Publié le 22/11/2013 à 00h00 /

Chez Maisadour, des filières avicoles qui avancent

// Malgré une campagne délicate, marquée par des coûts de production élevés et les aléas climatiques, les productions de volailles et de palmipèdes du groupe Maisadour entrevoient des perspectives favorables.

Dans un exercice 2012/2013 caractérisé par une nouvelle hausse des coûts de production, les responsables des organisations de producteurs de volailles et palmipèdes de Maisadour ont unanimement salué le choix de maintenir le système d'indexation. ©
La situation de la filière avicole bretonne, actuellement sous les feux des projecteurs, est revenue à  maintes reprises dans la bouche des responsables professionnels de Maisadour. Les organisations de producteurs de volailles et palmipèdes du groupe coopératif tenaient leurs assemblées générales, mardi 5 novembre à  Hagetmau. Sans porter de jugement, la question bretonne a été évoquée en termes de positionnement commercial. Si la Bretagne est principalement orientée vers les volailles standards, le Sud-Ouest s'est tourné en grande partie vers les productions sous signes officiels de qualité. Un choix de différenciation qui permet aujourd'hui à  la filière régionale d'entrevoir une dynamique plus favorable. Un contexte difficile En effet, les productions animales du groupe Maisadour poursuivent leur développement. Certes, leur vie n'est pas un long fleuve tranquille, à  l'image de la dernière campagne, marquée par des épisodes difficiles. Malgré tout, ces filières restent attrayantes et des opportunités d'installation existent. En aval, le pôle agroalimentaire de la coopérative continue sa restructuration, autour d'une stratégie claire de montée en gamme. Pour comprendre le bilan de l'exercice 2012/2103, clôturé au 30juin, il faut se replonger dans le contexte de cette période. Avec un prix de céréales surfant sur le haut de la vague, des coûts de production particulièrement élevés étaient une nouvelle fois au rendez-vous. Du côté des producteurs, le maintien du principe de l'indexation a permis de protéger le revenu. Mais ce choix défendu par les administrateurs de la coopérative est loin d'être anodin. Un modèle économique à  toute épreuve À l'autre bout de la filière, les entreprises de transformation ont encaissé les contrecoups, car quelle que soit la production, les hausses des coûts de revient n'ont pu être totalement répercutées sur leurs prix de vente. «Pour les agriculteurs, le modèle économique de notre coopérative a fonctionné à  plein, commente Thierry Blandinières, le directeur général du groupe. On a payé le mais à  son maximum selon les cours tout en maintenant le système d'indexation à  100%». Le bilan du pôle agroalimentaire s'en ressentira implacablement. Parmi les faits marquants de la dernière campagne, il est également impossible de passer sous silence les aléas climatiques du printemps dernier. En production de volailles, «la météo calamiteuse s'est traduite par une dégradation de la qualité des animaux et des performances techniques», explique Bernard Tauzia, le président du groupement des producteurs. En plus de la baisse de la marge des éleveurs, cette situation a eu des répercussions sur les plannings de mises en place. Un phénomène qui explique, en partie, la baisse de production de 2% enregistrée au cours de la campagne. Le label toujours en développement Au total, plus de 17 millions de volailles ont été produits durant l'exercice 2012/2013. Avec près de 5 millions de têtes, les poulets jaunes élevés en liberté représentent à  eux seuls près du tiers des volumes. Sur le plan commercial, les derniers mois ont été marqués par un contexte très concurrentiel, «avec des promotions fortes et très agressives menées par les entreprises», explique Bernard Tauzia. Dans ce contexte, la capacité à  vendre hors des opérations de promotion fait partie des défis commerciaux de la filière. Malgré tout, la tendance générale de consommation reste plutôt bonne pour les volailles sous label rouge, particulièrement les poulets jaunes. Ainsi, le groupe mène un plan de développement de la production. Un objectif de construction de cent bàtiments de 400 mètres carrés est toujours en vigueur. Un peu plus de la moitié du chemin a été parcouru et 25 projets supplémentaires sont dans les tuyaux pour 2014. Vingt nouveaux producteurs sont également recherchés dans le système d'élevage en bàtiments de 60 mètres carrés. Pour attirer les candidats, Maisadour propose une série de mesures facilitatrices (aides directes, prêts à  taux 0, crédit-bail). Le groupe met également en avant les innovations techniques réalisées au niveau des équipements d'élevage. Quid de la mise aux normes? Du côté des producteurs de palmipèdes, les soucis d'élevage rencontrés au printemps ont été similaires. La présidente, Chantal Brèthes, évoque aussi les épisodes caniculaires de l'été qui ont rendu difficile le travail des gaveurs. Malgré tout, les performances techniques moyennes ont été à  la hauteur des ambitions. Sur le plan commercial, la dynamique est quelque peu différente de celle de la production de volailles label rouge. Globalement, la filière foie gras est plutôt dans une période de maîtrise des volumes. Cependant, le spectre de la mise aux normes des ateliers de gavage laisse présager un besoin de renouvellement. En effet, une frange non négligeable de gaveurs pourrait cesser la production d'ici deux ans. À ce titre, les responsables professionnels tirent le signal d'alarme. «Il est clair qu'on ne mettra plus un seul canard dans les épinettes à  compter du 1er janvier 2016», affirme Chantal Brèthes. Pour l'heure, 44% des producteurs de Maisadour ont franchi le cap. Afin d'encourager les autres, le groupe a mis en place un dispositif financier. Son intitulé résume le concept: «investissez en 2014, ne payez qu'en janvier2016». Fabien Brèthes

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