Publié le 21/03/2014 à 15h42 /

Un nouvel élan pour la Celpa

// Quelques semaines après avoir annoncé son union et sa prochaine fusion avec la coopérative Euralis, la Celpa (Coopérative d'élevage des Pyrénées-Atlantiques) tenait son assemblée générale le jeudi 6mars dernier, à  son siège d'Arthez-de-Béarn. Bien entendu, ces événements ont été au coeur des discussions, les responsables revenant sur les raisons qui ont motivé de telles décisions.

Le rapprochement de la Celpa avec le groupe Euralis est « une décision importante », selon le président de la coopérative d'élevage, Guy Estrade. Dans un contexte en pleine mutation, « il y a des virages qu'il faut savoir prendre », explique-t-i
Confrontée à  un contexte difficile, dans lequel se conjuguent la hausse de ses coûts de fonctionnement et le recul de son marché potentiel (lire ci-dessous), la Celpa était en quête de nouveaux relais de croissance. «Une des pistes de travail plausibles reste les gains de compétitivité C'est ce projet que nous voulons mettre en oeuvre avec le groupe Euralis», explique le président, Guy Estrade. Selon lui, ce rapprochement signifie «aussi plus de moyens, qu'ils soient financiers ou humains». En présence de Guy Hermouet, président de la commission gros bovins au sein de la Fédération nationale bovine, cette démarche a pu être replacée dans le contexte plus vaste d'un secteur de la viande bovine en pleine réorganisation. «Depuis quinze ans, on a vu la grande distribution se restructurer mais aussi les entreprises de notre secteur, avec la première d'entre elles qui pèse plus de 40% du marché Lorsqu'on pourra peser sur les entreprises d'aval, on aura gagné», explique le responsable national. Des débouchés historiques confirmés Membre de l'Union Bovinéo, Guy Hermouet a fait part de son expérience en matière de restructuration de coopératives d'éleveurs. En Vendée, l'union Bovinéo regroupe, depuis 2013, les activités des groupements Géo (Groupement des éleveurs de l'Ouest) et Cavac, deux structures emblématiques de la région. «Au bout d'un an, toutes les économies n'ont pas été faites, mais on voit déjà  des avancées extrêmement positives, avec une hausse sensible des volumes traités et un poids plus important dans les négociations avec nos clients, explique-t-il. On pèse beaucoup plus sur les entreprises, ce qui nous permet de développer la valorisation de nos produits». Au cours des derniers mois, les volumes commercialisés par Bovinéo ont augmenté de près de 10% par rapport à  ceux additionnés de Géo et Cavac (plus de 100.000 animaux l'an dernier). Et depuis le 1er juillet dernier, déjà  plus de sept cents places de jeunes bovins ont été créées. Un marché de niche Avec environ 20.000 bovins traités par an, la Celpa n'a pas l'ambition de jouer dans la même cour. En revanche, la structure est «capable de s'inscrire sur des marchés de niche, haut de gamme, indique le président d'Euralis, Christian Pées. Nos éleveurs disposent d'un savoir-faire bien réel et de marchés porteurs». À ce titre, les responsables de la Celpa évoquent le partenariat confirmé avec l'entreprise Renmans, au niveau de la production de jeunes bovins. Au mois de décembre, après une année mouvementée, les dirigeants de la chaîne de boucheries ont rassuré les éleveurs du Sud-Ouest sur leur engagement auprès de leur coopérative. Outre les débouchés historiques de la Celpa, de nouvelles perspectives de développement commercial voient également le jour au travers du rapprochement avec le groupe Euralis. «Par le biais de sa filiale Stalaven, Euralis visite chaque jour près de 4000 bouchers, charcutiers et traiteurs partout en France», note le président Pées. Au-delà  du levier commercial, les responsables des deux coopératives insistent aussi sur leur volonté d'accompagner les producteurs dans l'amélioration des performances de leurs élevages. En effet, le problème aujourd'hui semble moins dans la présence de débouchés que dans la mise en oeuvre de la production. C'est pourquoi le maintien des activités de naissage et le développement de l'engraissement constituent des enjeux essentiels. Synergies pour un meilleur revenu La mutualisation des compétences des deux structures doit notamment permettre le renforcement du suivi technico-économique des exploitations. «L'objectif est bien d'améliorer le revenu disponible de tous les éleveurs», affirme Cédric Poeydomenge, directeur technique et filières au sein du groupe Euralis. Chez les adhérents communs, une prise en compte de la globalité du système de l'exploitation sera désormais possible dans le cadre du conseil technique. Dans l'attente de la fusion finale d'ici quelques mois, les administrateurs des deux structures oeuvrent toujours de concert au sein de groupes de travail. Les derniers points de discussion portent notamment sur la place réservée à  la filiale Vignasse et Donney ou encore sur la stratégie au niveau du capital social. Fabien Brèthes

 Connexion à l'espace Abonné

Nom d'utilisateur: et mot de passe requis
Mot de passe oublié ? ×