Publié le 12/11/2013 à 00h00 /

La France du mais à  rendez-vous à  Biarritz

// Les journées nationales du mais qui se tiennent les 13 et 14 novembre à  Biarritz seront, en grande partie, consacrées aux assemblées générales des différentes instances qui composent l'association générale des producteurs de mais. Au programme également, une conférence-débat sur le thème «mais: culture de l'intensification» et l'intervention de clôture de Pascal Ferey, vice-président de la FNSEA, responsable de la commission environnement.

La problématique environnementale avec le verdissement de la PAC constitue à  la fois un défi et un enjeu majeur pour la filière maisicole. On se souvient que, suite aux annonces de François Hollande lors du Sommet de l'élevage, le président Christophe Terrain s'était montré très critique, parlant de «choix inappropriés qui créeront des difficultés aux grandes cultures sans résoudre au fond celles de l'élevage». Les céréaliers craignent que l'enveloppe des soutiens économiques en Francesoit fortement amputée. Il en résultera alors de lourdes pertes de revenu et des distorsions de concurrence face à  leurs homologues européens, notamment les Allemands. Environnement, verdissement Tous ces concepts seront très présents lors des journées de Biarritz. D'autant que «l'agriculture de notre région, qui bénéficiait de DPU historiquement élevés du fait de la prise en compte des spécificités mais dans l'ancienne PAC, sera très impactée», font remarquer les responsables béarnais de l'AGPM Jean-Michel Patacq et François Laborde. Deux responsables qui, avec le président de la section céréales de la FDSEA des Pyrénées-Atlantiques, Bernard Artigusse, sont très mobilisés sur le dossier du verdissement, notamment pour obtenir la reconnaissance du mulching. Lors de récentes rencontres avec des parlementaires, ils ont expliqué aux élus tout l'intérêt de ce mode de gestion des résidus de culture dont les atouts environnementaux ne sont plus à  démontrer. Épilogue d'une année calamiteuse Au-delà  de ces dossiers d'actualité, un congrès national «c'est aussi l'occasion de mettre un coup de projecteur sur le département qui reçoit» insistent ces mêmes responsables. Les producteurs des Pyrénées-Atlantiques auront donc à  coeur de montrer à  tous leurs collègues venus des différents coins de l'Hexagone l'importance que revêt cette culture dans le bassin de l'Adour et le grand Sud-Ouest. «Le mais constitue un socle sur lequel reposent de nombreuses filières en Aquitaine» insiste François Laborde. Mais, cette année, «notre région est fortement impactée par des conditions agroclimatiques désastreuses». Quelque 5.000 hectares de semis n'ont pu être réalisés et une multitude d'autres ont été fortement retardés: «C'est du jamais vu». «Les derniers semis ont été faits le 4 juillet», précise B. Artigusse, selon lequel beaucoup d'agriculteurs ont semé «par obligation» afin de pouvoir assurer l'alimentation de leurs animaux. Ces conditions printanières font, qu'aujourd'hui, seuls les ensilages ont bien avancé. Mais, cette année, «il y aura eu beaucoup plus d'hectares ensilés pour beaucoup moins de tonnage récolté», constate F. Laborde. Les producteurs de semences et de mais doux ont, eux aussi, été fortement impactés: des cultures de remplacement ont certes été mises en place mais avec une rentabilité moindre. Quant à  la collecte de grain, elle démarre à  peine. Les premières parcelles moissonnées sont celles qui ont le plus souffert: fort logiquement, les rendements y sont très faibles. On s'attend donc à  une récolte très tardive (jusqu'en décembre, voire janvier) avec les risques inhérents à  cette saison (pyrale, gelées, risque de sols détrempés). Moral en berne Cette perspective de recul des rendements dans notre région se conjugue avec une baisse du prix qui s'explique par les excellentes récoltes ailleurs dans le monde, notamment aux USA et en Ukraine. Cette «double peine» n'est pas de nature à  remonter le moral de nombreux agriculteurs «déjà  très éprouvés cette année», s'inquiète Bernard Artigusse. D'où la nécessité de rester mobilisés sur différents dossiers. L'interdiction de certaines molécules de traitement des cultures (néonicotinoides) demeure ainsi un sujet majeur de préoccupation, rappelle Jean-Michel Patacq. Idem pour la politique de l'eau: la récente levée du moratoire sur les financements des retenues par le ministre de l'écologie, Philippe Martin, constitue, certes, «une bonne nouvelle» mais il faut aller bien au-delà  «par une politique ambitieuse de stockage dans notre département». Guy Mimbielle Le programme des journées sur en cliquant ici Chalmin à  la FNPSMSLors de ces journées nationales, se tiendront successivement les assemblées de la CEPM (confédération européenne), de l'AGPM mais doux, de l'AGPM mais semences,
de la section mais de l'Union française des semenciers (UFS), des Irrigants de France et de l'amicale des anciens du mais
La journée du 14 sera marquée par la présence de Philippe Chalmin, économiste et professeur à  l'université Paris-Dauphine à  l'assemblée de la Fédération nationale de la production des semences de mais et sorgho (FNPSMS). L'universitaire, qui est aussi président de l'observatoire de la formation des prix et des marges, évoquera les perspectives du marché du mais dans le monde.

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