. Durant les neuf ans de son mandat, son objectif principal aura consisté à  « défendre les intérêts des agricultrices dans différentes instances, mais aussi à  inciter les femmes à  ne pas se laisser marcher sur les pieds et à  prendre des responsabilités dans le milieu agricole. Nous manquons parfois de confiance pour cela ». Elle est remplacée par Marie-Hélène Cazaubon, présidente de la commission landaise. Karen Serres a félicité la nouvelle présidente et remercié Sylvie pour son travail, saluant sa décision de permettre à  une autre de prendre à  son tour des responsabilités.

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