Publié le 04/08/2014 à 10h59 /

Mulching, nitrate : rencontre sous tension avec Stéphane Le Foll

// Profitant de la venue du ministre de l'Agriculture à  l'occasion des “Controverses de Marciac” en marge du célèbre festival de jazz de la cité gersoise, les présidents des FDSEA des Landes, des Pyrénées-Atlantiques, du Gers et des Hautes-Pyrénées ont sollicité un entretien avec Stéphane Le Foll afin de lui faire part de leurs vives inquiétudes vis-à -vis du projet d'extension de la zone vulnérable.

Vive tension ce jeudi 31 juillet dans le Gers entre les responsables agricoles du bassin de l'Adour (de face) et le ministre Le Foll (de dos) De dos au mur, a-t-on envie de rajouter !».
La ministre de l'Environnement, Ségolène Royal, a en effet annoncé le 23 juillet, lors du conseil des ministres, son intention de classer 3900 communes supplémentaires en zones vulnérables au regard de la qualité des eaux. Notre région — et tout particulièrement le bassin de l'Adour — n'échappe pas à  la règle. Même si la liste des communes n'est pas encore connue, les responsables agricoles régionaux ne cachent pas leur inquiétude et leur amertume. Ce jeudi 31 juillet, Bernard Layre (Pyrénées-Atlantiques), Christophe Barrailh (Landes), Bernard Malabirade (Gers) et Christian Fourcade (Hautes-Pyrénées), ainsi que les responsables des Jeunes Agriculteurs de ces départements, ont fait part au ministre de l'agriculture de leur vive opposition à  toute perspective d'extension de la zone vulnérable dans ces quatre départements déjà  très impactés par ce zonage, au cours d'une rencontre à  Flaran dans le Gers. Ce cinquième programme Nitrates est en effet synonyme des contraintes supplémentaires «alors que nombre d'éleveurs n'ont pas pu effectuer les mises aux normes sur le quatrième, faute de financements!», s'insurge Bernard Layre qui dénonce «le dogmatisme» d'un gouvernement qui «ne mesure pas les enjeux économiques et sociaux et les conséquences de telles mesures, désastreuses pour une multitude d'exploitations». Le ministre a loupé le tir! Cette annonce de Mme Royal est d'autant plus mal accueillie par les agriculteurs du Sud-Ouest qu'elle intervient au moment même où Bruxelles refuse le mulching dans le cadre du verdissement de la PAC. Sur le mulching «on a l'impression que le ministère de l'agriculture a présenté le dossier de telle sorte qu'il ne soit pas retenu à  Bruxelles!» affirme le président des Pyrénées-Atlantiques. Selon lui, les vives tensions actuelles entre les organisations agricoles et le ministère font ainsi craindre «une rupture du dialogue» et la multiplication d'actions syndicales dès la rentrée septembre Même sentiment à  la FDSEA des Landes qui estime que «le ministre qui visait le mais a loupé son tir!». Ce sont les éleveurs qui nourrissent leurs animaux (vaches, canards, volailles) avec de faibles surfaces cultivées en mais qui seront touchés, en priorité! Christophe Barrailh pointe lui aussi du doigt «les simulacres de concertation, les faux-semblants groupes de travail, qui n'ont aucun écho dans les prises de décisions qui interviennent très souvent sans aucune justification». Selon les responsables agricoles, les postures «dogmatiques» des services de l'État vont à  l'encontre même des directives du gouvernement qui prône le redressement productif! Faut que ça déménage! Outre l'entrevue avec Stéphane Le Foll, les FDSEA et JA des quatre départements constatent ironiquement, dans un communiqué, que les 20e Controverses européennes de Marciac auxquelles participait le ministre ont pour slogan «Pour des territoires vivants, faut que ça déménage!». «Cette expression tombe à  point nommé» estiment les responsables syndicaux qui s'inscrivent en totalité dans cet esprit. «Des territoires vivants: qui mieux que les agriculteurs, acteurs majeurs de leurs territoires pour travailler chaque jour à  rendre les campagnes vivantes?» interrogent les syndicats agricoles. «Et pourtant, il aura fallu à  peine un peu de moins d'un an au ministère de l'agriculture pour tenter d'éteindre l'agriculture de nos départements!» s'indigne Christophe Barrailh. Alors certes «faut que ça déménage! Reste à  savoir qui doit déménager: les agriculteurs ou leur ministre?».

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