Publié le 09/09/2015 à 10h00 /

Les aberrations cartographiques du classement des cours d’eau

// Lors de sa rentrée syndicale, la FDSEA des Pyrénées-Atlantiques a évoqué le sujet de l’eau, et notamment de la carte départementale. «La base cartographique du classement des cours d’eau est d’une qualité très approximative», note le président Bernard Layre.

Vu le nombre de dossiers apporté à la DDTM, les services administratifs auront du pain sur la planche pour corriger leurs anomalies.

Un vaste travail de recensement des anomalies a donc été conduit par le syndicat, en collaboration étroite avec l’Association départementale des maires. «Il serait inconcevable pour nous que l’administration ne prenne pas en compte les modifications que nous avons apporté».

Christian Vallet, responsable du pôle productions et économie agricoles à la DDTM, a tenu à rassurer la profession: «Les éléments qui seront portés à notre connaissance seront pris en compte. On expertisera les différentes demandes». Et vu le nombre de dossiers apporté cette semaine à la DDTM, il n’est pas à douter que les services administratifs auront du pain sur la planche…

«Le cours d’eau passe dans ma villa»

Car des aberrations, la FDSEA en a relevé des centaines. Comme par exemple chez David Porte-Laborde, agriculteur à Monein. «Si j’en crois la carte, un cours d’eau passe par mon corps de ferme et ma villa, souffle-t-il. On en retrouve aussi dans nos parcelles de maïs alors qu’il n’y en a pas. Si ces cours d’eau sont maintenus sur la carte, cela ne vaudra plus le coup d’exploiter certaines parcelles». Car le danger est réel pour les exploitants. En effet, la réglementation autour des cours d’eau est aujourd’hui drastique, et encore plus en zone vulnérable.

Patrick Langle, exploitant à Lucq-de-Béarn, a lui aussi pris ce problème à bras-le-corps dans son canton. «On a fait un travail de fourmis. Cette carte fait ressortir des anciens canaux qui sont bouchés la plupart depuis 50 ans». Et de soulever une autre inquiétude: «On les entretient et dans certains on y fait boire nos vaches. Comment ferons-nous demain si on nous l’interdit? On ne pourra pas clôturer tous les cours d’eau. Et le gibier, porteur de maladie, lui par contre pourra aller y patauger…».

«Il faut que l’administration respecte la logique du terrain, conclut David Porte-Laborde. Elle doit tenir compte des cours d’eau qui coulent toute l’année en permanence et pas des fossés qui évacuent les trop pleins». Juste une question de bon sens.

Y. Allongue

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