Publié le 14/11/2014 à 14h52 /

«Un vrai succès » de la journée du 5 novembre

// À l'appel de la FNSEA et des Jeunes Agriculteurs, les agriculteurs ont manifesté dans toute la France le 5novembre dernier pour dénoncer la difficulté de continuer à  produire français. Une «mobilisation exceptionnelle et réussie», selon les deux syndicats qui comptabilisaient 36.500 manifestants sur les 92 départements en action.

La mobilisation lancée par la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs a été particulièrement forte dans certaines grandes villes : 1.000 à  Valence, plus de 1.500 à  Pau (notre photo), ou encore 5.000 à  Toulouse.
La mobilisation a été particulièrement forte dans certaines grandes villes: 1.000 à  Valence, plus de 1.500 à  Pau, ou encore 5.000 à  Toulouse où les tensions liées à  la polémique autour de Sivens pouvaient faire redouter des débordements. En dépit d'incidents isolés, la mobilisation nationale s'est déroulée dans le calme: «La violence n'est pas notre mode d'action», ont rappelé la FNSEA et les JA dans un communiqué publié à  la fin de la journée. Les agriculteurs tenaient à  sensibiliser les autorités et le grand public au mal-être croissant qui envahit la profession, résultat de difficultés économiques (embargo russe, distorsion de concurrence), d'un empilement de contraintes déconnectées des réalités du terrain comme la directive Nitrate, et qui rendent difficile la visibilité quant à  l'avenir de la profession. Une mobilisation «porteuse de résultats» Les actions menées sur le territoire étaient diverses, mais illustraient parfaitement la détermination des agriculteurs: défilés de tracteurs, tas de fumiers, barrages filtrants Un contrôle de l'origine des produits livrés aux cantines du ministère de l'économie a également été effectué par les Jeunes Agriculteurs, mettant en évidence un nombre conséquent de produits importés. Des dons de produits alimentaires ont également eu lieu, comme à  Paris par exemple, où les agriculteurs d'Ile-de-France distribuaient oignons et pommes de terre en dénonçant le prix payé aux producteurs: pour un kilo de pommes de terre, 4 centimes d'euros, mis en parallèle avec celui affiché dans la grande distribution (80 centimes). Valls reconnait les difficultés La mobilisation des agriculteurs s'inscrivait dans une revendication, initiée il y a plusieurs mois, et demandant au gouvernement des solutions à  huit points indispensables pour redonner de l'air à  la profession. Le Premier Ministre Manuel Valls s'est exprimé l'après-midi: «Les agriculteurs traversent des difficultés, nous en avons tous pleinement conscience», a-t-il reconnu, évoquant la crise «économique, sociale mais aussi morale» que traverse la profession. Le Premier Ministre a par ailleurs annoncé la mise en place d'une mission pour simplifier les contrôles souvent mal vécus par les agriculteurs. Sur les autres revendications portées par les présidents de la FNSEA et de JA auprès de Manuel Valls début octobre, deux ont d'ores et déjà  été satisfaites: le péage de transit n'est plus d'actualité et le versement anticipé des aides PAC a été effectif au 16 octobre. Premières modifications Concernant les contraintes liées à  l'application du compte pénibilité, un travail a été lancé le 14 octobre. En matière d'apprentissage, «une modification réglementaire est prévue afin de déroger à  l'interdiction d'affecter des jeunes à  des travaux temporaires en hauteur», a rappelé dans la journée un communiqué du ministère de l'agriculture. Au sujet du nouveau zonage de la directive Nitrate, l'un des principaux sujets de mécontentement des agriculteurs, notamment dans le Sud-Ouest, une réunion s'est tenue entre les coordonnateurs de bassin, les agences de l'eau et la ministre de l'écologie le 3novembre, aboutissant à  une proposition d'adaptation à  la réalité du terrain, qui sera soumise à  la Commission européenne. La prise en compte des limites des bassins versants alimentant les masses d'eau superficielle éviterait notamment de classer tout le territoire communal en zone vulnérable. Des réponses concrètes Enfin, sur la promotion des plats d'origine française dans la restauration hors domicile, le ministère poursuit la rédaction d'un guide de bonnes pratiques pour favoriser la prise en compte de l'origine dans les marchés publics. La FNSEA et JA se félicitent donc de cette mobilisation «porteuse de résultats» qui a «conduit le gouvernement à  apporter des réponses concrètes à  cinq de nos revendications». Les deux syndicats restent néanmoins vigilants pour la suite: «Nous ne faiblirons pas car attaqués, contrôlés et scrutés, nous voulons juste produire, produire pour les consommateurs, produire pour la France», rappelle leur communiqué.

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