Publié le 10/02/2015 à 10h30 /

Grandes cultures : l'enjeu et les moyens de la compétitivité

// À la veille du Sommet du végétal 2015 qui s'ouvre ce mercredi 11 février à  Mont-de-Marsan sur le thème «Libres d'entreprendre», le président, Philippe Pinta, précise le sens de cette formule et les raisons de ce choix, dans une interview exclusive pour le Sillon.

Le Sillon - Le Sommet du végétal se déroule cette année dans un territoire emblématique de la production de mais. Faut-il y voir un signe pour cette filière? Philippe Pinta »  Le Sommet du végétal se déroule traditionnellement dans les régions de grandes cultures et il est donc légitime que nous soyons présents dans le Sud-Ouest et le département des Landes dont, qui plus est, la FDSEA et son président, Christophe Barrailh, avaient souhaité nous accueillir. Ensuite, le Sud-Ouest est une région importante de grandes cultures, notamment en mais: par ses performances, sa valorisation dans les filières animales, sa diversité (je pense notamment aux filières mais semence et mais doux), celui-ci favorise l'équilibre économique des exploitations familiales de cette région et contribue parallèlement à  sa vitalité territoriale et sociale gràce aux emplois créés dans ses filières et ses outils économiques, coopératives et négoces. Enfin, comme vous le savez, Orama est l'union de trois associations spécialisées: l'AGPB que je préside, la FOP présidée par Gérard Tubery et l'AGPM présidée par Christophe Terrain. Et Christophe, c'est non seulement un grand responsable professionnel syndical et économique de cette région ainsi qu'au niveau national, mais aussi un partenaire et allié professionnel loyal et surtout un ami que j'apprécie beaucoup. Vous comprendrez qu'Orama se devait de tenir une édition du Sommet du végétal ici en Aquitaine. Le Sillon - Les producteurs de mais du Sud-Ouest traversent une période difficile. Quels messages souhaitez-vous leur faire passer? Philippe Pinta » Tous les producteurs de grains sont aujourd'hui confrontés à  des difficultés sous l'effet conjugué, d'une part d'une réduction injustifiée des soutiens lors de la dernière réforme de la PAC, d'autre part d'une chute des prix des céréales et oléoprotéagineux. Et ce ne sont pas les rendements satisfaisants en 2014 qui sont de nature à  compenser ces pertes, beaucoup s'en faut. Cette réalité affecte particulièrement les producteurs de mais, en raison du niveau historique de leurs soutiens, des mesures de verdissement et de la concurrence très vive que leur fait le mais de la Mer noire sur leurs marchés traditionnels. Enfin, la réalité des structures d'exploitation impose d'optimiser les rendements et les marges à  l'hectare. Comment? D'abord par une application intelligente du verdissement et une reconnaissance de la monoculture et du couvert hivernal qui, agronomiquement, a du sens. Ensuite, en levant les contraintes sur les moyens de production afin de pouvoir exprimer tout le potentiel de productivité de ce grand Sud-Ouest. Le Sillon - Dans un contexte de pression très forte sur le monde céréalier, en quoi consistent les actions d'Orama? Philippe Pinta » Je résumerai ma réponse en indiquant qu'Orama défend un «plan de compétitivité grandes cultures» qui reprend l'essentiel de nos priorités. Il s'agit, au risque de me répéter mais c'est déterminant, de faciliter l'accès aux moyens de production indispensables, dont ceux qui sont issus des biotechnologies et, naturellement, l'irrigation, surtout dans des régions comme celle-ci. Il s'agit aussi de simplifier la prise en compte des enjeux environnementaux en recourant à  une approche contractuelle responsabilisante plutôt qu'à  des contraintes administratives. Il importe également d'aborder dès maintenant les enjeux de la PAC suivante, celle de l'après 2019, en s'interrogeant sur l'évolution du binôme paiements directs-outils de gestion des risques. Il faut mettre en place des dispositifs pour les exploitations des zones intermédiaires affectées par la PAC actuelle et favoriser la complémentarité entre nos filières végétales et les filières animales qui sont nos premières clientes. Enfin, il importe d'être très entreprenants sur nos marchés traditionnels, qui, comme je l'indiquais précédemment, subissent la pression «Mer Noire», et sur de nouveaux marchés potentiels tels que les pays d'Afrique du Nord pour le mais. Le Sillon - Quels vont être les lignes directrices de ce Sommet du végétal 2015 et quels thèmes seront débattus? Philippe Pinta » L'intitulé donné à  ce rendez-vous annuel des grandes cultures, «Libres d'entreprendre», n'est pas qu'une formule. C'est un appel profond à  un changement d'attitude de nos décideurs publics. Les exploitations françaises de grandes cultures sont des entreprises à  part entière qui produisent, exportent, recrutent, sont source de valeur ajoutée et d'excédents commerciaux. Sur tous ces plans, elles peuvent faire encore plus, car elles disposent d'importantes réserves de productivité et de compétitivité. Mais ce potentiel supplémentaire ne pourra s'exprimer que si les pouvoirs publics font confiance aux agriculteurs et lèvent les multiples obstacles d'ordre réglementaire, fiscal, social, environnemental etc. qui entravent la marche en avant de nos entreprises, voire remettent en cause leur pérennité. C'est d'autant plus essentiel qu'elles évoluent sur un marché mondialisé sur lequel il est impossible de «baisser la garde». Tels sont les grands messages que nous entendons faire passer lors de ce neuvième Sommet du végétal à  Saint-Pierre-du-Mont.

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