Publié le 06/02/2015 à 15h05 /

Aquibev veut plus de boeuf local à  la cantine

// Afin de favoriser l'approvisionnement local, l'interprofession régionale Aquibev se mobilise aux côtés des acteurs de la filière, syndicats et chambres d'agriculture pour sensibiliser les opérateurs et les acheteurs de la restaurations collective.

Le constat est consternant: 80% des 350.000 tonnes de viande bovine consommée dans les établissements de restauration hors domicile (RHD) sont issus de l'importation. Pourtant, la France dispose de la réglementation la plus stricte au monde sur le plan sanitaire, de la traçabilité, du bien-être animal et environnemental et la qualité de ses viandes est largement reconnue. L'enjeu de la reconquête du marché de la RHD est donc énorme pour la filière viande bovine française. D'où la multiplication des initiatives de l'interprofession Interbev pour faciliter les mises en relation entre les acteurs de la restauration collective et les opérateurs de la filière viande. C'est dans ce cadre qu'une réunion de travail, à  l'initiative d'Interbev Aquitaine (Aquibev) a été organisé dernièrement à  Bordeaux, afin d'établir un bilan des actions de ces dix dernières années et de programmer la stratégie interprofessionnelle 2015. Étaient invités autour de la table les acteurs de la filière, mais aussi le réseau syndical et les chambres d'agriculture de la région. «Cette problématique nous concerne tous. L'idée est que l'on puisse se mettre en marche ensemble, travailler en réseau pour proposer de la viande française aux cantines» indique Myriam Eymard, déléguée régionale Aquibev. Travailler en réseau Pour 2015, l'interprofession cible en priorité la restauration scolaire (écoles primaires). Ainsi, un état des lieux sur les approvisionnements des villes de plus de 15.000 habitants a été dressé et partagé afin d'organiser un plan d'actions auprès des maires et des acheteurs de ces villes. «Les administrateurs de l'interprofession iront à  leur rencontre afin d'échanger sur les possibilités d'un approvisionnement national en viande bovine. Nous devons leur proposer du concret, en mentionnant les entreprises régionales en mesure de leur fournir les produits. L'interprofession doit être un facilitateur entre acheteurs et vendeurs». Pour accompagner ces rencontres, outre un travail sur la manière d'approcher ces villes en s'appuyant sur les contacts déjà  existants, Interbev met à  disposition des outils divers. «Ce sont des aides très pédagogiques et pointues que nous devons faire connaître. Par exemple, des fiches techniques listent les morceaux utilisables en fonction des recettes, avec un équilibre matière et prix. Les acheteurs, par méconnaissance, ont souvent des idées préconçues. Il faut les informer». Un module de formation est également disponible pour les équipes de service dans les cantines, afin qu'elles sachent éveiller les jeunes consommateurs au goût et à  la connaissance du contenu de leur assiette. Enfin, dans les communes de moins de 15.000 habitants, les professionnels de la filière bétail et viande, ainsi que le réseau syndical sont appelés à  rencontrer les maires, toujours avec le soutien des outils mis à  disposition par Interbev. Pas plus cher et moins de gaspillage L'après midi, la réunion était ouverte aux fournisseurs pour revenir sur les expérimentations menées en matière d'achat, d'utilisation et de consommation des viandes dans plusieurs restaurants scolaires en Aquitaine. Elles montrent qu'avec une viande issue d'une race locale, bien préparée (bon travail de la viande en amont, commande bien passée), le gaspillage est fortement réduit, tout en maintenant l'équilibre financier quant au coût du repas. L'ensemble des participants s'est dit intéressé par cette démarche et motivé pour travailler en étroite relation avec Interbev. Une condition indispensable à  la reconquête d'un marché au gros potentiel, comme s'en réjouit Myriam Eymard: «En mettant ainsi tous les acteurs en réseau, l'Interprofession permet d'encourager la RHD à  s'approvisionner plus facilement en produits locaux et de qualité». Dominique Maurel

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