Publié le 28/01/2015 à 17h06 /

Produits phytosanitaires, la division par Ecophyto 2

// Les actes publics pour réduire l'utilisation des produits phytos se multiplient. Le 7 décembre, le député Dominique Potier a présenté le rapport parlementaire Ecophyto 2 qui vise à  réduire de 50% leur usage à  l'horizon 2025. Un rapport qui suit des décisions parfois radicales.

Ecophyto, interdiction de l'épandage aérien, moratoire sur trois néonicotinoides La diminution de l'utilisation des pesticides à  grande échelle est déjà  en marche.
L'objectif de - 50% d'utilisation de pesticides à  horizon 2025 vaut plus que jamais car il y a des quasi-certitudes établies1 en matière de santé publique», a affirmé Dominique Potier, député de Meurthe-et-Moselle, qui présentait la proposition de plan Ecophyto 2 à  Paris, le 7 janvier. Le ministre de l'agriculture devrait donner son avis sur cette proposition fin janvier lors du Comité national d'orientation et de suivi (CNOS) qui se tiendra à  Paris. «Connaissant le ministre, l'architecture finale de la version 2 sera prête dans le premier trimestre 2015», confie le député. Par ailleurs, les parties prenantes se réuniront la semaine du 14janvier pour discuter du rapport avant le CNOS. Face à  l'échec du plan Ecophyto 1, «il s'agit du plan de la deuxième chance, la dernière avant des stratégies plus dures», soutient le député également agriculteur en Meurthe-et-Moselle. 68 recommandations ont été retenues par les parlementaires (lire ci-dessous). Parmi elles, le déploiement massif du réseau Dephy de fermes qui expérimentent dans les champs la baisse de l'utilisation des pesticides. «Nous visons les 3000 fermes (N.D.L.R.: contre 1900 actuellement)», rappelle le député. Dépasser le stade des pionniers Mais l'objectif est aussi de dépasser le stade des fermes pilotes. D'où la proposition d'engager 30.000 fermes dans la démarche agroécologique. L'ambition est bien de gagner en échelle: les pionniers n'assureront pas seuls la diminution globale de l'utilisation des pesticides en agriculture. Pour accompagner ce déploiement, les parlementaires tablent sur une augmentation des financements du plan. Ils proposent d'élargir la contribution de la Redevance pollution diffuse «au minimum à  100 millions d'euros» contre 41 millions d'euros jusque-là . Il n'y a pas que le rapport Potier et Ecophyto 2. La diminution de l'utilisation des pesticides à  grande échelle est déjà  en marche. Avec des décisions à  la clé. Ségolène Royal, ministre de l'écologie, a ouvert le bal et le revendique: «Depuis mon arrivée, j'ai pris la décision d'interdire l'épandage aérien de pesticides et amendements dans la loi de transition énergétique qui interdit tout retour en arrière». Le 23décembre, elle rappelait aussi l'avancement de la mise en application de la loi Labbé. Elle prévoit l'interdiction totale des pesticides avancée à  2016 pour les collectivités et à  2020 pour les particuliers. Des interdictions décomplexées Cette stratégie ne concerne pas que la France. Le moratoire qui interdit l'utilisation de trois néonicotinoides en Europe prend fin à  la mi-2015. «Un moratoire européen concernant trois néonicotinoides a été décidé à  notre initiative. Nous irons plus loin et la France portera elle-même ce dossier au plan communautaire», annonçait le Président de la République lors de la Conférence environnementale en novembre dernier. Ces propos ne sont pas encore suivis d'actes. Néanmoins, Joël Labbé, député EELV à  l'origine de la loi du même nom, confie: «Nous allons nous réunir avant fin janvier avec les conseillers agricoles du Président de la République, du ministre de l'agriculture et de la ministre de l'écologie». Un hasard? Le 4 février, les sénateurs se prononceront sur une proposition de résolution déposée par Joël Labbé et par le député PS Germinal Peiro pour interpeller le gouvernement. Il s'agit de le pousser à  proposer à  Bruxelles d'interdire tous les néonicotinoides en Europe. En cas d'avis favorable du Sénat, le gouvernement français n'aura d'autres choix que de porter la résolution à  la Commission européenne. Parallèlement, Joël Labbé entend mobiliser et sensibiliser les autres pays européens. «Aux Pays-Bas, le Parlement a adopté une résolution similaire. Pour les autres États membres, nous devrons nous appuyer sur la mobilisation des citoyens», rappelle-t-il.

1. Un rapport de l'Inserm montre la nécessité de mieux évaluer l'exposition des opérateurs aux pesticides. Il a été publié en juin 2013.

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