Publié le 10/02/2014 à 10h33 /

La campagne encore sous les eaux

// Les Landes et les Pyrénées-Atlantiques viennent de connaître un des épisodes de crue les plus importants des deux dernières décennies. Si les inondations observées dans les centres-villes et les bourgs ont été largement rapportés, les campagnes ont elles aussi connu de grosses difficultés. La propagation des eaux s'est faite de façon naturelle dans les terres agricoles. Les cultures de printemps n'étant pas encore en place, les dégàts sur l'agriculture semblent relativement isolés, mais ils peuvent être parfois importants, notamment sur les vergers de kiwi. Les productions végétales pérennes et les installations sont particulièrement concernées.

Outre les habitations, de nombreux bàtiments agricoles ont été inondés tout au long des vallées de l'Adour et du Gabas, mais également à  proximité de nombreuses rivières et cours d'eau qui, complètement saturés, sont sortis de leur lit . Dans certains secteurs, notamment ceux proches des barthes de l'Adour, les éleveurs se sont retrouvés dans des situations difficiles. Plusieurs étables ont dû être évacuées dans le Sud-Adour. Des stations d'irrigation ont aussi été endommagées. En débordant, les cours d'eau ont parfois fortement endommagé les terres agricoles, y déposant arbres et autres détritus. Des cas spectaculaires ont été observés sur le canton de Salies-de-Béarn. Enfin, le ruissellement de l'eau et des glissements de terrains semblent aussi être à  l'origine de dégàts sur des installations avicoles. Un dossier calamité pour les kiwis Aux confins des Landes et les Pyrénées-Atlantiques, dans les secteurs du bas-Adour et des gaves, les kiwiculteurs ont une nouvelle fois été durement frappés. «Depuis que les vergers sont en place, nous n'avions jamais connu une inondation d'une telle ampleur», avoue Jean-Marc Benquet, secrétaire général de la FDSEA des Landes et lui-même producteur de kiwi. Les Gaves et l'Adour sont sortis de leur lit dès le week-end du samedi 25 et dimanche 26 janvier. Depuis, l'eau n'a toujours pas quitté la plupart des parcelles situées en bordure des cours d'eau. Un tel phénomène aura plusieurs conséquences. Ainsi, dans certains vergers, heureusement rares, les pieds ont été carrément coupés ou arrachés. La violence du courant lors de la montée des eaux, conjuguée à  la présence de nombreuses pailles au sol à  cette période de l'année, est à  l'origine de l'arrachement des lianes. Aggravation du printemps 2013 Des phénomènes d'érosion des berges ont également été constatés. Mais la plus grosse problématique reste sans doute l'asphyxie des plantes. En effet, le maintien immergé des pieds et des racines depuis plusieurs jours pourrait causer de graves préjudices pour les producteurs. D'autant que la plupart de ces parcelles ont déjà  subi deux épisodes similaires durant le premier semestre 2013. En se retirant, l'eau laisse aussi sur place de grandes quantités de déchets et de sédiments qui viennent souiller les lianes et les charpentières. Selon la nature de ces dépôts, le préjudice pourrait être durable. «S'il s'agit de sable, ce n'est pas trop grave, mais lorsqu'une couche imperméable d'argile se dépose, le phénomène d'asphyxie peut être augmenté», note Jean-Marc Benquet. Garder les preuves Aussi longtemps que les eaux ne se seront pas évacuées, les dégàts resteront difficilement quantifiables. Les grands coefficients de marée du dernier week-end a encore repoussé l'échéance. En attendant, les responsables professionnels, en relation avec l'administration et les collectivités, sont déjà  mobilisés. Une première visite sur le terrain a été réalisée dans la semaine. De leurs côtés, les FDSEA des Landes et des Pyrénées-Atlantiques réfléchissent à  la mise en oeuvre d'une action de solidarité, devant l'abondance de travaux à  réaliser pour nettoyer les vergers. De plus, l'ouverture d'un dossier calamité devrait également être demandée. Dans cette perspective, les responsables professionnels invitent les producteurs à  conserver des photographies qui permettent d'attester des dégàts subis par leurs parcelles. Fabien Brèthes

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