Publié le 07/01/2015 à 16h07 /

Après les quotas laitiers, le marché dictera la loi

// À l'occasion du Conseil des ministres de l'agriculture du 15 décembre, Stéphane Le Foll a cherché à  ouvrir le débat sur l'avenir du secteur laitier dans la perspective de l'après quota. Dans un document de travail transmis à  la présidence italienne ainsi qu'à  l'Allemagne, la Pologne et l'Espagne, le ministre de l'Agriculture ne cache pas ses inquiétudes sur les perspectives du marché du lait dans les mois qui viennent faute de dispositif de régulation adapté.

La France aimerait relancer des discussions sur l'avenir du secteur laitier une fois les quotas de production abandonnés, en particulier pour protéger la production dans les zones défavorisées en temps de crise. © Réussir
Comme la crise de 2009 l'a montré, la libéralisation des marchés et la dépendance aux marchés internationaux se sont accompagnées, au cours de la période récente, d'un accroissement de l'instabilité des marchés et d'une plus grande volatilité des prix. Cet accroissement de la volatilité peut déboucher sur des crises conjoncturelles sévères, pouvant mettre en péril la production dans les zones les plus fragiles et le développement pérenne des entreprises. Le contexte actuel de l'embargo russe augmente les incertitudes à  court terme sur les marchés. Les prix européens des produits laitiers ont déjà  connu une baisse significative depuis l'annonce de cet embargo et les perspectives pour le début de l'année 2015 méritent une plus grande vigilance», diagnostique le ministre. Ainsi, Stéphane Le Foll propose d'améliorer la connaissance des marchés laitiers via l'observatoire européen pour «mieux anticiper les fluctuations» gràce à  une harmonisation des données collectées sur le prix payé aux producteurs, la publication de données prospectives sur la production, la consommation, l'état des stocks, les échanges au niveau européen ainsi que le suivi des coûts de production. Il préconise également de développer l'observation des marchés mondiaux, «pour mieux appréhender les tendances économiques et pour saisir les opportunités à  l'export». Et suggère aussi un suivi conjoint des marchés de la viande bovine aujourd'hui impactés par la décapitalisation du troupeau laitier. Nouveaux outils Une fois la connaissance du marché améliorée, le ministre propose à  la Commission européenne et aux États membres la création d'outils pour prévenir des crises qui ne manqueront pas de survenir. Ainsi évoque-t-il la mise en place de mécanisme d'alerte précoce «de manière à  responsabiliser les opérateurs», l'élaboration d'indicateurs de crise, ainsi que des dispositifs susceptibles de soutenir les exploitations «menacées par un fort déséquilibre de marché». Stéphane Le Foll pense notamment aux zones défavorisées et de montagne. En effet, «la production laitière est une activité économique importante pour la structuration économique de certains territoires et la délocalisation de la production pourrait conduire à  leur désertification», indique-t-il. Et d'inviter Bruxelles à  présenter des propositions pour modifier et enrichir les outils déjà  en place, en tout cas «mieux adaptés au contexte de fin des quotas, notamment pour le maintien d'une activité économique sur l'ensemble des territoires». Aide-toi La discussion engagée par la France n'est pas allée très loin. «Pas de conclusion aujourd'hui, c'est le moins qu'on puisse dire» a d'ailleurs reconnu Stéphane Le Foll. Le commissaire européen à  l'agriculture, Phil Hogan, ne s'est pas montré très sensible à  l'argumentation de la France, jugeant que le secteur laitier n'était pas en crise, qu'il ne fallait pas envoyer un mauvais message en ce sens et qu'il appartenait d'abord aux agriculteurs d'apporter une réponse en réduisant leur production. Plutôt que de solliciter les autorités publiques dont le rôle doit se borner à  agir en cas de crise profonde uniquement.

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