Publié le 11/07/2014 à 12h52 /

Le désherbage alternatif du mais trouve sa voie

// Face à  la limitation des molécules d'herbicide disponibles et la nécessaire réduction des coûts de revient, de plus en plus d'agriculteurs s'intéressent au binage et aux outils de désherbage mécanique toujours plus rapides et précis.

La bineuse Steketee bine sur le rang gràce à  des doigts souples et en interrang avec des dents Lelievre et des socs dits en pattes d'oie qui scalpent les adventices, à  2 cm de la plantule de mais, gràce à  une caméra. Le tracteur est équipé de RTK.
Du matériel de dernière génération, outils à  la pointe de la technologie étaient à  l'oeuvre le 25 juin sur l'exploitation bio du lycée de Sabres (EPLEFPA des Landes) pour des démonstrations de désherbage alternatif sur une culture de mais. Cette demi-journée technique organisée par la chambre d'agriculture des Landes, le lycée agricole de Sabres et la fédération des CUMA des Landes et des Pyrénées-Atlantiques, a réuni une trentaine d'exploitants en agriculture biologique, mais aussi et surtout en agriculture conventionnelle. En effet, de plus en plus d'agriculteurs s'interrogent sur les moyens de s'affranchir des herbicides pour lutter contre l'enherbement du mais, alors que l'éventail des matières actives disponibles se réduit et que la maîtrise des coûts de production sonne comme un impératif. En outre, gràce aux nouvelles technologies, les nombreux passages dans le champ, imposés par le désherbage mécanique, ne sont plus aussi chronophages que par le passé. Efficacité et rapidité du désherbage mécanique «Faciles d'utilisation, ces nouvelles bineuses permettent d'avancer vite gràce à  la précision de travail, tout en désherbant au plus près du mais. Bientôt le tracteur et sa bineuse travailleront seuls, sans chauffeur, y compris la nuit, explique, enthousiaste, Pierre Jouglain, animateur de la commission bio à  la chambre d'agriculture des Landes. L'ordinateur enregistre le semis au centimètre près et transmet les données au système de guidage RTK pour que le tracteur se débrouille seul! La technologie évolue très vite!». Il estime que semis et moissons pourront être gérés de la même manière. Un semoir de très grande précision, favorisant la régularité d'implantation et le travail à  grande vitesse, a été présenté lors de cette journée de démonstration. Parmi les bineuses de dernière génération présentées, les démonstrations de modèles autoguidés par caméra et systèmes RTK ont été particulièrement éloquentes pour un binage mécanique à  la fois dans l'interrang et sur le rang. La caméra assure le guidage latéral de la bineuse pour un suivi constant du rang avec une précision d'environ 2,5cm, permettant de nettoyer au plus près. Précisions Toujours pour plus d'efficacité dans le travail, les constructeurs ont mis au point des systèmes innovants de contrôle avec un GPS de chaque élément de la bineuse. Chacun d'eux est muni de vérins hydrauliques qui, couplés au GPS, assurent le relevage dans les bordures de champ afin de biner un maximum de surface et sans perte de temps, surtout dans les parcellaires difficiles. La caméra garantit également la qualité du travail. L'après-midi au lycée de Sabres a par ailleurs été l'occasion de faire un rapide point sur la réglementation en agriculture biologique, notamment dans le secteur de l'élevage. Quelques fournisseurs de l'agriculture biologique étaient présents, dont un producteur de granulés de digestat de méthanisation (à  partir de lisiers de porcs d'élevage conventionnel). Cet engrais organique peut être utilisé en agriculture bio. En effet, l'utilisation d'effluents d'élevages conventionnels est possible, à  condition que les fumiers ne proviennent pas d'un élevage classé industriel et que les effluents liquides aient auparavant fermenté. Dominique Maurel

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